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Longue marche : I. Traverser l'Anatolie Bernard OLLIVIER

Longue marche : II. Vers Samarcande Bernard OLLIVIER

Longue marche : III. Le vent des steppes Bernard OLLIVIER

Partir seul

Par squal, le samedi 01 Octobre 2005 Ă  15:37 :: NĂ©pal :: rss

C'est un choix qui doit susciter diverses réactions en fonction des caractÚres. Qu'est-ce qui m'a donc "poussé" à prendre cette décision ? Plusieurs facteurs m'ont décidé :
Etant plus "jeune", je rĂȘvais de partir entre amis pour passer de super moments. J'ai eu des expĂ©riences plus ou moins concluantes. Souvent j'ai partagĂ© des moments forts et renforcĂ© des amitiĂ©s, mais parfois je suis revenu déçu ou plutĂŽt contrariĂ©... Pourtant je ne pense pas ĂȘtre un gars invivable (sans prĂ©tention). Je suis plutĂŽt du genre "Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil", ne nous prenons pas la tĂȘte pour des conneries. Mais mĂȘme avec cette philosophie que j'essayais d'appliquer, je suis revenu non pas fĂąchĂ© mais avec un besoin de faire un break et un sentiment de frustration de n'avoir pu profiter pleinement...
Ensuite j'aspirais à voyager avec ma "perle rare" (sans notion de propriété ;-).). Le temps passant je me dis qu'il vaut mieux vivre le moment présent et quand je l'aurais trouvée continuer avec elle.
Arrive mon escapade Ă  la RĂ©union ce printemps. J'ai dĂ©cidĂ© de randonner seul tout en ayant des connaissances et quelques points de chute... Et lĂ  ! RĂ©vĂ©lation. Quel bonheur de se retrouver immergĂ© dans un milieu inconnu et vivre Ă  son rythme. Celui des rencontres au grĂ© du chemin, du partage avec des "inconnus" et la communion avec l'environnement... OK la RĂ©union, j'ai pas trop pris de risques. On parle français et la culture est relativement Ă©quivalente. C'Ă©tait tout de mĂȘme une bonne mise en bouche. Au retour je pensais dĂ©jĂ  Ă  repartir...
Et enfin certainement le facteur dĂ©clenchant ! C'est la lecture du rĂ©cit de Bernard OLLIVIER : "Longue marche" qui m'a dĂ©cidĂ©. Ce rĂ©cit en 3 tomes (900 pages !!) est un pur moment de bonheur pour moi. Bernard OLLIVIER nous retransmet sa passion du voyage seul Ă  pied et surtout son recul sur cette expĂ©rience fabuleuse. Il permet de faire le point sur nous mĂȘme. En effet quand on est seul, on est obligĂ© de s'ouvrir aux autres de s'adapter au milieu. Superbe Ă©cole de tolĂ©rance et d'ouverture d'esprit. A partir de lĂ  on se rend compte de la richesse humaine... Rien que pour ça je signe ! Si on voyage Ă  plusieurs, il est facile de s'enfermer sur son groupe Ă  la moindre difficultĂ© et on passe Ă  cĂŽtĂ© de rencontres fabuleuses.

Finalement le voyage seul, n'est plus Ă  mes yeux un choix Ă©goĂŻste de ne pas vouloir vivre la contrainte de l'autre, mais simplement une aventure humaine qui va m'Ă©clairer sur moi et ma relation avec l'autre. Je cherche peut-ĂȘtre ce manque d'humanitĂ© qui fait parfois cruellement dĂ©faut dans notre sociĂ©tĂ© (dont je suis responsable comme nous tous sĂ»rement). Ce manque de simplicitĂ© dans les rapports humains. D'accord certains diront que je fais de bien beau discours... que je fais une leçon de morale... Loin de moi cette intention, j'ai simplement envie d'analyser ce besoin qui me travaille. Je ne cherche pas une rĂ©ponse, seulement prendre du recul face Ă  une vie que j'ai l'impression de subir parfois...

Pour mes proches : Je ne remets pas en cause mes relations avec vous ! Je ne suis en aucun cas désespéré... Bien au contraire, j'ai envie de croquer la vie à pleine dents et de revenir avec encore plus d'énergie.

Bon maintenant il ne reste plus qu'à boucler les sacs, départ demain pour Paris et envol lundi matin pour Katmandou.

A MOI LA BELLE VIE...

Commentaires

» Par Jeroen, le samedi 01 Octobre 2005 Ă  18:02

Et une page, une !
Il t'en reste 899 pur publier ;o)

Randonner seul faut le vouloir et ĂȘtre motivĂ©, j'ai pas d'expĂ©rience dans ce domaine mais ça doit pas ĂȘtre facile tout le temps car mĂȘme si tu rencontre du monde, t'es souvent seul avec toi mĂȘme. J'aurais un peu peur de m'ennuyer et de manquer de motivation. Enfin, je pense quand mĂȘme que c'est Ă  vivre au moins une fois. Et toi c'est demain. Profites.

» Par squal, le samedi 01 Octobre 2005 Ă  20:03

Pour info, je ne fais pas le trek seul ! En effet pour l'ascencion de l'Island peak je passe par une agence locale (Le mythe tombe !). Sinon le reste de mon sĂ©jour je suis seul. C'est Ă  dire pour la partie dĂ©couverte culturelle du NĂ©pal. Peut-ĂȘtre avec l'expĂ©rience j'y retournerai seul pour randonner, mais pas pour attaquer un sommet technique Ă  haute altitude. Ce serait point raisonnable.

» Par Mattiou, le dimanche 02 Octobre 2005 Ă  20:40

Salut Squal

C'est marrant, tes qq lignes me ramenent un an en arriÚre, nous étions en plein préparatifs pour le grand départ, le Népal avec au programme le Mustang, le sanctuaire des Annapurnas et un but au Tharpu chuli... un voyage inoubliable!!!

Nous on est partis Ă  2 et Ă©galement avec une agence locale (pour faire un sommet, t'as quasiment pas le choix, impossible de tout porter soi mĂȘme sans pourrir ta pĂ©riode d'acclimatation) et des solitaires, t'en croiseras et tu pourras mĂȘme faire de belles rencontres comme Ta (israĂ©lien) et Moe (anglais) qui se sont rencontrĂ©s sur le chemin du sanctuaire et ne se sont plus quittĂ©s jusqu'au camp de base de l'annapurna, on a fĂȘtĂ© les 30 ans de Moe sous la face sud, il avait emmenĂ© la vodka et les cahouĂštes de Londres!!! Un grand moment!

A toi de profiter de ceux qui s'annoncent veinard!

Matt

» Par sandrine, le lundi 03 Octobre 2005 Ă  12:20

bon et bien la tout est dit.....j aurais pu ecrire mot pour mot ce que tu viens de dire....
la seule difference cest que ca fait quelques annees de plus que toi que j ai pris la decision de partir seule....
et tu verras tu reviendras different et encore + ouvert a chaque voyage....

» Par zigual, le lundi 20 Aout 2007 Ă  15:46

Merci pour ce récit, je crois qu'il va me faire grandement réfléchir sur mes motivations de partir seule.

Actuellement, je vois cela plutÎt comme ça chez moi : je suis d'abord de nature plutÎt solitaire, mais en plus ça me permet de profiter pleinement de ces moments inoubliables, seule face à la montagne. J'essaie malgré tout de me gérer car trop de liberté tue la liberté, et passer des bons moments avec ses proches est aussi un fait unique.

ça me fait voir un autre point de vue auquel je n'avais penser, et en y rĂ©flĂ©chissant bien, c'est pas faux du tout, mĂȘme chez moi qui aime ĂȘtre seule.

» Par samuel, le lundi 03 Aout 2009 Ă  22:56

j'ai lu le bouquin que tu cites, j'ai pas été emballé. Pour la littérature de voyage je préfÚre Sylvain Teysson, et bien sûr Nicolas Bouvier. Pour galvaniser le randonneur solitaire, y a pas mieux.
Sinon pour le principe de la randonnĂ©e en solitaire - que je m'applique Ă  moi mĂȘme de plus en plus - je souscris tout Ă  fait. C'est ue solution courageuse, payante et surtout bien plus pratique ! J'ai quasi-renoncĂ© Ă  randonner en groupe pour trois raisons : 1) je sais pas comment vous faites pour trouver des compagnons de rando tolĂ©rables, qui accĂštent dĂ©jĂ  de marcher, ensuite de marcher Ă  peu prĂšs Ă  votre rythme, 2) qui ne soient pas chiants et c'est toujours un risque Ă  prendre que de se coltiner le, la ou les lourdeaux de service 3) je sais pas trĂšs bien, mais seulement deux points ça me paraissait court comme argumentation.
En tout cas, marcher seul, camper seul, se parler Ă  soi tout seul, mĂȘme si ça fait un peu autiste, c'est trĂšs reposant. On se rend compte, une fois passĂ©es les pudeurs conformistes (bouh ! le rĂ©prouvĂ© !) que la pollution n'est pas qu'atmosphĂ©rique, qu'elle n'est pas qu'urbaine, que c'est aussi votre meilleur copain qui vous bassinne sans que vous vous en rendiez compte, que c'est aussi votre girlfriend chĂ©rie que vous aimez tant mais qui vous saoĂ»le tout de mĂȘme un peu.
Donc voilà, je suis trÚs exigent ou alors trÚs associal, mais je pars tout seul : le Jura le week -end dernier (ça va, j'y vais progressivement !), les pyrénées fin août et l'anti-atlas en octobre-novembre (inch allah)
Deux questions ouvertes : 1) Ă  quels dangers matĂ©riels rĂ©els s'expose-t-on ? Et comment faire Ă  l'Ă©tranger, lĂ  oĂč il n'y a pas de cartes, ou trop approximatives, et oĂč la coutume ( que j'excecre !) qu'on parte avec le guide, le cuisinier, les porteur et la chaise Ă  porteur (j'exagĂšre Ă  peine ) ?

» Par squal, le lundi 03 Aout 2009 Ă  23:48

Salut Samuel !

DĂ©jĂ  merci pour ton message.

Je réponds pas point par point, mais juste sur les plus importants je pense maintenant avec le recul.

Pour les livres de Bernard Ollivier, c'était plus l'état d'esprit général qui me plaisait au premier abord. Contrairement à d'autres qui font un voyage puis fini reviennent à leur train train, la démarche est différente chez lui. Mais c'est clair que d'autres ont vécu et retranscrit ça sûrement mieux ou différement. En fait je pense qu'on se projette en lisant et donc ça dépend beaucoup de ce que l'on recherche.

Au sujet de la solitude, aujourd'hui avec du recul je ne dirai pas que j'en suis revenu, mais j'ai un peu changĂ© d'angle de vue. J'adore toujours autant les moments de solitude, mais je me suis rendu compte que je fuyais plus une situation dans laquelle je n'Ă©tais pas bien. Un sentiment d'ĂȘtre Ă©touffĂ© et ne pas vivre les choses. Par contre j'ai rencontrĂ© aussi pas mal de personnes gĂ©niales qui m'ont apportĂ© beaucoup et avec qui j'ai partagĂ©. Alors je dirai plus que le problĂšme c'est de trouver les bonnes personnes. Je te rassure c'est pas toujours tout rose et ça nĂ©cessite par moment de la souplesse. Mais en comparaison des moments intenses que l'on partage c'est peu. Et puis partager des moments ça ne veut pas dire tout partager. Faut aussi savoir se retirer ou se voir moins frĂ©quemment quand on sent que ça devient "lourd". Sinon c'est le clash.

Pour les voyages seuls, tout dĂ©pend des contrĂ©es oĂč tu vas. Mais globalement tu croiseras toujours des routards (solitaires ou non) qui te fileront des infos prĂ©cieuses. Et tu verras que voyager seul ne veut pas dire rester seul dans le mutisme. Au contraire c'est s'ouvrir aux autres et partager. Contrairement Ă  ce que l'on pourrait penser, c'est un pur bonheur. D'autant plus intense quand c'est avec des Ă©trangers ne parlant pas la mĂȘme langue. Le regard, les gestes prennent plus de force et les quelques mots sont simples mais sans ambiguitĂ©.

Le tout est de se lancer. Je te laisse flùner sur le blog d'un ami qui n'avait jamais voyagé et à décidé un jour de tout lùcher et partir faire un tour du monde avec juste un billet pour Pékin. Commence bien le blog par les premiers billets. Tu verras l'évolution du personnage et comment il "évolue".

Seul il n'y a plus de contraintes, mais on retrouve vite le besoin de se partager et communiquer. C'est juste qu'on n'Ă©change pas les mĂȘmes choses. On vient chercher un peu la mĂȘme chose.

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