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2571 m Ferrouillet, Pointe Centrale Nord, couloir Ouest

Le couloir ouest part directement du sommet et plonge dans la falaise. Il débouche sur un verrou aérien et sans doute in-skiable, rappels obligatoires (2x30m sauf enneigement de ouf).

Données techniques

Massif : Belledonne
Secteur : Grésivaudan
Orientation : W
Dénivelé : 1320 m.

Difficulté de montée [?] : PD
Difficulté ski [?] : 5.4 E4
Pente : 50°

Nb de jours : ½
Type : Boucle

Cartes : 3334OT 3335ET

Matériel

Crampons, piolet(s), corde 2x30m. Difficile de se protéger autrement qu'en pitonnant, peu de becquets, et les fissures assez larges pour les coinceurs sont rarement très stables. Par contre on trouve toujours des fissures fines pour les pitons.

Départ/Accès

Départ : Prabert (1088 m) - Grenoble -> Brignoud -> Laval -> Prabert.
Route fermée du 20 décembre au 15 Mars, 500m après Prabert (Pt 1088). Au printemps, possibilité de monter au pont de la Bêta, puis au bout de la route.

Itinéraire

La montée la plus directe se fait par le couloir SW :
De Prabert, partir sur la route forestière en direction du pont de la Betta puis suivre le Gr 549 en direction du Lac de Crop (court passage expo à l'attaque des premiers ressauts rocheux). Passer le lac (rive droite) puis contourner les premières barres rocheuses jusqu'au minuscule Lac Bleu (2036m). Du lac, s'engager dans le large cône de déjection du couloir qui monte vers le NE. Remonter le couloir (40 °/200m)pour atteindre la combe descendant du sommet central Nord du Ferrouillet. Le sommet s'atteint par une courte pente raide (45°).
Descente: du sommet 20m orientés SW permettent de revenir au petit col, puis on plonge franchement côté falaise ouest. Après 100m un coude à droite marque la première étroiture, plus raide pendant 30m. Un second ressaut juste après peut-être skiable par bon enneigement permet de prendre pied dans la pente centrale, celle visible depuis le lac de Crop. Descendre dans l'axe jusq'aux étroitures du bas, et là faire au mieux en fonction du repérage et de l'enneigement. Un système de vires semble permettre de progresser en ski, mais c'est bien raide. Sinon, juste avant le verrou final, repérer une petite pointe rocheuse sur le fil de l'éperon, à droite. De ce col on rejoint le couloir adjacent qui permet de finir facilement, en deux rappels de 30m. Au 8 avril 2018 on a équipé les deux relais sur pitons, à voir comment ils vivent dans ce type de rocher...

Photos

la ligne en hiver, quand il faudrait y aller
la ligne en hiver, quand il faudrait y aller [par boris dufour]

Remarques/Variantes

Une fois entré dans la pente, la réchappe la plus facile semble être par le bas, éventuellement en rappels sur l'éperon à droite du couloir.

La difficulté principale, outre l'engagement, est de trouver les bonnes conditions:
le couloir ne voit pas le soleil avant le milieu/fin d'après midi, alors que les rives hautes, orientées sud, se vident bien plus tôt. C'est donc compliqué au printemps. Préférer une neige d'hiver vraiment stable, à condition de la trouver...

Conditions récentes

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Récit d'une exploration au Ferrouillet [»] : Sortie du dimanche 08 avril 2018 par Chuck

Participants : Boris

Météo

ciel voilé

Conditions d'accès

Etat de la route :
sèche avec de jolies dessins en pierres
Altitude du parking : 1080

Conditions de neige

LieuAltitudeOrient.HeureMeuble/TotaleTypeCommentaire
couloirW12Vitrifiée
Altitude de chaussage (montée) : 1050, presque parking
Altitude de déchaussage (descente) : 1050, presque parking
Activité avalancheuse observée : néant

Skiabilité [?] : ●○○○○


Récit de la sortie/Remarques diverses

Itinéraire suivi : Récit d'une exploration au Ferrouillet

Il est de ces projets dont la seule idée nous tient éveillés.
Cette jolie fille à qui on ne parvient pas à déclarer sa flamme, cette nouvelle paire de ski qu’on rêve d’acheter, ce concert de Francis Lalanne qu’on attend depuis des mois, et puis cette pente, repérée au hasard d’une balade en famille, que l’on scrute, que l’on surveille, qui nous nargue.

Boris avait cette idée fixe, Boris a souvent des idées fixes, au Ferrouillet.
Il m’en avait parlé, au hasard de quelques virages en Belledonne. Moins attaché que lui à la pente en question, pente que je n’avais pas clairement identifiée dans un premier temps, l’idée existait, sans m’obséder.
Et puis il est allé essayer tout seul sans succès. 10 virages peu encourageants, et demi tour.
Alors l’envie était allé croissante.
0 l’image du regard de la jolie fille, de la ristourne sur la paire de ski tant désirée, du petit « rentre chez toi » entre deux pubs sur Nostalgie, et l’envie reprend de plus belle.

A la faveur d’un hiver riche en neige qui nous a tous permis de skier des trucs rares, comme la Dent de Crolles en Avril, des coupes du monde de fond sur neige naturelle, ou encore des JO sans Poutine, la pente en question s’est progressivement remplie.

Et c’est ici que tout la subtilité de la pente raide semble prendre son sens. C’est ici que le jeu se dessine. C’est ici que le phénomène de mode s’oublie pour laisser place à un truc bien plus sérieux : l’idée fixe de Boris.

Samedi dernier donc, Première tentative.
Levé tardif, nous sommes feignants après toute une saison à skier en station dans 80 de poudre.
On remonte dans le couloir Sud du Ferrouillet, ambiance très humide. Au milieu du couloir un gars fait la trace, mais la neige est si trempée que nous brassons dans la soupe. Arrivés à mi-pente, il pleut. Arrivés à la sortie du couloir Sud, il pleut toujours et les nuages noirs sur le Vercors et la Chartreuse nous incitent à trancher sur la reflexion suivante : c’est inconfortable ou dangereux ?
Il est 10h, on dégage.
Arrivés au parking, il fait grand beau, on est dégoutés.
Rideau.

Samedi soir, Boris : « on retente demain? la météo à l’air cool… » (je vous ai déjà parlé des idées fixes de Boris?)

Dimanche matin, même heure, même matos, même motivation, même départ.
Dimanche 11h, entrée de la pente visée, au bouleau !

Tout est comme la veille, à une variable près : toute l’humidité de la veille a prit froid, c’est … dur. Très dur.
Le bon coté, rien ne va trop bouger avant l’arrivée du soleil dans la pente à 16h, on a le temps.
Le moins bon coté, ça va être un peu dur, et ça ne va pas trop bouger avant l’arrivée du soleil à 16h, tant pis.

Les deux premiers virages sont top, la pente commence gentillement, le grip est encore bon, on raconte encore des conneries.
Ensuite, la pente s’accentue, l’étroitesse de la première étroiture aussi (la répétition hyperbolique est ici volontaire), et étrangement elle semble s’accentuer au même rythme que notre concentration.
Finalement on vire les skis, on chausse les crampons, et on descend de 50m pour franchir le passage goulotté et bien peu skiant.

La face plonge et nous voilà enfin dans la pente principale. La neige est toujours aussi dure et à présent une belle gouttière défigure notre pente.
Peu importe, on est là pour skier et nous voilà de retour sur les skis.
Quelques virages s’enchainent, probablement les plus précis, concentrés et psychologiques que nous ayons pu rencontrer.
Quelques pas sur la glace aussi, piolet ancré, flirtant entre falaise et goulotte charriant déjà neige et glace, «t’es pas bien là? ».

Arrivés au dessus de la dernière étroiture, deux choix :
1. Rester à proximité de la gouttière où une boule de pétanque vient de faire 3 rebonds avant de filer dans le prochain raidillon à franchir.
2. traverser en rive droite pour se mettre à l’abri et taper directement les rappels.

Le choix est vite fait, les deux rappels aussi, et nous voilà en train de nous laisser glisser dans la neige ramollie par le soleil qui arrive du Sud, au pied de la face.
La ligne est logique, les gars sont contents, reste à faire trois courbes et deux roulades dans la neige qui colle, et nous sommes de retour au parking, le sourire béat.

« c’est idiot, on aurait dû venir pleine poudre » On se le dit, vous vous le dites, mais non, ce n’est pas si simple.
Plus tôt en hiver, pour avoir de la neige froide ? le couloir n’est jamais assez rempli.
Plus proche d’une chute de neige ? le couloir et les pentes suspendues se purgent, ça pue.
Se contenter de le remonter avec deux piolets ? Oui, mais ce n’est plus du ski.
Donc non, c’est cet hiver qu’il fallait venir, pour le remplissage, mais cet hiver, la neige n’est pas restée froide, et nous avions une idée fixe.


Bien plus d'images, bien plus belles, ici : http://du4photo.blogspot.fr/2018/04/voyage-suspendu-au-ferrouillet.html



Commentaires

» Par fitaine, le lundi 16 avril 2018 à 02:12

Bien cool ce CR, merci !

» Par Em42, le lundi 16 avril 2018 à 06:17

Hello,

Sympa le CR ! :cool: En tout cas ça envoie du lourd ! :ill:
En revanche, c'était pas plutôt hier (Dimanche 15 Avril ? :roll: )
Pour l'altitude de chaussage, c'est plutôt 1350 non ? :happy:

» Par PascalC, le lundi 16 avril 2018 à 08:04

Beau récit

» Par Bart-S, le lundi 16 avril 2018 à 08:17

Très très chouette récit.
Prochaine idée fixe : trouver le couloir en bonnes condis?! :wink:

» Par Boris Dufour, le lundi 16 avril 2018 à 09:27

Merci Chuck pour ton récit
Pour le coup des conditions, je précise juste : elles étaient parfaites pour une exploration. Malgré les repérages, on ne pouvait pas savoir à l'avance si la neige dedans était suspendue sur des ressauts déversants ou bien ancrée dans le fond du couloir (comme c'est le cas).
Malgré les repérages, on ne pouvait pas savoir si il y avait des places à l'abri sur les rives en cas de parpinage. On ne pouvait pas savoir non plus si la zone où il fallait passer du temps à pitonner tout en bas, était dans l'axe de la goulotte ou possiblement abritée (comme c'est le cas).
Maintenant on sait tout ça, la suite sera bien plus facile.
Boris

» Par Fred, le lundi 16 avril 2018 à 09:43

Chuck et Noris vous êtes des heros :D
Super cr :wink:

» Par DavidL, le lundi 16 avril 2018 à 09:49

Sortie du 8 avril donc.

» Par Jacques, le lundi 16 avril 2018 à 09:58

Oui, sortie du 8 avril. Bon, c'est vrai qu'avec sa vraie date, personne n'aurait vu le CR... ;-)

» Par zorg, le lundi 16 avril 2018 à 12:11

J'ai beaucoup parcouru le Ferrouillet dans les années 90 mais je ne suis pas sûr de la ligne que tu décris. D'après les photos, il s'agirait du couloir NW qui aboutit à un petit collu: Une petite pointe à gauche (en montant) et le Ferrouillet à droite. Après, une traversée amène (en été) aux fissures terminales mais pas skiables. J'aimerais bien une photo avec l'itinéraire si possible. Cordialement.

» Par JulBont, le lundi 16 avril 2018 à 12:45

La quantité de neige c'est bien, mais la qualité fait bien plus encore. C'est un bon résumé de cette saison 2017/2018... :wink:

» Par taramont, le lundi 16 avril 2018 à 16:36

quand le dit et le fait sont de la même qualité, y a plus qu'à s'incliner - félicitations ! :)

» Par Marc B Sailles, le lundi 16 avril 2018 à 20:05

Il fallait trouver la bonne trajectoire
Bel engagement
Félicitations pour cette première

» Par Vinchy, le lundi 16 avril 2018 à 21:31

Ah ouais super réalisation!!!
Je l'avais fait en grimpe en 2016. En fait il s'agit du couloir juxtaposant sur la droite l'Eperon W de la Pointe Centrale N du Ferrouillet, si je ne m'abuse. Nous avions pris du retard sur le timing et nous avions gravi le couloir au lieu de prendre l'éperon.

L'éperon est décrit ici https://www.camptocamp.org/routes/231564/fr/pointe-centrale-n-du-ferrouillet-eperon-w

» Par rfg, le lundi 16 avril 2018 à 22:30

J’ai eut le même idée sur la même montagne!
Mais n’etant Pas fan de Francis Lalanne je n’ai as trouvé le courage d’y aller...
Quoi qu’il en soit, bravo, elle est belle celle la, surtout chez les grenobliens !!
Sinon, Y avait pas d’autre analogie que « Francis Lalanne » ?

» Par Chuck, le lundi 16 avril 2018 à 22:52

J'avais aussi pensé à Pierre Billon, mais moins connu j'avais peur de ne pas toucher tous les Skitouriens...

» Par damien fil, le mardi 17 avril 2018 à 21:45

c'est la goulotte 3H42 au Ferrouillet?

» Par rfg, le mercredi 18 avril 2018 à 16:06

Non, Lalanne c’est parfait, juste ce qu’il faut de sel de poivre et de vaseline pour que ça glisse tout seul!!

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