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L'hélico est-il une remontée mécanique comme les autres?

Par Jean-Christophe Roumailhac, le samedi 12 Décembre 2009 à 10:37 :: Humeurs :: rss

L'hélicoptère est une machine volante merveilleuse qui a transformé le secours en montagne, permis de réaliser beaucoup de superbes images et ravitaille les refuges. Son utilisation commerciale a toujours été contestée en montagne... le coût élevée de ses heures de vol limite son utilisation.

Derrière l'utilisation de l'hélicoptère et surtout derrière sa marchandisation auprès d'une clientèle qui a les moyens de l'utiliser, semble apparaître une bonne vieille problématique de "lutte des classes".
Il y aurait d'un côté, le fier randonneur qui met en oeuvre de beaux, fiers et nobles efforts pour atteindre le sommet et de l'autre le vilain, riche et ignoble individu qui sort une poignée de billet (sûrement volés en spéculant...) pour acquitter son droit à fendre la poudreuse.

De mon côté, j'ai toujours été un adepte du "Earn your Turns" de Craig Dostie (Gagne tes virages). Et j'avoue penser souvent que l'hélicoptère n'est qu'une remontée mécanique comme les autres. Même s'il s'agit d'une remontée un peu plus privative.

Je ne suis pas un ange, j'ai appris à skier en toutes neiges grâce aux remontées mécaniques, mais depuis la généralisation de la neige artificielle, je me pose pas mal de question. Non seulement cette neige est coûteuse à produire, mais aussi à rendre skiable et elle est très coûteuse en ressource naturelle et énergies.

La rando semble donc plus propre, mais permet rarement d'utiliser des transport collectifs pour accéder aux départs de nos courses favorites. Et puis le matériel est parfois très souvent remplacé.

Je rêve de skis propres (le plus possible) et durables. J'ai toujours essayé de garder mes planches longtemps, de les faire durer en les entretenant et en évitant de les massacrer sur des cailloux.

Et cette année, j'ai recyclé en optant pour du matériel ancien, m'évitant d'avoir à acheter d'autres chaussures.

Être responsable, c'est aussi faire durer le matériel et acheter moins, éviter les skis trop peu durables et les effets de mode alléchants.

Il est facile de hurler au loup en voyant passer un hélico rempli de skieurs, dont nous sommes souvent un peu jaloux car ils vont aller tracer sans fatigue, mais je suis persuadé qu'il est plus important de faire des efforts à notre petit niveau.
Et remettre certains progrès du matériel à leur juste niveau est parfois utile mais difficile quand on est passionné.

Post-Scriptum: je ne demande pas le retour aux douves de tonneaux.
J'aimerais bien que le débat reste courtois, je ne suis jamais monté dans un hélicoptère pour skier ou raccourcir une approche en montagne, même si on me l'a déjà proposé ou offert. C'est un choix éthique... mais je comprends les raisons qui poussent des skieurs ou montagnards professionnels à utiliser cet "outil de travail", comme la loi le leur permet.

Je viens de lire l'article de l'Express sur Yvon Chouinard, son idée de veste durable me séduit beaucoup, vivement qu'il en soit de même pour des skis.

Commentaires

» Par cmanu, le dimanche 13 Décembre 2009 à 09:53

les refuges ont étés construits et ravitaillés avant les hélicos, donc si on veut on peut s'en passer.
hélico lutte des classes, d'accord. qui refuserait le vol si on lui offrait? pas grand monde!

» Par soket, le dimanche 13 Décembre 2009 à 10:06

tu m'en offre 1 je dis oui, comme beaucoup de monde je pense.
mais tu m'en offre un tous les week-end, je pense sincèrement que je refuserai : en effet, comme dit Jean-Christophe Roumailhac, une descente ça se mérite; et de toute façon, une descente s'apprécie d'autant plus que les efforts ont étés importants pour l'obtenir (valable pour le VTT et autres sports aussi).

» Par Nils, le dimanche 13 Décembre 2009 à 12:07

ok pour l"hélico = lutte des classe, j'en ferai bien UNE fois, pas 50 non plus.
mais hélico veut surtout dire : je fais chier tout le monde avec le bruit, la pollution... hommes comme chamois. et cela sous entend souvent aussi "skieurs inconscients" qui s'engagent dans une pente (en poudre sinon il ne seraient pas venu la ce jour) sans savoir les conditions du terrain et mettant en péril la sécurité d'autrui...

» Par cmanu, le dimanche 13 Décembre 2009 à 12:15

ils prennent pas l'hélico pour te faire chier, ils le prennent pour pas se faire chier eux, à atteindre un lieux ou ils n'iraient jamais sans l'hélico. on peut rèver, peut être que certain evolue et s'inscrive sur skitour?

» Par veve73, le dimanche 13 Décembre 2009 à 12:43

merci à Jean-Christophe Roumailhac pour cette petite réflexion .

certes il faut être critique envers certaines pratiques (héliportage) sans pour autant perdre tout sens critique pour notre propre activité (rando) .

méditer, méditer .............................. c'est peut-être le début de la sagesse .

» Par mou du genou, le dimanche 13 Décembre 2009 à 16:54

j'ai pratiqué de l'héliski (et j'en referais) et je dois dire que l'impact de cette activité est moins importante qu'une station de ski (j'y vais et y retournerais)

il faut etre clair, y a pas pire qu'une station de ski en terme de nuisances!!!
helico, dameuses, scooter, resto, remontees, amenagement des pistes (ete) et j'en passe...

le lobby des stations francaises cherchent à interdire l'heliski en europe pour y fourrer des stations sur ces lieux ainsi degager d'un conccurrent pas si polluant qu'on le dit....

et la qui va l'avoir dans le cul: les randonneurs!!!
randonneurs qui en italie ne sont pas tant déchainé contre l'heliski comme on peut le voir ici
(j'ai discuté avec eux)

» Par Jeroen, le dimanche 13 Décembre 2009 à 21:20

Deux derniers messages supprimés, car peu constructifs...

mou du genou (tout un programme ce pseudo, peut être pas idéal d'ailleurs si tu veux ouvrir la discussion),
tu dis "il faut etre clair, y a pas pire qu'une station de ski en terme de nuisances!!!". Bien d'accord oui, mais il faut peut être ramener ça au nombre d'utilisateurs non ? L'Hélico, c'est pas 3600 personnes par heure...

» Par squal, le dimanche 13 Décembre 2009 à 21:58

J'aime beaucoup le recul et la réflexion de ce post Jean-Christophe.
Le problème soulevé est surtout le problème de la finalité de nos activités. Comme tu le dis, le skieur de rando n'est pas tout propre ne serait-ce que pour arriver au départ de la rando. Mais il en va de même pour tout utilisateur de remontées mécaniques ou de l'hélico.
Personnellement moi si on m'offrait de l'héliski, ben je ne pense pas que j'y irai... J'aurai vraiment le sentiment de ne pas avoir mérité ma récompense. Je l'ai eu fait en VTT avec de rares manip et paradoxalement j'ai pas apprécié les descentes par rapport à celles faites après une bonne bavante...

Dire que l'hélico pollue moins que les stations, pourquoi pas (?!?), mais je veux bien voir des chiffres comparatifs de la pollution engendrée par rapport au nombre de personnes transportées pour ces 2 activités. Et surtout le problème c'est qu'inexorablement les stations continueront à tourner et donc la pollution des hélicos ne fera que se sur-ajouter à celle déjà existante des stations. Donc la comparaison n'apporte rien car on ne remplace pas l'un par l'autre, mais on les additionne !

Bref quel plaisir de hold-uper une pente de "haute montagne" sans avoir respecté le moyen (philosophique) d'y accéder.

PS : Pour ceux qui voudraient un exemple de ballets d'hélico, je vous laisse faire un tour à la Réunion et vous balader dans le superbe cirque de Mafate. Quel plaisir de voir les bourdons vous tourner autour de la tête toute la matinée sans discontinuer.... :ill: . Ok ça fait vivre des gars. Enfin c'est de loin les moins malheureux de l'île à 250€ par personnes dans l'hélico donc 1000€ le tour car les appareils sont toujours pleins ! Et tout ça pourquoi ? Car c'est dur de marcher alors qu'on peut faire le tour en 30 minutes de l'île et ensuite aller dorer sur la plage sans se fatiguer...

» Par mou du genou, le dimanche 13 Décembre 2009 à 22:28

a jeoren:
la nature s'en fout de la pollution ramenée à la personne. ce qui compte; c'est la pollution globale et à 3600 gus à l'heure (et surtout ce qu'il faut faire avant pour y arriver) ca fait trop pour dame nature!!!

l'impact de 50 gus en helico est inférieur à 50000 mecs + remontées sur une vallée, faut pas se leurrer

l'heliski est un faux probleme, ou plutot orienté par le lobby des stations pour s'implanter ailleurs..

si on raisonne pollution globale, la rando est la moins pire, suivi de l'heliski (cher donc peu developpé et super encadre) et pour finir les stations....

donc oui, je suis contre l'heliski mais aussi contre les stations....
donc je prefere le statuquo de l'heliski dans certaines zones limitées en terme de lieux de déposes et de temps de rotations pour eviter que ces lieux deviennent des stations...

» Par Etienne -H-, le dimanche 13 Décembre 2009 à 22:50

Mou du genou: d'où sors-tu que les stations seraient contre l'héliski? Au contraire, l'héliski fait très joli sur leurs plaquettes.

» Par Mic'hel, le mardi 15 Décembre 2009 à 09:55

"Il est facile de hurler au loup en voyant passer un hélico rempli de skieurs, dont nous sommes souvent un peu jaloux car ils vont aller tracer sans fatigue, mais je suis persuadé qu'il est plus important de faire des efforts à notre petit niveau."

c'est vraiment n'importe quoi, ce genre de reflexion...

1. l'utilisation du "nous" pour exprimer une expression personnelle est généralement utilisée pour masquer une faiblesse argumentaire.
2. le sempiternel (et pathétique) pseudo-argument de la jalousie... Ben non, on peut hurler au loup contre l'hélici sans être "jaloux" le moins du monde. Mais bon, apparemment, c'est trop difficile à comprendre pour certains.

Hormis le cout en carburant par personne totalement anachronique dnas une société qui manquera bientôt de pétrole, je fais souvent le parallèle entre les nuisances de l'hélico et celles des fumeurs.

Un fumeur dérange le non-fumeur par la fumée qu'il expire. Le non-fumeur ne dérange pas le fumeur avec l'air qu'il expire de ses poumons.
L'heliskieur fait ch... le randonneur avec le bruit de l'helico alors que le randonneur ne derange pas l'héliskieur.

Evidemment, pour comprendre ça, il faut avoir un minimum de savoir-vivre et ça, c'est déjà trop pour les tocards en héliski.

» Par Ricil, le mardi 15 Décembre 2009 à 17:31

Mic'hel a tout dit : le respect d'autrui et de la nature. Que semblent ignorer les héliskieurs...

» Par Jean-Christophe Roumailhac, le mardi 15 Décembre 2009 à 21:27

Merci pour cette remarque et vive les vigoureux débats qui nous enrichissent.

Je serais curieux de savoir comment Mic'hel qualifierai un héliskieur fumeur de cigares...

Je n'ai aucune prétention en matière de rigueur argumentaire, je souhaitais partager ces quelques lignes sur une nécessaire réflexion sur notre petit impact de randonneurs, sur l'importance de la durabilité du matériel, sur la problématique de l'énergie grise liée à notre activité.

Je n'ai pas envie d'acheter des skis ou des vêtements fabriqués en Chine et je préfère privilégier des skis fabriqués dans nos montagnes, qui dureront longtemps.

Je pense qu'il pourrait être intéressant que nous ayons une attitude encore plus exemplaire en tant qu'amoureux des cimes.

C'est aussi la raison pour laquelle je n'ai jamais pratiqué l'héliski et que je fréquente quasiment jamais les stations.

Je ne traiterai jamais un héliskieur de "tocard", mais j'essayerai plutôt de lui faire prendre goût à la rando, de lui proposer une alternative, je préfère partager, donner, offrir et éviter toute forme de fondamentalisme... mais peut-être ne suis-je qu'un intégriste de l'optimisme et de la naïveté.

Cela me paraît être une juste manière d'associer respect d'autrui et de la nature, sans emportement, ni éructation.

Vous trouverez une définition de l'énergie grise dans ce document pdf

» Par laloz, le mardi 15 Décembre 2009 à 23:06

"Earn your turns" c'est un peu le "Do it yourself" des punks !!!

» Par Pïerre, le mercredi 16 Décembre 2009 à 08:16

Un gars qui fait de l'héliski une fois par an mais se déplace en train, ne prends jamais l'avion, garde son matos 15 ans, ne bouffe jamais de viande, vit dans un immeuble HQE aura certainement des leçons à donner au randonneur moyen.

Mais ce phénomène n'existe-t-il pas que dans la tête des défenseurs d'une activité qui symboliquement représente le summum du mépris de l'environnement et des autres et ce à quoi on doit définitivement tourner le dos ?

Le termes employés Mic'hel me semblent au contraire tout à fait appropriés

» Par Laurent Bernardet, le mercredi 16 Décembre 2009 à 21:01

Mich'el, j'ai déjà remarqué que tu n'avais pas la langue dans ta poche sur les Forums... ça dégaine sec !
En tout cas entièrement d'accord sur tes propos du jour. Quand les gars qui font de l'heliski disent qu'ils font un hold up sur un sommet, c'est 100% le cas. Non seulement ils s'approprient quelque chose qui ne leur appartient pas, mais en plus n'ont pas de mérite. Cela sans même aborder l'aspect pollution sonore ou conso de carburant...

Celui qui fait de la rando évolue au contraire dans le respect de la montagne (enfin j'espère que c'est le cas pour la plupart), il mérite sa descente par cela (et par son ascension) . Je dis la plupart car faut bien avouer que c'est pas le cas de tous (déjà vu des randonneurs skiant en pleine zone de protection des tetras lyre par exemple).

Quand aux stations de ski, je pense qu'elles sont un mal nécessaire (économie+emploi). Mais leur évolution est très inquiétante, par la volonté délibérée d'agrandir les domaines à tout prix et de les relier, par l'utilisation massive de l'enneigement artificiel, par le remaniement des pistes au bulldozer devenu une généralité, par un accès de plus en plus élitiste par les prix des séjours ou forfaits...

» Par Gummibärli, le mercredi 06 Janvier 2010 à 19:51

Le plus difficile est de rester conséquent dans ses actes et ses choix : monter à ski et ne pas rechigner sur un bière à l'arrivée au refuge me semble déjà limite (les boissons gazeuses représentent env 80-90% en poids du ravitaillement de certains refuges).
Et pour moi qui n'ai pas de voiture, la distinction entre hélicoptère et voiture n'est pas aussi net que pour certains : dans un cas, seule une partie de l'ascenscion est effectuée avec un moyen motorisé indivduel, alors que dans l'autre, la c'est juste la totalité.

» Par Bianchi, le dimanche 10 Janvier 2010 à 12:10

L'hélico ( utilisé pour son propre "plaisir" ) permet d'aller " ad libitum" ( polluer, déranger, laisser ses déchets, décibels et gaz d'échappement ) en tous lieux en montagne, c'est à dire que - si la liberté était totale - plus aucun endroit à l'abri de ce qui est arrivé avec les stations, y compris les plus à l'écart.
n'y a t il pas dans les Alpes assez de pression ( immobilière, touristique, routière ... ) pour en rajouter de façon aussi insidieuse et "contre nature"
et toujours le même argument : puisque d'autres polluent et détruisent encore plus que moi, pourquoi me gênerai je ??

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