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2915 m Crête des Lauzes Rousses, Traversée Prapic/Dormillouse

Données techniques

Massif : Ecrins
Secteur : Champsaur
Orientation : T
Dénivelé : 1400 m.

Difficulté de montée [?] : R
Difficulté ski [?] : 2.1 E1
Pente : <25°

Nb de jours : 1
Type : Traversée

Cartes : 3437ET

Matériel

Pas de matériel particulier

Départ/Accès

Départ : Prapic (1550 m) - Grenoble ou Gap -> Pont du Fossé -> Orcières -> Prapic

Itinéraire

De prapic, suivre la rive droite du Drac jusqu'au Saut du Laire.
Après le Saut du Laire, remonter, d'abord vers le Nord, puis vers le Nord-Est, en rive droite du torrent de la Bruyère pour atteindre le vallon de Prafoura (~2400m).
Par un mouvement tournant vers la gauche (N, puis NW), rejoindre le vallon Cros par lequel on gagne la Crête des Lauzes Rousses à proximité du point 2915m.
Descendre en traversée vers le NW pour rejoindre le vallon du Fond de la Cabane. Poursuivre la descente en rive gauche du vallon sans perdre trop d'altitude, et contourner la large croupe Est des Têtes de Pommette pour arriver au Pont de Fer (2159m).
Continuer la descente en traversée sur le flanc gauche en passant sous des barres rocheuses. Vers 2000m on atteint la forêt que l'on traverse (Nord) pour rejoindre Dormillouse. Le refuge se trouve à 3 min de marche (légère montée) à côté d'un clocher.


Remarques/Variantes

Du point 2915m, on peut suivre la longue crête (1km400; +100m) vers le NW jusqu'au Tuba (3007m). Descente directe (35° sur 150m), plein Est, dans le vallon du Fond de la Cabane.
Du Tuba, retour possible sur Prapic par le vallon de Chabrière et le vallon de Blaisil : www.skitour.fr/topos/le-tuba,1401.html

Variantes :

» Traversée Dormillouse/Prapic (D+ 1200m ; Ski 2.1 ; Orientation T ; Départ Freissinières (les Mensals))
Retour vers Prapic par le même itinéraire.

» Col de Freissinières, Traversée Prapic/Dormillouse (D+ 1400m ; Ski 2.1 ; Orientation T)
De Prapic monter vers le Lac des Estaris où l'on retrouve les remontée d'Orcières. Monter en direction du col de Freissinière.
Redescendre (souvent à la force des bras) ce très long vallon suspendu, l'un des plus longs de l'arc alpin.



Refuge(s) associé(s) : Gîte-Refuge de l'École

Conditions récentes

» Pas de sortie les 15 derniers jours
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Pour deux blondes : des (lauzes) rousses, des (terres) blanches et une ambrée pour finir. [»] : Sortie du lundi 17 au mercredi 19 avril 2017 (3 jours) par taramont

Participants : Valentine

Météo

très beau temps, plus froid à J3 (-6 à 6h à Dormillouse), quelques rafales de vent au col de Freissinières

Conditions d'accès

Etat de la route : RAS

Altitude du parking : 1513m

Conditions de neige

Altitude de chaussage (montée) : J1 : pas chaussé jusqu'à la cab de la Barre - J2 : au promontoire 2241m au-dessus de la cabane et un déchaussage de 100m à partir de l'abri pastoral de Vallon Cros - J3 : à 1900m à la Jalague sous le verrou
Altitude de déchaussage (descente) : J1 - pas de descente - J2 : 1950m sous le lac Fargeas dans les bois - J3 : à 2050m sur les pistes d'Orcières

Activité avalancheuse observée : une coulée récente en rive D du vallon de Chichin au niveau de la bergerie

Descente des Lauzes Rousses excellente, juste transformée à point. Descente sur les pistes d'Orcières encore dure sauf le 1/3 inf

Skiabilité [?] : •••°°


Récit de la sortie/Remarques diverses

Itinéraire suivi : Prapic/Cabane de la Barre/Prafoura/Crête des Lauzes Rousses/Dormillouse/Col de Freissinières/Orcières - Dénivelé réel effectué : 2830m

Avouons-le d'emblée : ce coup-ci, on a donné dans le voyage organisé. Je vous sens désappointés. Mais, voilà, il me fallait un lieu à mi-chemin entre le Pays de la Sure et Marseille. J'ai pris une carte, une règle, tiré un trait, mesuré et décidé (arbitrairement, j'en conviens) que ça ne pouvait être que le Champsaur. J'ai confié mes intentions à Philippe et, par retour de sms, j'avais un itinéraire sur mesure pour arpenteuses des beaux quartiers sauvages. C'est comme ça que je m'imaginais la vie !
Maîtrisant son métier de GO à la perfection, Philippe distilla les infos à doses homéopathiques pour que notre affaire puisse décemment être estampillée «Champsaur sauvage». C'est ainsi qu'il s'est bien gardé de dire que la passerelle après le Saut du Laire ressemblait encore à la Tour Eiffel au moment de la pose de la première pièce métallique, que l'entrée de la cabane de la Barre se faisait, non pas par une échelle de meunier, mais par une échelle de pompier, verticale, barreaux espacés, consolidation en fin de vie. Et surtout, qu'en l'espace de 3 jours le manteau neigeux en sud passerait en mode mini/troué.

Montée à la Cabane de la Barre.
Les derniers touristes descendaient le vallon du Drac (dépourvu de toute neige) et regardaient, avec une curiosité teintée de pitié, ces 2 mules au chargement aussi impressionnant qu'incongru. Les crocus s'apprêtaient à fermer corolle et les marmottes ne pensaient qu'à en découdre avec leurs rivaux. Au bout d'une 1/2h, nos clavicules avaient déjà la forme d'un cassis tel qu'il figure sur les panneaux routiers. Notre sueur tombait comme les premières gouttes de la mousson sur le désert du Thar. Ce n'est qu'après 2 bains de pied que notre température corporelle chuta. Quant au moral, il remonta quand un chamois, laissant dans le Serre des Sagnes une trace samivelesque, lui montra la bonne direction. Nous découvrîmes alors notre cabane, son accès épique et sa source parcimonieuse. Poser le sac fut un grand moment. Au couchant, de la petite butte au-dessus de la cabane, la vue est grandiose sur le Mourre Froid et consorts mais aussi sur le vallon de la Bruyère dont il faudrait gagner le fond le lendemain matin avec une neige béton. Brr !

Nuit à la Cabane de la Barre.
Spartiate. Le pays ne respire pas l'opulence. D'ailleurs, selon les locaux, « on y trait les marmottes pour faire des fromages ». Ma diététicienne n'a pas su me préciser les qualités nutritives de la chose, alors on s'est abstenu. En compensation, Valentine avait apporté les orangettes et moi les loukoums. Je ne sais pas si la Cabane de la Barre et ses souris ont déjà vu passer de telles délicatesses.

Montée aux Lauzes Rousses par Prafoura.
La descente en biais sur le vallon de la Bruyère se passa bien. Aucune de nous ne s'est retrouvée au fond du torrent, torrent qui eut le bon goût de conserver un pont de neige (un seul) pour nous permettre de passer en rive D. Ensuite, commença un merveilleux cheminement jusqu'à la crête où nous croisâmes un couple venant en sens inverse (seuls humains croisés). Je ne parlerai pas de la descente dans le Fond de la Cabane. La griserie nous a d'ailleurs emportées jusqu'au dessus du lac Fangeat d'où on a pris le chemin de Dormillouse par le sentier inférieur.

Nuit à Dormillouse.
Cosy. Super accueil. Repas gastronomique. Chambres coquettes. A recommander.

Montée au col de Freissinières.
Un bijou. Qu'il faut aborder au petit matin.
Car l'heure bénie du Champsaur c'est l'aube d'un matin clair, quand les dernières pensées grises se dissolvent dans les ultimes brumes de la nuit, quand l'eau vive s'est figée en glace, quand les âmes de la nuit s'effarouchent de l'inquiétante lumière, quand l'angoisse des êtres du jour se dissipe dans le soulagement de l'aurore. Alors, la rouille des hameaux adoucit le cobalt du ciel et la demi-lune parfaite s'efface devant le soleil triomphant.
Cheminer un si long vallon est une méditation. Allez-y, vous ne le regretterez pas. La sortie au col nécessite un reste d'énergie et la facile descente sur les pistes d'Orcières vous réintroduit en douceur, mais avec consternation, dans le monde des humains.

Grand merci à Philippe pour l'idée (et le taxi !) et à Valentine pour sa si agréable compagnie.


Commentaires

» Par jpc, le jeudi 20 avril 2017 à 07:56

Cette montée à la Cabane de la Barre me rappelle la débâcle de Russie en 1812?13? (certes on n'avait pas les skis à porter mais le retour à la civilisation fut rude aussi.) Heureusement que le vallon de Chichon vous a fait voir ensuite la montagne en couleurs :wink:
Cela ne vous a pas tentées d'aller essayer le Tuba? (mais je soupçonne que l'enneigement était moins bon que là où vous êtes descendues ?)

» Par boucan, le jeudi 20 avril 2017 à 10:21

super reportage, merci les filles

» Par Laurent B..., le jeudi 20 avril 2017 à 11:51

Bravo pour ce tour!
Philippe m'avait dit que vous veniez lundi mais ne savait pas si c'était matin ou soir. Je pensais peut être vous croiser mais n'ai pas vu l'ombre d'un skieur lundi matin dans tout le secteur!
Même pas sûr que l'on se soit croisé sur la route (partis vers 14h30)!
Ce sera peut être pour une autre fois...!
Sinon est ce que je peux utiliser la photo 25 pour le topo de la sortie du 16/04?

» Par Khara, le jeudi 20 avril 2017 à 13:01

Très belle rando & brillant reportage donnant envie de suivre vos traces, bravo :)

» Par pilippe05, le jeudi 20 avril 2017 à 15:50

Bravo pour votre motivation et ce fut un grand plaisir de t'avoir aidé à planifier et à boucler ce tour !

» Par JulBont, le jeudi 20 avril 2017 à 20:35

Joli raid, en pleine sauvagerie dans le champsaur, ça fait rêver! :roll: Et reportage toujours aussi chouette, empli d'une belle inspiration...
Par contre niveau enneigement ça sent la fin... :(

» Par rhododendron, le vendredi 21 avril 2017 à 12:59

Merci Taramont.
Encore une jolie dissertation poétique là où tant d'autres n'auraient fait que maudire les aléas de l'enneigement.
C"est un bel hommage à ton pays de Coeur

» Par taramont, le vendredi 21 avril 2017 à 14:30

@jpc : la débâcle de Russie ? je ne peux pas me souvenir, j'étais encore un peu trop jeune ; le Tuba ? un instrument pour quand je serai grande :wink:
@boucan : de rien ! le silence était une vraie grâce :roll:
@laurent B : pas de pb pour la photo (la montagne ne m'appartient pas !) mais pourquoi la 25 ?
@Khara : n'hésitez pas à y aller : après la Chartreuse, c'est le plus beau pays du monde et, avec votre pointure, tous ces kms seront pure formalité
@pilippe05 : encore grand merci :) :)
@JulBont : ne rêvez pas, allez-y ! il y a du raide aussi là-bas - oui, pour des tours tels que celui-ci, c'est la fin mais la messe n'est pas encore dite en Champsaur (l'Aiguille d'Orcières p.ex est encore très bien enneigée)
@rhododendron : il n'y a rien à "maudire" au paradis :)

» Par pintor, le vendredi 21 avril 2017 à 22:43

J'admire cette langue de neige encore bien pendue, sans être trop pentue et je reste pente oie face à vous.

Je vous l'avoue, de vous à moi quel émoi ...
que de lire vos exploits :)

» Par Marco, le dimanche 23 avril 2017 à 10:45

Merci pour ce compte rendu.
Un voyage aux confins du Tadjikistan ne serait pas plus exotique. :wink:
La montagne sauvage existe encore, quitte à se cintrer les clavicules :OO:
Bonne fin de saison :cool:

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