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2926 m Traversée de Belledonne, Intégrale depuis Chamrousse

Données techniques

Massif : Belledonne
Secteur : Grésivaudan
Orientation : T
Dénivelé : 5600 m.

Difficulté de montée [?] : F
Difficulté ski [?] : 3.3 E2
Pente : 40° max

Nb de jours : 1, 2
Type : Traversée

Cartes : 3335OT

Matériel

Des jambes, un gros moral et la pleine lune


Départ/Accès

Départ : Chamrousse (Le Recoin) (1650 m) - Grenoble > Uriage > Chamrousse (Le Recoin)

NB: Ce départ est accessible en TC

Itinéraire

Col de Freydane (2645 m) D+ : 1200 m ; D- : 550 m
Du Recoin, suivre le GR jusqu’à la brèche Robert Sud. Redescendre aux lacs Robert et traverser vers le lac Léama et le Lac Longet puis le refuge de la Pra. Poursuivre en remontant aux lacs du Doménon puis gagner le col de Freydane.
Du col descendre le glacier de Freydane et rester en rive droite vers 2500 m pour franchir le bas du glacier. Poursuivre jusqu’au replat coté 2309 m.

Epaule ouest du Rocher de l’Homme (2600 m) D+ : 350 m ; D- : 250 m
Remonter vers le lac coté 2373 m puis remonter des vallonnements en direction du col de Roche Noire. Vers 2450 m, traverser le ravin de la Lauzière de Roche Noire (légère descente) puis remonter un goulet raide direction N et enfin la dernière pente pour atteindre l’Epaule O du Rocher de l’Homme.
Descendre en versant N (200 m à 40°) jusqu’à 2350 m environ en tirant en traversée à droite jusque sous le col de la mine de Fer.

Brèche de Roche Fendue (2480 m) D+ : 200 m ; D- : 950 m
Remonter au col de la Mine de Fer. Garder les peaux pour la descente au pied du sommet Colomb et remonter à la brèche de Roche Fendue.
Descendre versant Rivier d’Allemont jusqu’aux Trois Laux. Passer au pied du point 2338 m au dessus d’une petite barre rocheuse vers l’altitude 2150 m (légère remontée possible). Traverser les ruisseaux de la Grande Montagne et du Village en perdant un minimum d’altitude puis la Suif, la Berche pour atteindre le ruisseau des Combes vers 1650 m.

Col de la Vache (2556 m) D+ : 900 m ; D- : 400 m
Remonter en rive droite du ruisseau jusqu’au replat à 2084 m. Obliquer vers le NE pour remonter des vallonnements en direction du Grand Clôt. Vers 2300 m, obliquer à l’E pour rejoindre un petit lac et remonter la combe ouest du col de la Vache.
Descendre le versant est jusqu’au lac du Cos.

Col du Mouchillon (2480 m) D+ : 300 m ; D- : 750 m
Contourner le lac du Cos par la rive gauche (ou le traverser) puis remonter au lac Blanc puis au col du Mouchillon par son versant SO.
Descendre en versant N jusqu’au vallon de la Combe Madame et le refuge.

Col du Tépey (2716 m) D+ : 970 m ; D- : 590 m
Du refuge partir plein N puis remonter intégralement le vallon de la Plagne Vaumard jusqu’au col du Tépey.
Descendre en versant E jusque vers 2450. Continuer vers l’E par le vallon au N de Roche Boucherin puis rejoindre le torrent du Grand Pesson vers 2150 m juste au pied du point coté 2304 m.

Selle du Puy Gris (2758 m) D+ : 630 m ; D- : 800 m
Remonter en rive gauche du torrent, puis vers 2500 m obliquer plein N jusqu’à la Selle du Puy Gris.
Descendre coté glacier du Puy Gris jusque 1950 en traversant le plus possible à gauche jusqu'à buter sous le point 2023.

Col du Villonet (2457 m) D+ : 510 m ; D- : 400 m
Remonter les quelques mètres jusqu'au plat 2023 puis rejoindre Combe Rousse en traversée légèrement descendante. Remonter Entièrement Combe Rousse, laisser à droite le col des Balmettes et poursuivre jusqu'au col du Villonet.
Descendre dans la combe N et vers 2150 tirer progressivement à gauche pour atteindre la cote 2050 à l'W de vieille Route.

Col de la Lavoire (2382 m) D+ : 330 m ; D- : 330 m
Traverser le torrent du Merlet et remonter N puis NE jusqu'au col de la Lavoire. Descendre N puis tirer sur la gauche pour atteindre le lac du Bacheux puis sur la droite en traversée pour atteindre le pied du col du Golachon vers la cote 2050.

Col du Golachon (2167 m) D+ : 120 m ; D- : 1170 m
Monter au col et descendre le court couloir qui se présente pour rejoindre le combe de la valette jusqu'à la route de Servion où l'on aura prévu un moyen de transport pour le retour.

TOTAL : D+: 5500 m ; D- : 6250 m et environ 50km

Trace GPS


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Remarques/Variantes

Le refuge de la combe Madame, à peu près à mi parcours peut être appréciable pour faire une pause confortable.
Course à réaliser un jour de pleine lune, de préférence sans vent et avec des conditions de neige de printemps en versant E et poudreuse en versant N. Février mars semblent être les mois idéaux.

Variantes (entre-autres) :
- Petite traversée : Idem jusqu'à la selle du Puy Gris puis en traversant sur le col de Comberousse et en descendant sur Gleysin (-950m)
- Par le Rocher Blanc : Des 7 laux remonter au col de l'Amiante puis au rocher Blanc, descendre la combe madame jusqu'à 2128 puis remonter la combe de la Marmottane, laiser le passage Brabant main gauche et rejoindre le Col du Tepey en traversée. Avantage : On foule le plus haut sommet skiable de Belledonne. Inconveniant : on ne passe plus par le refuge de la Combe Madame (+120m)
- La même en 2 jours en dormant à la Combe Madame

Sommet(s) associé(s) : Col de la Lavoire Col du Tépey Col de la Mine de Fer Selle du Puy Gris Col du Villonet Pas de la Coche Col du Golachon Col de la Vache Col de Freydanne

Refuge(s) associé(s) : Refuge de la combe Madame

Sortie(s) GPS associée(s) : 16.03.07

Photos

Sous le Grand Pic, point culminant du Massif.
Sous le Grand Pic, point culminant du Massif. [par sebelene]

Conditions récentes

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Traversée de Belledonne, Intégrale depuis Chamrousse [»] : Sortie du lundi 13 fevrier 2006 par Jeroen

Participants : Al., Etienne -H-, marco, Nicolas Büsch, romu, TiBougnat, Tranquillo

Météo

Dimanche : Beau puis couvert dès 15h00
Nuit : Couvert, puis beau puis recouvert, puis rebeau
Lundi : Beau

Températures trés fraiches sous un vent de Nord plus que sensible.

Conditions d'accès

Etat de la route : Sèche

Altitude du parking : 2250

Conditions de neige

Conditions de neige : Globalement bonnes conditions pour la traversée.
Belledonne sud : peu de neige, ce qu'il y a est soufflé, cartonné, ou transfo regelé (bon grip)
Belledonne Nord : 20cm de poudre sur fond dur.


Skiabilité [?] : ●●●●○


Récit de la sortie/Remarques diverses

Itinéraire suivi : Topo - Dénivelé réel effectué : 5200m

Je rentre rapidement la sortie, et je file me coucher...

Départ dimanche 13h00 de le croix de chamrousse (on a pris la benne). Une heure de retard sur le timing, normal on est 9...
Col de Freydane 15h30, 2h30 on a pas chômé.... Marco nous quitte cause le mauvais temps prévu est bien là : il ne le sent pas (et nous non plus d'ailleurs à ce moment là, le vent et le froid n'arrangeant rien)
Epaule du rocher de l'homme 16h45
Brèche de roche fendue 18h00, on traverse en descente (en masteurisant l'itinéraire) sous le pas de la coche 19h00. La nuit tombe et la visibilité reste trés correcte, malgré la lune voilée.
Col de la Vache 21h00, le ciel se dégage et on profite d'une belle descente
Col du mouchillon 22h30, aprés une superbe traversée des lacs
Refuge de la combe madame 23h00 (On avait initialement prévu Amiante > Rocher blanc mais les conditions de vent et de températures trés fraiches nous on fait renoncer). 10 heures qu'on est partis, il est temps de manger autre chose que des barres et de se reposer un peu. Petite pause de...
...3 heures, on repart à 2h00
Col du Tepey 4h30, froid.
Selle du puy gris 7h00 Aube, grosse montée assez raide, fallait pas zipper (casscroot au radar sur cette montée préfère descendre sur l'Oule pour se reposer un peu, B1)
Col du Villonet 8h50, le soleil nous a rattrapé.
Col de la lavoire 10h20 que du bonheur
Col du Golachon 11h30 ou l'on retrouve LE Frizz et LA Marinette.

Une bien belle aventure que ce voyage au bout de la nuit. Un groupe homogène nous a permis de terminer la traversée à 7. Physiquement, les derniers cols tirent sur les jambes mais le mental prend le dessus.

Quelques moments forts :
- la panne d'essence de Romu en venant au rendez-vous (B4v évité de peu!)
- Le skirandonneur dans la queue à chamrousse qui nous demande si on part faire les vans ou plutôt le Sorbier ;o)
- Romu toujours, qui manque d'arracher une carre dans la descente des Lacs Robert !
- le soleil de Casscroot oubliant qu'il n'avait pas ses fats
- Casscroot qui fait dodo sur la trace de montée
- le doute sous la Pas de la Coche quant à la couverture nuageuse
- Ti'bougnat marchant sur des Oeufs aux 7 laux. Vous croyez que ça va tenir ?!?
- la forme incroyable d'Etienne
- Le coup de déprime de Marco
- la glissade de Tranquillo sous la vache
- le vent glacial aux cols
- la poudre de belledonne nord
- L'optimisation de l'itinéraire
- les traversées de 5 km en neige béton
- le lever de lune sur les 7laux
- la descente en poudre du Mouchillon
- le balet des frontales à la descente du tepey et au mouchillon
- Jeroen, qui chippe des pâtes dans toutes les gamelles
- la sieste sur les tables du refuge de la Combe Madame
- Jeroen, qui chippe la couverture de survie de Nico au moment du dodo
- le lever du jour à la Selle du Puy Gris
- Frizz et Marinette au Golachon


[Edit] après une bonne nuit :wink:
L'histoire de ma traversée a commencée il y a déjà bien longtemps... La course de ces dernières heures n'est que la partie emmergée de l'iceberg.

Février 2004, une équipe de copains part pour la petite traversée. Je rate le coche, boulot oblige. Presqu'en même temps JDV fait sa traversée intégrale en solo. Chapeau le gars. Dès que les conditions sont réunies je me lance.

Hiver 2005, les conditions ne sont jamais là : le mauvais temps est de rigueur les jours de pleine lune.

Janvier 2006, J'enrage :x . Jip et sa bande de routards tentent leur traversée. Trop tôt je me dis. Trop froid en janvier. Le même soir on se fait avec Marinette et Frizz le grand colon en boucle et surprise : les conditions sont optimales (au moins au niveau des températures) si bien que la Jip's team réussi son pari. :lol:
C'est décidé, ce sera pour février, on poussera la chance :lost: .

Février 2006 : La pleine lune est prévue le 13 au soir. J'ai un créneau la nuit du 12. Les conditions annoncées sont presque parfaites (les températures risquent d'être un peu froides mais on gèrera ça au fur et à mesure). J'envoie donc l'invitation à mon carnet d'adresse et la sauce prend rapidement. On sera 9. Malgré l'équipe de tueurs, il me semble à ce moment là que 9 c'est beaucoup trop, on multiplie les risques d'échec. On en parle avec Etienne, deux groupes pourrait être une solution. Ti'Bougnat nous fait bien comprendre qu'il ne le souhaite pas. On reverra bien en fonction de la forme de chacun. ça se fera naturellement ou non.

12 Février 2006 : Rendez vous est pris à 11h15 à Routens. Le matin, coup de téléphone de Marco : La météo prévue n'est plus aussi bonne : il est annoncé couvert dès la fin de l'aprés midi. Je telephone à Ti'Bougnat pour prendre une décision. "On verra bien" me dit il. Soit, on verra bien. Qui ne tente rien n'a rien.

Romu gère comme un pro :cool: sa panne d'essence sur l'autoroute et ce n'est finalement pas lui qui est en retard au rendez-vous, mais bien nous. A 12h15 on est tous sur le parking du Recoin. L'excitation est palpable, les 24 dernières heures ont visiblement étés difficiles pour tout le monde. La tête a déjà commencé à travailler depuis longtemps. Quoi qu'on en dise, elle sera le nerf de la guerre qui s'annonce.
A 12h30 dans la queue des forfaits : "Vous aller faire les Vans ou le Sorbier ?" 8O . On aura du mal à lui faire avaler notre projet. Dans la benne on est surexcités. Les pistards ont du nous prendre pour des fous...
13h00 à la Croix, brrrr, il fait froid sous ce petit vent de Nord. La descente vers les Roberts commence et déjà les cuisses font mal. Mais ils vont comme des balles ?? La descente c'est pas mon fort (pour ça il faut des jambons comme dirait l'autre), mais c'est pas là que se jouera la réussite de la traversée...

Trés vite on colle les peaux et je prend le groupe de tête. Psychologiquement j'ai besoin de savoir que j'ai de la marge. Etre devant ça m'empêchera de trop penser. On suit une belle trace assez technique (surtout les descentes à peau) jusqu'à la Pra. La suite jusqu'au col de Freydane va nous apporter beaucoup de réponses sur la forme de chacun. Sous le col, la neige est dure et sans grip. J'espère que les conditions de montée seront meilleures sur la suite du parcours : en couteau on risque de perdre beaucoup d'energie.
On arrive au col et les derniers ne sont que 5 minutes derrière. C'est de bonne augure pour la suite. Je me dis que le challenge du groupe peut le faire. Au niveau du temps c'est pas le même optimisme : les prévisions de MF se confirment et le plafond nuageux cache entièrement le soleil. Dans ces conditions on ne verra rien cette nuit. Marco, qui ne le sentait pas dès le départ (et qui n'avait d'ailleurs pas pris le matériel nécessaire) décide de rentrer à Freydières :( . Cette affaire s'engage assez mal. Pour ne pas se laisser envahir par le doute, on décide de foncer. La descente sur le lac Blanc n'est pas trés bonne mais ce n'est pas la préocupation du moment. Est on en train de vivre les dernières heures de cette aventure ? on avance mais jusqu'où ? Personne à cette heure n'est capable de donner une réponse. Le groupe est soudé, c'est tout ce qui compte.
Courte remontée à l'épaule du rocher de l'Homme, toujours 2 groupes : Etienne, Nico et moi devant qui gérons l'avance, Casscroot, et Romu en chasse, Al, ti'Bougnat et Tranquillo forment le gruppetto, mais trés loin devant la voiture balais : on est en train d'exploser les horaires donc tout baigne.

La descente vers le col de la mine de fer n'est pas si mauvaise. La pente est assez raide, l'erreur technique de nuit n'est pas permise et risquerait de compromettre la suite des opérations.
Petit repeautage vers le col de la mine de fer puis vers la brêche de roche Fendue. On est en avance de 1h45 sur le timing. Le soleil est déjà trés bas et la nuit noire va bientôt nous rattrapper. Le doute s'installe. On est sur le point de non-retour : C'est maintenant qu'il faut décider : Soit on continue, soit on rentre sur Prabert. S'en suit une monstrueuse traversée descendante vers le pas de la Coche qui se termine à la nuit tombante. Les conditions de neige étaient parfaites et on a trés bien joué.

L'heure n'est plus à la discussion : Vu le froid qu'il fait on ne peut s'arrêter sans être frigorifié. L'objectif rocher Blanc ça sera pour la prochaine fois. Aujourd'hui on visera le col du Mouchillon puis le refuge de la combe Madame où l'on fera le prochain état des lieux.

La montée vers le col de la Vache est lonnngue. Le ciel est bien voilé mais la lune passe : la visibilité reste trés correcte. Il nous semble que le gruppetto nous suit de trés près lorsqu'on quitte l'itinéraire de la belle étoile. Finalement il n'était pas si près que ça et on attendra près de 15 minutes au col (et pas question de partir seuls devant : tout le monde a les ressources pour terminer donc on terminera en groupe). Le thé chaud fait un bien fou.

Le ciel est clair maintenant : On profite d'une super descente en poudre vers les sept laux. Sur les lacs l'euphorie est revenue : il fait beau, on est tous là. C'est sûr maintenant, le refuge est à notre portée. La remontée au col du Mouchillon est dure physiquement (pour moi en tous cas). On boucle déjà 2700m de montée, je commence à avoir vraiment faim. Les quelques substances energétiques que j'ai pu manger jusque là ne suffissent plus, l'eau dans la pipette (tuyau et poche) est gélée depuis longtemps : je n'ai bu qu'un litre d'eau depuis le début (et 0,5 litres de thé). Les jambes sont lourdes, il a fallu lutter.
La descente du Mouchillon est un festival : poudre à tous les étages. Casscroot tente même un jump sur le premier rocher (est-ce bien sérieux tout ça ?) et la chute est magistrale !
On passe au pied de tours dolomitiques mi ombre/mi clair de lune, c'est magnifique.
Enfin le refuge. On négocie 2h30 de pause (finalement ce sera 3 heures). Les pâtes font du bien, j'en chippe à toutes les tables :P . Le temps de refaire un peu d'eau et on se met en position horizontale une petite heure. Brrr qu'il fait froid. Nico se pointe avec sa couverture de survie (la mienne est restée dans mon sac) et je crois que je finis par m'endormir.

Le froid me réveille peu de temps aprés. 1h40 : Je n'ai pas du bien dormir longtemps. Il est temps de réveiller tout le monde. A ma plus grande surprise je ne me fais pas trop jeter, et à 2heures on est tous dehors pour la deuxième partie de notre folle aventure. Un voile d'altitude s'est de nouveau levé mais sans grandes conséquences.
Les jambes vont bien, même trés bien : la pause a été profitable. Comme le dit JVD cette montée est le crux de la traversée : 1000m faut pas flancher. On mettra 2h30, avec une fin assez pénible cause froid et vent + neige assez dure qui a rendue l'ascension technique. Glissade interdite.
Au sommet il ne nous reste que 630+510+330+120m : une broutille.

La descente vers roche Boucherin est fantastique : le ciel est à nouveau dégagé. La lune étant plus basse, l'ombre des sommets alentours est assez présente et les frontales sont de rigueur : c'est un ballet de petites loupiotes dans un cadre de rêve. Moments rares.

La montée vers la selle du Puy Gris est assez technique. La pente est toujours là et comme depuis le début de la nuit, il est défendu de s'en mettre une. Je sors donc les couteaux (seule fois de la traversée d'ailleurs) pour les 100 derniers mètres.

Cette montée sera fatale à Cassecroot : Déjà au radar sur la fin de la montée au Tepey, il s'endort maintenant sur la trace de montée et laisse finalement ses dernières ressources dans la fin de l'ascension. On a beau avoir essayé de le raisonner, il ne le sentait plus. Dommage :( car le plus dur était derrière lui.

On arrive donc à la selle à l'aube, la descente qui suit se fait sans les frontales, la neige est bien souflée : c'est pas du grand ski et de toutes façon l'heure est à l'économie : la descente c'est fait pour récupérer. Surtout ne pas se fatiguer.
La remontée vers le col du Villonet se fait en partie au soleil. Le groupe de tête a pris un peu plus d'avance que d'habitude : on sait que l'attente au sommet se fera au soleil et qu'on ne risque plus la pneumonie...
La montée vers le col de la Lavoire n'est qu'une formalité, on est presque au bout de la route. C'est encore un festival de poudre dans la combe des Reisses. Les 100 mètres pour le Golachon se feront ski sur le dos : il est encore tôt et la neige porte bien. Etienne a du faire ces 100m en 5 minutes, je vous laisse mesurer la pêche qu'il avait. On retrouve Frizz et Marinette au Col, venus spécialement pour nous encourager. Un grand merci, et aussi à Severine et Greg.

Le pari est réussi : 5200m en moins de 24heures (on en aura mis 22). Le tout avec une équipe de choc dans une ambience de folie. Merci de m'avoir supporté, mais vous saviez à quoi vous attendre :P


Je rejoins Etienne sur le notion de "hors du temps". La traversée n'est plus rythmée par les heures, mais par les cols qu'il faut franchir. Le cerveau (en tous cas le mien) ne se projetait jamais trés loin mais se fixait juste un objectif à courte échéance : le prochain col.
Globalement, ça a été moins dur physiquement que je ne l'avais imaginé. En se "calant" entre 8 et 10 m/min on ne fatigue presque pas, si on prend bien soin de s'hydrater (pas facile avec les températures qu'on a eu) et de se nourrir régulièrement.

J'ai du boire 2,5 ou 3 litres au total (je ne bois jamais trop). Par contre j'avais mis un peu de jus de raisin et de sucre dans ma pipette et j'ai l'impression que ça file bien la pêche. 10 barres, 2 bananes, pate d'amande. Quelques pates à la combe madame, plus un peu de pain et un morceau de fromage.

Inoubliable :happy:




Commentaires

» Par JB de Miscault, le lundi 13 fevrier 2006 à 20:32

Alors là chapeau messieurs!!! :)
Ca fait rêver tout ça :roll:

» Par David SAVOYE, le lundi 13 fevrier 2006 à 20:41

Bravo !
Quel plaisir de lire ces lignes.

» Par jya, le lundi 13 fevrier 2006 à 20:46

Bravo à tous pour la performance et votre ténacité :wink:

» Par Tchouf, le lundi 13 fevrier 2006 à 21:11

Un grand bravo :cool: .
Bonne nuit les petits :roll:

» Par moms, le lundi 13 fevrier 2006 à 21:19

Un grand bravo à toute l'équipe, il a du en falloir de la volonté :wink:
Un bon gros dodo bien mérité :happy:

» Par squal, le lundi 13 fevrier 2006 à 21:22

Ouaip ! Un grand bravo à tous.
Je n'y croyais pas hier au soir en voyant le temps 8O . Mais avec le moral...
Reposez vous bien :oops:

» Par François Gouy, le lundi 13 fevrier 2006 à 21:24

Disons, bien franchement, vers 18h, à la brèche de roche fendue avec un gros plafond nuageux, nous non plus! :wink:

» Par Jérôme BISSON, le lundi 13 fevrier 2006 à 21:33

Félicitations ! Il faut un sacré moral pour enquiller cela d'un coup et de nuit ! Bravo les gars ! :P

» Par MBO, le lundi 13 fevrier 2006 à 21:36

Comme dirait le L: mes fellllllllllations!

» Par Benoit Duverlie, le lundi 13 fevrier 2006 à 21:51

Un grand bravo pour cette superbe performance collective.
Fred, Francois, ca vous donne pas des fourmis dans les jambes et des idées plein la tete? :wink:

» Par Mickaël SOUVETON, le lundi 13 fevrier 2006 à 22:05

Rien à dire, la classe ! J'avoue que je n'y croyais pas en voyant le voile épais hier soir et puis non quelle motivation !!
Un grand bravo à tous et maintenant bon repos :)

» Par laloz, le lundi 13 fevrier 2006 à 22:10

Respect !

» Par François BORGHESE, le lundi 13 fevrier 2006 à 22:13

Belle bombée: ça donne effectivement quelques idées. Mais je ne sais pas si Fred serait prêt à s'enquiller 5200m en portant le vin blanc.

Félicitations à tous.

» Par luc, le lundi 13 fevrier 2006 à 22:16

Class!
Alalaa... ;-)

» Par gondal, le lundi 13 fevrier 2006 à 22:31

Y'en a qui ont la caisse, chapeau bas messieurs !

» Par Jean-Christophe Marini, le lundi 13 fevrier 2006 à 22:39

Quel exploit et quelle course!!!

» Par Michaël Tréhoust, le lundi 13 fevrier 2006 à 22:47

Bravo à tous. Y'a pas à dire, vous avez la caisse ! Et bon repos bien mérité.

» Par henyan, le lundi 13 fevrier 2006 à 22:48

Bon challenge !
Bravo pour la performance collective :)

Au fait demain je sort: qui vient ! :D

» Par Yannus, le lundi 13 fevrier 2006 à 23:07

Bravo les gros 8O
Impressionant

» Par Stef, le lundi 13 fevrier 2006 à 23:20

On en rêve tous 8O
Et vous ! Vous l'avez fait !!!! :)

Bravo ! vous pouvez être fier, et vous avez dût passer des supers moments inoubliables !
On a bien pensé à vous hier soir, cette nuit et aujourd'hui :wink:
Bonne récup !

Stef

» Par JLouis, le mardi 14 fevrier 2006 à 00:29

Bravo!!! :)

» Par Mattiou, le mardi 14 fevrier 2006 à 08:41

22h, 5200m 8O Oulala, ENORME!!!

» Par le L, le mardi 14 fevrier 2006 à 08:50

Comme dirait le B, mes félicitations !

» Par Jip, le mardi 14 fevrier 2006 à 08:55

Belle performance d'équipe :) . Chapeau !

» Par Timothée Lagabrielle, le mardi 14 fevrier 2006 à 09:09

Super !

» Par Docteur Bruno, le mardi 14 fevrier 2006 à 09:17

Belle performance sportive :cool: et en collective Skitour :roll: s'il vous plaît :wink: j' attends avec impatience tous vos témoignages pour savoir comment vous avez négocier (chacun à votre façon j'imagine votre hydratation , votre alimentation et vos coups de "bambou" :lost: si vous en avez eu :wink:

» Par marco, le mardi 14 fevrier 2006 à 09:29

Ben, chapeau les gars !
En regardant les horaires, j'ai l'impression que vous avez jamais vraiment molli...
comme quoi, les collectives, hein... :lol:

» Par clemmeche, le mardi 14 fevrier 2006 à 09:29

waouhhhhhh
ca defrise des idees comme ca et ca donne surtout super envie
Bravo et les gars :D

» Par jean, le mardi 14 fevrier 2006 à 10:00

Une belle bambée, qui a un peu plus de gueule que "Chamechaude par la face Ouest" 8O
Chapeau à tous (même ceux qui ont abandonné, il fallait oser se lancer ) :wink:

» Par nat, le mardi 14 fevrier 2006 à 10:58

Bravo à tous !
Casscroot, tu as terminé la traversée ? Comment tu as fait pour les rejoindre apres ta pose à l'Oule ?
Bon, sinon, je vous trouve un peu lent : JeDi l'avait fait en solitaire en 20h http://www.skirando.ch/sortie12247.html !!! 8O

» Par romu, le mardi 14 fevrier 2006 à 11:43

Je suis réveillé ( boulot oblige :( ) morceaux choisis:

"On se dépêche les gars il faut que j'aille chercher le petit à 16 H à l'école " :D

" Bon on dort 1 h 17 et on repart " 8O

" Allez les gars il reste plus que 3000 M " :P

Et tout ça dit part qui ? Je vous laisse deviner .

Mention spéciale à notre Etienne 1OO HALLER qui je pense aurait pu enchaîner le 6000 D :D .
On a trouvé notre lièvre .....ou chamois n'est ce pas nico :ill:
Heureusement le chef avait mangé ( volé ) des pâtes pour suivre :lol:
Ah j'oubliais mes boulets du Groupetto :
Al on ouvre les yeux dans la trace et faut arrêter les Twix au bout de 20 c'est pas bon pour la santé :lol:
Tibougnat tu reposeras plus tard avance, Marinette t'attend :wink:
Janet on arrive il reste plus que 3 montées à 500 8O

Et dire qu' à cause d'une vilaine panne d'essence j'ai failli manqué ce moment grandiose :cool:( C'est les lunettes de lune )

» Par Al, le mardi 14 fevrier 2006 à 12:20

:happy: merci les gars pour ce grand moment !
ça compte des nuits comme celle là ... :wink:
quand le réveil a sonné à 6h00, j'ai cru que Jeroen venait de nous accorder une sieste parce qu'on était en avance sur le timing ! :P
j'oublie plein de choses, mais merci à Marinette et Friz pour le comité d'accueil et le taxi, à Romu de m'avoir remis en route quand j'en ai eu besoin, et mention spéciale à Tibougnat qui s'est mis un Al dans la montée du Tepey (3 décollages de peaux et une fin avec du strap), qui a fait son métronome tout le long ("moi, les gars je me cale à 8m/s" !!!!) tout en me laissant profiter tranquillement de la montée au Mouchillon !
pour finir, j'ai enfin trouvé (j'ai beaucoup cherché) ce que je pouvais apprendre à étienne en rando : faire cuire des pâtes !

c'était la grande classe.

» Par P Z, le mardi 14 fevrier 2006 à 12:41

Chapeau


bas

à tous :lost:

» Par Nico, le mardi 14 fevrier 2006 à 13:17

P...! Qd je pense que je suis fier comme un pape après 800m sans trop râler!
Chapeau bas!

» Par denis, le mardi 14 fevrier 2006 à 14:11

En fait le seul intérêt que je vois pour la communauté de cette traversée c'est justement de nous compter votre traversée dans le groupe de 7/8. Les relations entre les personnes, les moments de blouses comment ont-ils ete gérés, .... :)

Car c'est vraiment une premiere pour un groupe aussi grand du debut à la fin :lol:

» Par tophe74, le mardi 14 fevrier 2006 à 15:20

Chapeau! et encore bravo! :cool:

» Par Philippe mahieu, le mardi 14 fevrier 2006 à 15:49

Bravo à tous
j'aimerais aussi savoir comment vous vous êtes alimentés et hydratés!
Si vraiment Tibougnat monte à 8m/s je lui tire mon chapeau :P

» Par TiBougnat, le mardi 14 fevrier 2006 à 15:57

non, c'est Etienne qui monte à 8m/s ; moi je me contente de 8m/min :wink:
"moi, les gars je me cale à 8m/s", je l'ai dit, mais je ne l'ai pas fait :P

» Par Isabelle, le mardi 14 fevrier 2006 à 16:46

Bravo à toute l'équipe, c'est formidable!Voilà de quoi alimenter les longues soirées d'hiver; çà va devenir légendaire à skitour, je le sens :wink: .Et la récup, cela donne quoi? A-t-on envie de vite resortir après une telle bambée? :lost:

» Par Nico, le mardi 14 fevrier 2006 à 16:57

L'emmerdant c'est qu'à un rythme d'un massif par jour vous aurez bientôt plus rien à faire dans les Alpes!

» Par TiBougnat, le mardi 14 fevrier 2006 à 18:02

Inoubliable !
Inoubliable,
la préparation : 24H avant le départ, il n'y pas un instant où je n'y pense pas. Je passe et repasse en revue tous les cols à franchir. L'itinéraire défile dans ma tête. Les jambes en tremblent d'avance. La pression monte. Le doute s'installe. Serais-je à la hauteur ? Jusqu'où irais-je ? Le groupe va-t-il tenir ? Y aura-t-il des sous-groupes ? Les bons devant et les mauvais derrière. Les premiers attendront-ils les derniers ? Est-ce j’ai pris assez à manger ? Mon sac n’est-il pas trop lourd ? Avec le groupe, je communique par messagerie pour affiner le programme et définir la liste du matos à prendre. Et je demande déjà à Al de faire équipe avec moi en cas de coup dur.
Inoubliable,
les encouragements de Marinette depuis Paris.
Inoubliable,
le départ des Lacs Roberts à fond les ballons pour le groupe de tête. Mais pas d'affolement. Je me câle à 8m/min, ils finiront bien par ce calmer d'ici demain.
Inoubliable,
mon arrivée en bon dernier au premier col, celui de Freydane. Ouf, ils m'attendent ! Le groupe est solidaire. Je leur explique que je me suis calé entre 8 et 10m/min (et non 8m/s !) pour être sûr d'aller au bout. "Nous aussi, me dit Jeroen". J'en conclue qu'on n'a pas la même montre.
Inoubliable,
la traversée sous le Pas de la Coche et le ciel qui se charge. Le doute s'installe. La lune sera-t-elle assez costaud pour percer la couche de nuages et nous éclairer notre itinéraire ? La motivation du groupe l'emporte. On enquille jusqu'à Combe Madame et après on avise.
Inoubliable,
ma montée en solitaire (et avec mes deux spatules) sous le col de la Vache et mon coup de gueule qui s'en suit au point 2399.
Inoubliable,
l'arrivée justement au col de la Vache. Le trio de tête est là, blotti à l'abri du vent entre la corniche et le rocher. Malgré le froid de canard, ils nous attendent. Je ne doute plus de la cohésion du groupe. Et puis notre volonté et nos efforts sont récompensés : le ciel commence à se dégager, on voit les premières étoiles. Le paysage sous la lumière de la lune est grandiose : Rocher Blanc, Pyramide, le Toit…
Inoubliable,
La montée au Col du Mouchillon et le soutien sans faille de Al. Merci Monsieur Al, de m’avoir attendu et soutenu au cours de ce passage à vide.
Inoubliable,
La descente au flambeau sur le refuge de la Combe Madame : une neige poudreuse, un clair de lune parfait, un décor féerique. Qui plus est, cette descente sonne comme une sorte de délivrance. Après 2800m de dénivelé c’est l’arrêt au stand pour ravitailler et se refaire la cerise. D’après le boss, on a 1h45 d’avance sur le programme ! Ce n’est qu’après de longues tractations, que le boss nous autorise finalement trois heures de pause. Pendant ce temps là, il ne se prive pas de picorer des pâtes dans toutes les gamelles qui traînent et de chipper la couverture de survie de Nico.
Inoubliable,
le redépart pour le col du Tépey. Les 3 heures de pause m’ont été profitables. Je me suis refait la cerise. Mes jambes sont là. Je retrouve de bonnes sensations dans cette montée interminable du Tépey (1000m). C’est comme si j’avais remis les pendules à zéro ! Et c’est seulement à ce moment là que j’ai eu l’intime conviction que cette traversée était à ma portée. Car une fois le Tépey sorti, il ne reste plus que 1500 m à faire. C’est aussi au cours de cette montée que j’ai eu mes problèmes de peaux. Merci Al pour ton assistance technique. C’est également dans la montée du Tépey que Casscroot a commencé à décrocher. On l’a raccroché à notre wagon Al-Ti’Bougnat.
Inoubliable,
l’arrivée au col du Tépey et le trio de tête blottis les uns contre les autres dans un froid glacial. Merci messieurs de nous avoir attendu. Vous ne pouvez pas imaginer comme ça peut faire du bien à ceux qui arrivent en dernier de vous voir là à nous attendre. Bel esprit d’équipe !
Inoubliable,
la descente du Tépey : neige poudreuse, guirlande de skieurs, paysage féerique !
Inoubliable,
la montée à la Selle du Puy Gris, derrière le métronome Romu. Aller les gars ! On s’arrête pas ! Oui chef ! Al et Ti’Bougnat obéissent et enquillent ainsi la montée sans broncher. Et cette paire de skis, plantée là à côté d’un bloc, au pied de la dernière difficulté de la Selle. Une personne sort du trou à neige ! C’est notre Casscroot national qui a piqué un petit som en nous attendant. Il est au bout du rouleau ! Il nous annonce sa décision d’abandonner et de redescendre sur le refuge de l’Oule. Tranquillo, en pleine forme, le tirera jusqu’à la sortie de la Selle.
Inoubliable,
le lever du jour à la Selle du Puy Gris. C’est l’espoir de revoir les rayons du soleil nous réchauffer nos mimimes et nos corps meurtris de fatigue. Il reste seulement 1000m et trois cols à franchir. Une broutille ! Une formalité ! On réalise tous, qu’on est en train de gagner notre pari. On va aller au bout de notre aventure humaine et de notre défi physique.
Inoubliable,
mon coup de gueule au col du Villonet pour avoir le droit de se poser 15 minutes et se restaurer et profiter du soleil. Le trio de tête et Romu enquillent. Rendez-vous est pris avec eux dans la combe du Bâcheux, au pied du dernier col. Non mais ! C’est quoi un quart d’heure sur 24 H ?
Inoubliable
le torchage en règle du col de la Lavoire avec Al et Tranquillo. Le quart d’heure perdu au Villonet a vite été récupéré. On craignait la réprimande du boss ! On a donc fait cette magnifique descente de la Lavoire tous ensemble dans une poudreuse de rêve. Quel cadeau d’arrivée en Maurienne !
Inoubliable,
l’arrivée au col du Gollachon sous les encouragements de Marinette et Friz. Merci à eux, qui nous ont aidé dans la réussite de notre projet.
Inoubliable,
le rythme donné par Jeroen au cours de toute la traversée, tout en conservant un indéniable esprit d'équipe. Bravo boss !
Inoubliable,
la caisse du trio de tête. Bravo à Etienne, Nico et Jeroen. Vous auriez du enquiller sur les Grands Moulins :wink: .
Inoubliable,
tous vos messages de félicitations. Quelle communauté ! Bravo à vous tous !
Inoubliable,
cette haute-route de Belledonne restera gravée dans ma mémoire. Des paysages féeriques, des efforts intenses et des compagnons de cordée solidaires et symphatiques.
Merci les gars ! Et demain je sors ! :P

» Par Tranquillo, le mardi 14 fevrier 2006 à 18:11

Voilà un bon moment que je pensais faire la traversée de Belledonne sur qqs jours mais je n’avais pas le temps. Avec ce bus de maboul, c’est bouclé en 22h… Pas plus !!!
Merci au stakanoviste de service pour avoir su motiver les troupes.
Merci aux costaux du costa-Rica pour cette jolie histoire.
Merci à Casse croote pour en être.
Merci à Marinette pour son réconfortant pulco sanguine chaud au miel à l’arrivée, hum !
Merci à ma petite Marie pour le bon repas qui sauve son cadavre.

Pour répondre à Medoc38 et toutes les bambanes qui voudrait se le faire, voici mes conseils de préparation physique :
Vendredi soir, bière et rhum en quantité suffisante puis 4h de sommeil avant de se faire une courte rando au Nid en Dévoluy (1400m max) le samedi. Ça met dans l’ambiance. Le soir et le matin du départ, le repas des enfants : coquillettes, jambon blanc et yaourt nature puis une nuit de sommeil agité par l’excitation du départ.
Au départ de chamrousse, je suis pas trop bien : jambes en bois, yeux en couilles de mites, tremblements dans les mains et gros doutes qu’en à ma réussite. Très vite le rythme est donné et je retrouve des bonnes sensations vers le refuge de la pra.

Hydratation : Par contre, je n’ai déjà presque plus d’eau (je n’ai qu’un litre dans le sac) et cela va devenir le nerf de la guerre. Merci au randonneur qui m’a dépanné de son ½ litre d’eau en trop au refuge de la pra. J’ai refait le plein dans le ruisseau au dessus de rivier d’allemont puis au refuge de combe Madame.

Diététique : J’avais compté une barre toutes les 2h (24h / 12 barres) ,10 figues sèches et 8 morceaux de pâtes de coing. La moitié des figues sont parties dans la résorbe de Casse-croote. Ma technique a été de manger qqchose et de boire systématiquement à chaque arrêt peautage/dépeautage. A cela, il faut rajouter environ 200g de coquillettes dans un bouillon cube, 1 ½ tranche de jambon sec, un grand volume de thé au refuge et une tasse de soupe au col du Tepey.

Rapport au froid: une polaire jaune et une veste ont suffit. J’avais bien le gilet en moumoute d’oie mais il est resté dans le sac ; cette oie là aime bien voir du pays ! Et les moufles à 10€, c’est bien mais pas top.
Pour la sieste au refuge, mon 1h17 a été passé à faire de l’eau et je me suis juste allongé que l’autre furieux a redonné la charge. Allez hop, on y va…
Cet arrêt au stand requinque son bonhomme, Gaz dans l’ascension du col du Tepey !

Moral/Physique : Je me suis fait une bonne résorbe dans la montée du col du Villonet : froid au ventre (l’eau dans la gourde gèle) et grosse envie de sommeil mais un mars et ça repart. Le reste du temps, j’étais bien. Je me suis géré pour rester dans le groupe. La nuit, nous sommes resté par deux car c’est plus sûr et surtout plus sympa. J’ai perdu du temps pour refaire le plein d’eau et remonter ce que j’avais perdu dans la glissade du col de la vache ; les furieux n’attendent pas mais j’ai suffisamment la caisse pour rejoindre le groupe sans casse. J’ai eu la tentation d’accompagner Casse croote au refuge de l’Oule mais la motivation inconsciente et la cohésion du groupe en a décidé autrement. La route forestière du Replat en fin, c’est justement très plat et très dure : sûrement le morceau le plus pénible mentalement (il aurait pu la tracer dans l’autre sens cette p… de route de m….). La principale douleur physique se situe aux pieds : les grandes traversées à flanc de montagne main gauche associé à la condensation importante dans les chaussons lors de l’arrêt à Combe Madame finissent par imposer une ampoule sous la voûte plantaire du pied droit. Il faudrait essayer de laisser les chaussures dehors et changer de chaussettes pour garder les pieds au sec et ainsi éviter l’effet pieds en pruneaux d’Agen. Si qq1 a une solution efficace pour ce gros problème, je suis intéressé.

Question récupération: ça suit son cours. Les jambes et le dos durs ce matin reprennent vie au cours de la journée.Maintenant ça va! Reprendre un rythme d’alimentation correct sans excés et une bonne hydratation et c’est reparti comme en 40. Par contre je ne vais pas tarder à aller me coucher car commencer le travail à 5h du mat, ça fatigue ! 8O

En conclusion, c'était le fun :D !!!

A faire pour la prochaine fois :
- Prendre une poche à eau car j’ai perdu beaucoup de temps à ouvrir le sac pour y puiser la gourde. Et puis au moins 1L½ d’eau avec du Patator (ou assimilé Jibolin) et une goutte de gnôle dedans pour pas que ça gèle. Ou alors chaude en y accolant une chaufferette au cul; pour éviter le froid au ventre donc les crampes au bide, c'est mieux.
- Bien dormir dans les nuits qui précèdent
- Ne pas randonner la veille et surtout pas chargé au ti punch
- Prendre des moufles à plus de 10€.
- Mettre les couteaux avant que ça devienne trop glissant. A la Vache, je suis bien tralé !
- Varier les types de barres. Ou alors faire des échanges avec les copains à la récré sinon on se dégoûte.
- Gérer un retour rapide vers la maison. Le parking de Routens est très confortable pour dormir. Si, si ! mais j’aurais préféré mon lit.
- Prendre garde à l’humidité dans les chaussures ; les ampoules adorent.

» Par TETUANI, le mardi 14 fevrier 2006 à 18:14

Bonjour
Sur la photo "farniente" c'est bien des corps abandonnés :D - j'ai les mêmes skis, mais pas les mêmes "jambons" je peux venir :oops:
Félicitations à tous

» Par Jeroen, le mardi 14 fevrier 2006 à 18:25

Quels récits !
Et merci de me faire passer pour le bourreau de service mais Etienne devant il enquillait comme une balle, donc je tempérais par des "Coooool raoul !" devant moi :P , et par des "On perd pas trop de temps les gars !" :ill: derrière :D

» Par Marinette, le mardi 14 fevrier 2006 à 18:42

C'est la première fois de sa vie que le Ti'Bougnat fait une telle bafouille... jamais lu rien de si long sous sa plume!!! Donc je crois que cétait vraiment du GRAND DEFI REUSSI! :P :wink:

» Par friz, le mardi 14 fevrier 2006 à 18:48

Et les pieds? dans quels états étaient-ils après 24h de chaussures de skis? :ill:

» Par michel Peybernes, le mardi 14 fevrier 2006 à 21:07

merci de nous faire réver les gars. :roll:
A quand le tour de la meije non stop? :wink:

» Par François Gouy, le mardi 14 fevrier 2006 à 21:15

Vous me faites regreter d'avoir abandonné à la selle de puy gris mais bon, j'étais vraiment mal à ce moment là. A posteriori, vu la pêche que j'avais ce maitn au col des deux soeurs, je pense que j'aurais dû continuer... mais bon, après coup c'est facile à dire. J'ai qu'une envie, c'est d'y retourner!

» Par Mamimo, le mardi 14 fevrier 2006 à 21:20

Bravo à tous pour cette magnifique épopée. Quelle pêche !
Quant à la bafouille de Ti'bougnat, tu l'as dit Marinette, même moi, je n'ai jamais rien vu de pareil !

» Par Nicolas Büsch, le mardi 14 fevrier 2006 à 21:56

Merci Ti bougnat, tu m'a fait revivre cette formidable aventure :happy: et c'est que du bonheur !! :P
merci à toute l'équipe :cool:

» Par Nicolas Büsch, le mardi 14 fevrier 2006 à 21:59

mêêêêêêê, mèèèèè, mééééé :wink: (petit clin d'oeil pour Marinette)

» Par Nicolas Büsch, le mardi 14 fevrier 2006 à 22:01

Et bîîîmmm !!!!
C'est sûr que ça fait pas rire les mouettes cette traversée !! :P :D :wink: :cool:

» Par Am, le mardi 14 fevrier 2006 à 22:57

On se disait bien, en vous croisant au col de La Pra dimanche, qu'à cette heure-ci et avec vos gros sacs, y'avait un truc...
Chapeau!

» Par François Gouy, le mardi 14 fevrier 2006 à 22:59

Effectivement, j'avais bien remarqué votre regard "interogatif" ;-)

» Par Am, le mardi 14 fevrier 2006 à 23:07

Ben ouais, on n'a pas osé questionner les pros :)
Faut dire que le groupe de 9 lancé sur Freydane, c'est assez impressionnant :)

» Par François Gouy, le mardi 14 fevrier 2006 à 23:11

Genre locomotive en plein elan! :wink:

» Par Etienne HALLER, le mercredi 15 fevrier 2006 à 08:35

Quelques mots pour compléter les récits de Tranquillo et et Tibougnat.
Comme tous sans doute, les heures précedent la traversée, le stress monte: toutes les pensées sont focalisées sur le projet, et le corps le fait sentir: difficile d'avaler les pâtes en quantité suffisante, l'estomac est récalcitrant. Difficile de trouver le sommeil, ça tourne et se retourne sous les couvertures. Les jambes sont faibles. Un peu comme avant d'attaquer une grosse course d'alpi ou une grande compèt'.
Puis c'est parti, rencontre de l'équipe, le courant passe, on est bien sur la même longueur d'onde, il est palpable que les même appréhensions mais aussi la même motivation nous animent.

Rester concentrer, optimiser les manoeuvres de peaux (dont il faut prendre soin), ne pas se griller avec un rythme trop élevé.
Rapidement le tempo est pris, tantôt à la trace, tantôt calé derrière des Vertical (je commence à connaître la sérigraphie!). Coup d'oeil dans le rétro, tout le monde suit, c'est génial, ça gonfle le moral. Attroupements aux cols, occasions d'avaler quelques sucrerie et gorgées de boissons, puis basculement dans les descentes dont la qualité va croissante.
La beauté inouïe (et inédite pour moi) des descentes sous la pleine lune revenue et la processions des loupiotes me ravi.
En laissant le Rocher Blanc de côté, on loupe certes le plus haut sommet skiable, mais surtout on signe notre réussite par une petite pause au refuge de la Combe Madame: pendant ces 3h, on voit les batteries se recharger à bloc, et le remise en route est facile.
Le froid est pourtant bien piquant, la doudoune n'est pas de trop même en montée et surtout en attendant l'équipée qui en finit avec chaque ascencion.
Quand le lever du soleil nous cueille, il y a comme un soulagement. Pourtant le heures passent sans s'en rendre compte, nous ne sommes plus dans une temporalité habituelle; la succession de cols s'enchaîne implacablement et j'essaie de ne pas trop faire de calcul, de toute façon le moteur suit.
Et la crampe qui ne vient pas, les ampoules non plus, quelle chance!

Arrivés au col du Gollachon chaleureusement accueillis par Marinette et Friz, la satisfaction est totale; le fait d'y arriver groupés est la vraie réussite de cette entreprise un peu folle.
Avec Jeroen on descend un peu avant le reste du groupe qui attend ses chauffeurs pour retrouver les notres, partis au col de la Pierre: merci à Severine et Greg d'être venus là aussi nous acceuillir. On retrouve la vallée après une descente un peu sport sur la route englacée du Replat, et me reviennent à l'esprit les commentaires de Volo dans Toponeige "le bitume de l'autoroute qui nous repasse en marche arrière et en accéléré le film de la nuit". Oui c'est ça!
Autant la descente du Grésivaudan pour arriver samedi soir à Grenoble ne m'a jamais fait percevoir Belledonne aussi longue (pfff, va falloir remonter tout ça!), autant ce retour la fait paraître finalement petite!

Pour des considérations plus techniques:
- question boissons: bu moins de 3l , c'est sans doute trop peu, mais je suis plutôt du genre chameau.
- nourriture: une 12aine de barres, un peu de cake et de pâtes.
- le sac: 30l, 10kg environ au départ.
- les crampons et la seconde paire de peau restés dans le sac, mais pas la doudoune (élément clef!).
-pas trop de fatique nocturne, sans doute aidé par l'expérience professionnelle des gardes de nuit... et des cuisses bien moins douloureuses qu'après une course d'alpi en été en Oisans!
- le prix à payer: un appareil photo numérique péter contre un rocher; une perte de sensibilité du bord externe des 2 pieds sans doute par compression nerveuse dans les chaussures portées 24h.

Oui Belledonne (la belle dame) nous aura infiniment comblés!

» Par TiBougnat, le mercredi 15 fevrier 2006 à 09:13

Merci Etienne pour ce récit du front ! Ca confirme bien qu'on était tous dans le même état d'esprit.
Pour ma part j'ai du consommer :
- 3 à 4l d'eau
- 0,75l de pâtes
- une barre
- 300g de fruits secs
- 2 compotes
- du pain et du fromage
Au niveau matos :
- la doudoune en duvet : indispensable
- des mouffles : indispensable pour moi en cas d'onglet
- les crampons sont volontairement restés dans la camion de Al
- une paire de peaux de secours => j'ai utilisé les 2
- un réchaud + popote + gaz => 700 g
- un appareil photo numérique qui a vu du pays mais qui est resté au fond du sac => accus HS dès la Croix de Chamrousse
- j'allais oublier les indispensables couteaux
- et le couteau pour gratter la glace qui peut se former sous la fix avant des Lowtec => expérience vécue !
- et l'indispensable frontale avec piles neuves
Les séquelles :
- aucune : pas d'ampoule, pas de courbatures, ... nada
Et le contre coup me direz vous ?
- hier matin, je n'ai eu aucun problème pour aller au boulot. J'avais juste les yeux qui piquaient un peu ! :cool:
- aucune douleur aux jambes => j'ai pris les escaliers 2 par 2

J'aimerai dire un mot sur la récupération. Car elle me rappelle mon expérience vécu en Inde il y a deux ans.
Partis à 2h du matin pour gravir le Kun, on est arrivé au sommet à 9h. Puis retour au camp 3 vers 11h. Ensuite, avec Marinette et un collègue on s'est octroyés 2h de pause avant de redesendre d'une traite jusqu'au camp de base, où l'on est arrivé vers 20h. Soit 700m de D+ au-dessus de 6000m d'altitude et 2000 de D-, le tout en 18h avec seulement 2 heures de pause. Et le lendemain, aucune douleur, aucune courbature.
Tout ça pour dire, quand on a un minimum de condition, l'Homme (la femme aussi :P ) a une grande faculté de récupération dans des laps de temps très courts.

» Par David SAVOYE, le mercredi 15 fevrier 2006 à 09:13

Merci pour vos commentaires !

» Par riftzone, le mercredi 15 fevrier 2006 à 09:48

Merci pour ces quelques minutes de rêve :happy:
Vous avez bien raison d'en profiter :wink:

A quand une ptite video sur ce genre de périple?

» Par TiBougnat, le mercredi 15 fevrier 2006 à 15:26

Merci Jeroen pour ce beau récit ! Je revis la traversée une fois de plus et d'une manière différente. Ca me donne des frissons !
... mais on ne devait pas avoir la même montre ou alors elles ne sont pas étalonnées pareil ! Je pense que vous étiez régulièrement entre 10 et 12 m/min. :roll:

» Par Alex Saunier, le mercredi 15 fevrier 2006 à 16:04

Félicitations ! :happy:
Vous montrez que c'est possible avec de l'entrainement, de la motiv et un peu de préparation. En tous cas ça donne bien envie de monter des projets similaires et de relever le défi. Merci de ce partage d'expérience.

Un truc "amusant" : j'ai l'impression que cette année est celle des gros deniv, je note régulièrement des sorties à 2000+ de D+ voire meme 3000+ cette saison sur les divers sites de skirando... 8O

» Par romu, le mercredi 15 fevrier 2006 à 16:36

Ah ce que je m'en serai voulu si l 'essence avait eu raison de moi :ill: J'aurai manqué ces 24 h magiques et foi de romu serait venu skier le WE en vélo depuis Lyon 8O
Super merci pour l'organisation du Boss :P et la logistique de l'accueil ( Frizz, Marinette, ... :wink: )
En dormant la veille et en petit déjeunant :evil: cela aurait semblé moins long
Mais j'ai pensé à mon papi et son coeur fatigué :( alors on se dit qu'on est jeune et en pleine forme alors les montagnes se couchent devant nous :roll:

» Par François Gouy, le jeudi 16 fevrier 2006 à 01:26

Ca a été vraiment génial et maintenant, à la lecture des comptes rendus, je m'en veux de plus en plus de ne pas avoir continué. Cependant, vu mon état à l'instant de l'abandon, ma décision était et me semble encore la plus sage.

Dimanche 13, sommet de la croix, l'excitation est à son comble : nous plongeons tous vers l'inconnu, personne n'a jamais vraiment dépassé 3000m de D+ dans la journée et surtout l'idée de s'envoyer Belledonne d'une traite, massif préféré pour la plus part d'entre nous, surmotive le groupe.

Personnellement, je ne me sens pas en grande forme au départ mais la montée au col de freydane est une formalité. C'est à la fin de la 4eme montée, celle de roche fendue, que mes jambe tirent un peu et que je comence à avoir mal à la tête (le tout bien aidé par le temps qui s'annonce merdique). Vu les conditions, ne pas s'arêter au refuge de la combe madame me paraît totalement irréaliste à ce moment là (et même avant d'aileurs car s'arêter une paire d'heures faire de l'eau et cuire des pates en plein vent et de nuit est tout à fait contre productif).

C'est le début de la remontée au col de la vache, le début de la nuit. A tous, l'engagement relatif d'une telle course, notament avec le parcours de nuit, à vue, dans un terrain de haute montagne, se fait precevoir avec accuité : le groupe se renforce, tout le monde à besoin de tout le monde et l'épisode où le lien avec le groupe de tête a été rompu suite à l'attente des retardataire est vécu assez douloureusement. Heuresement, les trois nous ont attendu plus haut. Dorénavant, personne ne sera laissé tout seul.

Cette montée au col de la vache me faisait un peu peur, mais a ma grande surprise, j'ai eu la super caisse (les aliments ingurgités tout au long de belledonne sud rentrent enfin en action?). Descente sympa sur les 7 laux, la lune revient, cela me galvanise. Le groupe prend vraiment espoir et on commence à penser que le défi est possible.

Paysage magique sur les lacs, la montée au mouchillon se passe très facilement pour ma part et j'arrive avec plaisir au col. S'en suit une descente "mythique", dans une neige plutôt bonne mais surtout d'une esthétique rarissime : je ne peux m'empêcher de tracer "à balle" devant pour pouvoir à intervalle régulier me retourner et admirer le ballet des 7 lampes qui évoluent dans une chorégraphie sans cesse réinventée, sous les rayons de la pleine lune, jouant avec les ombres des piliers rocheux des contreforts du rocher badon. Et la perspective du refuge, suprême délivrance, nous permet de nous lâcher sans arrières pensées.

L'arrêt au refuge sera réparateur, mais cependant pas assez pour moi, ou seulement en "surface" : je passe les 3 heures à faire de l'eau et de la bouffe si tant est que je ne me coucherai qu'un quart d'heure avant que Jeroen débarque pour réveiller tout le monde. Au chaud comme on était, j'aurais bien dormi une heure et demi de plus.

Le bébut de la remontée du tepey est une formalité, les 600 premiers mêtres passent rapidement. Mais la neige merdique de la suite me casse bien le rythme, rythme que j'aurais du mal à reprendre ensuite : j'arrive bon dernier au tepey et pour la première fois je sens qu'il manque un truc pour que la machine tourne rond.
La descente du tepey est démente, et malgré une zipette rattrapée in extremis au dessus d'un mini vide ordure au moment de déchausser pour remonter, j'entame cette remontée de 550m avec un peu d'appréhension mais avec de bonnes sensations. Sur la bonne première moitié, je suis sans trop souffrir dans le quartet de tête. Mais au bout de 300m, je décroche avec nico puis sens inexorablement mes forces décliner : j'ai une forte envie de dormir, suis écoeuré, ne peux plus rien avaler. Il faut que je m'arrête, mon corps me le demande et au premier rocher je plante mes skis à coté de la trace, me bloti dans ma confortable et chaude doudoune valandré ( le genre d'achat que l'on ne peut pas regretter, une vraie assurance vie!) pour me'ndormir instantannément. Aucun risque, le groupetto 15 min en arrière devra me passer dessus pour continuer. Je crois à ce moment là que je pourrais au moins l'accrocher. Mais au bout de 100m, je décroche même de celui-ci et Jeannet reste avec moi pour m'attendre. Impossible de faire plus de 10 pas sans exploser alors que 30 min plus tôt je marchais à 10 m/min sans être essoufflé... Dans certaines conversions et passages un peu techniques, je me sens physiquement vulnérable, à la limite de l'éffondrement, obligé de rester ultra concentré pour garder ma lucudité et assurer ma sécurité : à ce moment, ma decision est prise, à la prochaine descente, j'arête. D'aileurs je retarde le groupe et il me semble mettre une éternité pour faire les derniers 100m. Abandon d'autant plus facile que cela est loin d'être un échec total : en rejoignant le refuge de l'Oule, je bouclerai tout de même la traversée "classique". Dans l'état soudain oû je me trouve je regarde s'éloigner les autres sans aucune envie de les suivre. "S'il faut sortie cette traversée, ce sera dans un bon style et non à l'agonie" peut résumer mon état d'esprit à ce moment là.

Pour finir, après 5h d'attente à Goncelin, je retrouve mes amis "finishers" heureux mais en piteux état, les visages marqués alors que paradoxalement, je me sens plutôt en forme. Certains ne peuvent presque plus marcher :wink: , les pieds défoncés par leur chaussures (nico par exemple, à des bons pieds de "mémé") mais cependant tous très heureux, satisfaits d'avoir réalisé un "beau truc".
Chose étonante, j'ai même très envie de ressortir le lendemain, je n'ai mal nul part, ce que je ferai au col des deux soeurs, avec bien la pêche d'ailleurs (50min sommet du télésiège>col soit env 600m, 15 min de descente "à donf"). Bref, de quoi regreter "a posteriori", (mais a posteriori seulement!) de ne pas avoir suivi le groupe jusqu'au bout et être un peu "jaloux" même. :P Une chose est sûr, il faut que je remette cela un jour où l'autre avec d'aussi joyeux compagnons! Baaaaaaaaaase la traversée!

» Par romu, le jeudi 16 fevrier 2006 à 11:55

:P Casscroot il ne te manquait vraiment pas grand chose pour terminer avec nous la grande boucle mais tu as fait ta petite seule c quand même super :wink:
T' ayant poussé et tiré souvent je pense que tu aurais du mettre tes couteaux avant dans cette montée merdique :ill: et interminable du Tepey
Si j'ai une prochaine nuit de pleine lune à tuer serai bien de nouveau de la partie

» Par denis, le jeudi 16 fevrier 2006 à 13:12

C'est bizarre c'est effondrement soudain que tu as subi ma nimpeuse. C'est quand meme nimp.

» Par Jérôme GINGREAU, le jeudi 16 fevrier 2006 à 13:23

J'avoue que moi le coté "traversée" au lieu de "boucle" me gêne un peu dans la traversée de Belledonne. Mais bon, je note les 5200 non stop! C'est énormissime!
Mais moi aussi je veux jouer! :P
Donc dès que les conditions de neige redevienne favorable à ce genre de performance, et qu'il y a dun créneau méto durant un we, je tente un truc!

» Par marco, le jeudi 16 fevrier 2006 à 13:34

oh yes, moi aussi ! ce coup-ci je vais au moins jusqu'au Rocher de l'Homme ! :lol: :lol: :lol: :lol:

» Par David Z, le jeudi 16 fevrier 2006 à 15:48

'pouvez pas savoir comme c'est pénible vos commentaires : cette impréssion d'avoir raté qque chose d'énorme !! bravo, bravo milles fois à tous ! Notre tour viendra aussi (on espère en tous les cas) et on ira jusqu'au mont blanc ! Na ! Chapeau bas .......

» Par fifi, le jeudi 16 fevrier 2006 à 17:28

et oh les filles, faudrait peut etre les suivres ces mecs...y en marre
on se met où?

» Par Jeroen, le jeudi 16 fevrier 2006 à 17:49

24 heures sans leurs enfants ? Trop long :wink: :wink:

» Par Vivien, le jeudi 16 fevrier 2006 à 17:51

La performance est grande, mais surtout l'aventure humaine est belle
Cette traversée vous l'aviez dans les jambes personne n'en doute
La faire en groupe aussi imposant rajoute une dimension humaine bien réconfortante puisqu'elle montre à ceux qui en doutent qu'au delà de la performance, c'est la faire ensemble qui importait
Bravo

» Par fifi, le jeudi 16 fevrier 2006 à 18:52

24 h sans leurs enfants, c'est long
...je suis morte de rire...je ne m'attendais à cette réponse
je trouve cela un peu dommage qu'aucune des copines de ces 9 garçons n'ai eu envie de partager l'aventure
les sports d'endurance et de montagne n'attire pas assez de fille...c'est dommage car elles ont le mental et le potentiel

» Par Jeroen, le jeudi 16 fevrier 2006 à 19:05

je trouve cela un peu dommage qu'aucune des copines de ces 9 garçons n'ai eu envie de partager l'aventure
les sports d'endurance et de montagne n'attire pas assez de fille...c'est dommage car elles ont le mental et le potentiel

Entièrement d'accord avec toi, je dirais même que leur mental est souvent plus fort que le notre.
Pour cette année, il reste le mois de mars. Organisez vous une collective :wink:

» Par TiBougnat, le jeudi 16 fevrier 2006 à 19:58

@fifi
si si, j'en connais une qui aurait bien eu envie de partager cette aventure ! :wink:
mais nous sommes tous et toutes, avant d'entreprendre une telle traversée, envahis du même doute : aurai-je les jambes pour avaler ces 5000 m de dénivelé ?
Dans la communauté, au vue des sorties, y a du potentiel ! Allez-y les filles ! Osez ! :wink:

» Par fifi, le jeudi 16 fevrier 2006 à 19:58

pourquoi pas mais en 2 jours...pas pour moi car c'est vraiment chaud ce qu'ils onf fait....à oui bravo...j'avais oublié de dire ce que j'en pensais (2 jours de bonheur et des souvenirs pour toute la vie...je sais)
en rajoutant un ou deux jours, plus cool pourquoi pas

» Par christ, le jeudi 16 fevrier 2006 à 20:41

traversée chamrousse gleysin mardi7fevrier en solo
de jour 11 heures de ski 5000 metres de montée et beaucoup de plaisir!!

» Par delphine, le jeudi 16 fevrier 2006 à 22:03

B'en oui, une traversée de Belledonne j'en rêve et vos récits riches d'émotions ne font qu'attiser cette irresistible envie de préparer un tel périple... mais bon, au moins en deux jours :P

» Par Al., le vendredi 17 fevrier 2006 à 15:02

merci les gars pour vos récits ...
j'avoue ne pas avoir trouvé tout de suite les mots justes pour rendre compte de ce qui me traverse la tête depuis lundi ...
je me suis retrouvé plongé plusieurs jours au fond des émotions que j'ai ressenti tout au long de la traversée, sans vraiment pouvoir en sortir ...
finalement, au sentiment de profonde humilité de se trouver là tout petit au milieu de la nuit dans ces paysages sublimes, s'ajoute bien au delà de toute considération physique ou technique, l'esprit du groupe.
j'ai retrouvé cette montagne décrite par mon grand père qui nous a poussé, sans vraiment nous connaître à nous montrer aux autres tels que nous sommes, au fond du fond, sans contrôle, sans politesse, sans rien.
merci à vous pour ce grand moment.

» Par dupré alain, le samedi 18 fevrier 2006 à 21:54

Bravo pour la performance ,connaissant ce parcours dans la journée mais en descendant sur Fond de France après avoir passé les lacs.belle perf d'équipe aussi .

» Par ella-morena, le samedi 18 fevrier 2006 à 22:27

8O super!!!franchement je m'y crois un peu trop!!lol choutte les photo! bravoooo!!!!

» Par Raoul et Pierre, le mercredi 01 mars 2006 à 23:20

Bon, Narvallo, c'est bien bô tout ça, on a pas eu le temps de tout lire encore, ça a l'air sympa ton truc de tafiole, mais on est pas sûr que toi, t'y étais vraiment, vu qu'on t'a pas vu sur les photos.
A plus dans le bus!
Salut doc

» Par Pierre-Jean Desprats, le vendredi 26 mai 2006 à 20:13

le partage et une traversée c'est le pied total si j'étais capable de faire autre chose que chamechaude ou les vans je m'y collerai bien moi aussi mais bon....
chacun à notre niveau on vie des emotions proches
bravo encore

» Par Stef, le samedi 23 septembre 2006 à 00:29

Allez, on remet ça ? :P

» Par eric Dominicy, le samedi 20 mars 2010 à 17:33

@Jeroen ça y est : j'ai retrouvé ton parcours. Pas mal d'idées à prendre. Un futur projet pour moi sans aucun doute . Eric EDL, croisé le 19.03.2010 au Sorbier (varia :wink: nte)

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