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2277 m Sarre Aute, Versant Nord

Données techniques

Massif : Mont-Perdu - Gavarnie - Bigorre
Orientation : N
Dénivelé : 1100 m.

Difficulté de montée [?] : R
Difficulté ski [?] : 2.2 E1
Pente : < 30°, assez homogène

Nb de jours : 1
Type : Aller/Retour

Cartes : 1748OT

Matériel

Pas de matériel particulier

Départ/Accès

Départ : Ayrues (route de Bué) (1194 m) - Lourdes > Luz St Sauveur > Gèdres. A la sortie du village, prendre à droite pour traverser un pont, direction Ayrues, Saussa. Continuer tout droit jusqu'à Ayrues, puis en direction des Granges de Bué tant que la route est déneigée.

Itinéraire

Depuis Ayrues, poursuivre la route de Bué relativement plate jusqu'aux Granges.
Suivre le sentier d'été vers l'Ouest qui contourne les Granges par le Sud. On arrive alors dans la forêt, pour longer le ruisseau de l'Oule en rive droite. Dès la lisière de la forêt, prendre la croupe en direction du Nord, en vue de la Hourquette d'Arrouyes. On passera au Nord de la cabane de l'Oule. Continuer le vallon tirant plein Nord vers Sarre Haute, à l'aplomb de la Hourquette.
On atteint alors facilement un collu au point 2212. Terminer l'ascension au Sarre Haute, en le contournant par les pentes Sud.

Remarques/Variantes

On pourra ajouter un peu de "rab" en descendant versant Sud, en direction du vallon du gave d'Aspé.

Conditions récentes

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Sarre Aute, Versant Nord [»] : Sortie du lundi 29 décembre 2008 par marika

Participants : Jip, Pedro

Météo

Froid, tempête de vent et fin grésil

Conditions d'accès

Etat de la route : enneigée 100m après Ayrues. Certains 4X4 s'y sont embourbés...

Altitude du parking : 1250

Conditions de neige

Neige encore poudreuse, en cours de densification par le vent.
Il faut viser les portions de "frisée" encore poudreuse, entre des bandes durcies ou croutées par le vent.
La neige est humidifiée et lourde sous 1400m.

Altitude de chaussage (montée) : 1250
Altitude de déchaussage (descente) :1250

Activité avalancheuse observée : Grosses reptations, mouvements et fissures sous la Hourquette d'Arrouyes. Très impressionnant, on croirait voir des Séracs.

Skiabilité [?] : ●●●●○


Récit de la sortie/Remarques diverses

Itinéraire suivi : Topo - Dénivelé réel effectué : 850m

Nous avions repéré ce petit Collu au col du Pourteillou la veille.
La neige en Nord étant restée bonne et froide, on se décide pour y retourner.
Seulement le mauvais temps est prévu, donc on se décide pour une rando courte, avec aprem en station à Gavarnie.

Récit romanesque
Nous sommes ce matin exceptionnellement dans un timing parfait au départ.
Prudents et raisonnables tels les Grenoblois futés sachant s'arrêter avant la barrière de Prabert pour ne pas s'embourber dans les ornières, nous ne forcerons pas la montée sur la piste enneigée.
Bien nous en a pris, mais ce ne fût pas le cas de tout le monde.
Après un petit 1/4 d'heure d'échauffement ski de fond (que nous apprécions décidément de plus en plus), nous entendons un bruit de moteur. On s'écarte, presque respectueux, s'attendant à voir débouler une sorte de Local Hero, bravant les ornières comme un surfeur landais les Baïnes.
Que nenni. Un Break 4x4 flambant neuf nous double poussivement, immatriculé 33.
Il faut savoir que dans les Pyrénées, le 33, dit aussi "le bordelais", est un peu le Parisien local. Une sorte de gros beauf quoi (je ne fais que répéter les sages paroles d'un presque natif du coin, évidemment!).
Ce qui devait arriver arriva: Le Bordelais s'embourba, que dis-je, s'échoua, se planta lamentablement, 20m plus loin. Mais bien, hein! Du genre les essieux enfoncés dans la neige bien lourdasse jusqu'à la garde. Une fois qu'il a eu fini de faire patiner jusqu'à la mort ses 4 belles roues motrices afin de finir de planter irrémédiablement son véhicule, il coupe son moteur.
On voit une porte s'ouvrir, et le conducteur descendre. Faire le tour de la voiture à petits pas, se penchant pour noter des points de détail. Genre, j'observe l'étendue des dégât quoi.
Et j'observe aussi du coin de l'œil ces providentiels sportifs, l'air fringuant, énergique, plein de tonus...l'air de bon pigeons pousseurs de 4X4 quoi. :-)
Le monsieur était tout seul. Évidemment.
Il nous demande du bout des lèvres: vous pourriez me donner un coup de main? Nous nous regardons.
C'est pas vraiment comme si on avait eu le choix, comme si on avait pu contourner l'obstacle comme si de rien n'était. On se remémore des situations où nous même avons été dans la position du blaireau-looser ayant voulu faire le malin sur la neige et ayant fini planté (là, je parle pour mes 2 coéquipiers, je ne me sentais pas vraiment concernée). Donc ok, bien sûr, on va vous pousser!
D'autant plus que le monsieur est en souliers vernis. Si si, des sortes d'escarpins des villes, du genre sans adhérence aucune en cas de poussage, quoi.
Le monsieur remonte dans sa voiture. Il patine, patine, et nous poussons, poussons...Et ça patine, patine...rien de bouge. Yeah.
Allez c'est parti, chacun sort sa pelle de son sac (encore mieux qu'un exercice Arva pour vérifier le fonctionnement du matos "in situ".
On dégage autant que possible les roues du monsieur. Le monsieur a perdu ses 2 chaussettes avant, il les remet dans son coffre. petite apparté: les chaussettes, c'est trop "in", ça doit être un truc vendu avec les 4X4 des Bordelais. ça marche du Tonnerre sur la neige tassée, ou les ornières bien propres. Mais évidemment, dans 20cm de fraîche, ben ça sert plus à rien. D'ailleurs, ça s'enlève tout seul. M'enfin, les "vraies" chaines d'antan, ça doit surement faire un peu trop beauf.
Donc on se réembourbe, on explique au monsieur la technique de base de désembourbage au volant: en avant, en arrière, on fait la bascule pour prendre de l'élan. ça marche un peu. On re-creuse. Il descend de voiture, inspecte l'état des travaux. le monsieur n'a pas de pelle, il ne peut pas trop nous aider à creuser. En plus je ne crois pas qu'il aie des gants.
Il m'emprunte ma pelle, à un moment, histoire de participer. On voit bien que cet engin ne lui est pas très familier, il retourne vite fait à l'intérieur de l'habitacle.
Après une stratégie bien étudiée, on lui explique comment diriger ses roues, et enfin on se remet un peu droit sur le chemin.
Ensuite, il faut qu'il se remette droit dans les ornières en marche arrière, pour refaire tout le chemin inverse.
On finit par y arriver, quand Jip arrive à lui faire percuter le principe directionnel des roues. Et on pousse, on pousse.
Quand enfin il est remis dans le droit chemin...Et bien il met un bon coup de soulier Vernis sur l'accélérateur, et...il se barre. Il ne dit pas merci, non. Il a quand même été bien sympa de nous faire participer, déja. Il est tellement terrorisé, qu'il se dépêche de faire marche arrière, quoi.
Merci monsieur aux souliers vernis, cet intermède nous aura laissés, en prime de suer à grosses gouttes, l'agréable sensation du devoir accompli. c'est un peu de la solidarité montagnarde qui s'est exprimée dans cette aventure, on ne se connait pas, mais tout de suite, on se comprend. En montagne, on est tous des compagnons de cordée, n'est-ce pas? ;-)
fin du Récit romanesque

Bon, on vient de perdre 45mn, c'est dramatique. Pedro nous avait imposé un Timing draconien pour rentabiliser au max le forfait demi journée: au sommet et début de la descente au plus tard à 11h.
A 11h15, nous sommes 100 ou 200m sous le col. 1 heure qu'on se prend des rafales de evnt en pleine tronche. Je décide que le collu, sous le vent, sera chargé donc craignos. Je signe le demi-tour. pedro m'attendait de toutes façons avec la montre à la main, signifiant le dépassement horaire maximal. Jip, dépité devant autant de mauvaise foi dans l'acte de débinage (tout ça pour aller skier en station...!!), nous suit, résigné à buter même dans la plus insignifiante bousette. il en verra d'autres.

Nous skierons finalement 3h en station avec pedro (pfff...c'est long 3h de télésiège avec le vent dans la tronche et le jour blanc)!
Pendant que jip se remonte les pistes en peau. On saura plus tard que c'était un répérage pour notre ultime bousette du séjour...

Pas de photos, cela va de soi.



Commentaires

» Par Maud, le dimanche 04 janvier 2009 à 22:37

:lol: :D
Au début j'ai cru que c'était les chaussettes abritées par les souliers vernis qui avaient rendu l'âme... :roll:
Bravo pour la BA en tout cas!

» Par olivier viret, le dimanche 04 janvier 2009 à 23:24

Hé Hé, j'adore... :roll:

» Par yoyo, le lundi 05 janvier 2009 à 07:50

:lol: :lol: :lol:
Tu devrais peut être poster sur les forums de 4x4 "cherche bordelais en soulier vernis", nan :roll:

» Par Laurène, le lundi 05 janvier 2009 à 10:27

:lol:

» Par Toz, le lundi 05 janvier 2009 à 23:58

:lol:
Le Bordelais est egalement appelé le doriphore dans Les Pyrénées, va savoir pourquoi :roll: :wink:
Marika a dit : "...des situations où nous même avons été dans la position du blaireau-looser ayant voulu faire le malin sur la neige..." tu veux parler de ça :P :D

» Par PatdeGap, le mardi 06 janvier 2009 à 12:56

Bein vous êtes vraiment des gens sympas!!
Avec moi, le mec il était bon pour venir rechercher sa bagnole à la fonte des neiges... et je lui aurais même peut être crevé les pneus au passage... :evil:
4x4 de beauf: tolérance zéro :P
Non, non, ch'uis pas extrémiste :roll:

» Par Hywelbane, le mardi 06 janvier 2009 à 13:32

Trop bon trop con :evil:
T'en a tiré quelque chose de cette expérience?
J'crois que vous avez prouvé à ce mec qu'il peut recommencer et compter sur les autres pour se sortir de la merde...c'est pas très formateur pour lui finalement! :wink:

» Par manu38, le mardi 06 janvier 2009 à 17:16

CHAPEAU ! Quelle gentillesse... 45 mn de votre temps précieux à vous trois. Vous méritez la médaille de l'entraide sur Skitour, hélas pour un gars qui ne vous dira jamais merci. Ah là là, quel drôle de monde parallèle que celui de la montagne où les gens se disent "bonjour" et "merci" :P :wink: Je crois que nous sommes des chanceux ! :oops:

» Par manu de chambé, le mardi 06 janvier 2009 à 17:29

marrant ! et il venait faire quoi dans le coin le type en mocassin: il suivait les indications de son GPS?
:D :D

» Par pep, le mardi 06 janvier 2009 à 20:30

Dans la vie, y'a 2 catégories :
Ceux qui aident quand ils voient quelqu'un dans la mouise, ou qui remercient quand quelqu'un leur donne un coup de main (les gens normaux, ou les bons, ou les "chanceux"...) :roll:
Ceux qui crèvent les pneus d'un mec embourbé, surtout s'il est mocassin-4x4 et pas collant-pipette, ou qui se barrent comme des sales pour éviter d'avoir à dire merci (les sectaires, ou les enfoirés, ou les doriphores...) :ill:
Chacun choisit son camp ! :D
PS : désolé PatdeGap si ton post était du second degré, sinon toutes mes condoléances !

» Par damichou, le mardi 06 janvier 2009 à 21:09

Il me rappelle les bordelais de mon enfance :roll:

» Par Amanda, le mercredi 07 janvier 2009 à 16:36

:lol: :lol: :lol: Merci pour cette bonne tranche de rigolade Mawika, c'est vrai que vous êtes trop bons avec les montagnards à souliers vernis !!!

» Par marco, le dimanche 08 fevrier 2009 à 10:40

En même temps, quand on s'appelle Jeep, c'est un peu gonflé de se plaindre, non ?... :P

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