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Les arrĂŞts pour refaire le plein

La longue route

Wachiya ou bienvenu en cri

Ca y est on se rapproche

Le barda

Voilà c'est tout rangé

Le départ dans les chaloupes

Le raccourcis

Premiers pas sur la banquise.

Ambiance particulière

Moments magiques avec les chiens

Les zones de glace noire que l'on Ă©vite tant bien que mal

Premier camp sur Stag Island

Le rituel du feu de camp

Premier couché, on comprend mieux pourquoi ça prend du temps

Premier réveil sous le soleil

Les loups qui viennent nous rendre visite

Notre camp pour 3 jours. On a vu pire

Grand luxe pour le repas

Petite visite caresses

Les chiens sont pas mal ici

Mitche et son numéro de charme

Petite balade sur la banquise

Pendant ce temps ça chahute pour passer le temps

Lever de lune somptueux

Le doux réveil

Lever de soleil

Nouveau jour de pause, on s'occupe comme on peut Cooper

Nous on tente tout ce qu'on peut sur le feu

Ca force dur !

Puis ça joue. Une vraie vie de chien !

Session bûcheronnage

Dernier jour sur Stag, on visite le coin

Doivent pas être mal en été les indiens ici

Une des multiples sessions caresses. Mitche t'es une jalouse !

Le poêle version extérieure pour préparer la bouffe.

Bivouac sur Tent Island

On est pas mal ici aussi

Les chiens veillent

Coucher de soleil version Tent Island. C'est pas pire

Au matin, réveil tranquille

C'est reparti pour les grands espaces

GĂ©ant

Les chiens sont Ă  fond

Mon attelage au travail

L'attelage de Pascal

Rock au réveil après la nuit glaciale à côté de Draulette Island

Silver le colosse de l'attelage de Zigual

Allez je crois que c'est fini, on rembarque tout.

De bonnes têtes de vainqueurs à l'arrivée

La carte des zones dangereuses publiée le lendemain de notre départ. En couleurs notre itinéraire

De retour à Sainte Anne, Zigual a le privilège d'aller voir les petits nouveaux

Baie James : Wachiya (2/2)

Par squal, le dimanche 17 Avril 2011 Ă  22:16 :: Canada :: rss

Voilà enfin le récit du voyage. On s'était quitté sur la fin des préparatifs et le chargement des voitures. Désolé c'est un peu long, mais il y a tant à dire...
Sinon vous avez une version light de Zigual
Et pour les gros fainéants de la lecture il y a juste les photos

Mercredi 16 mars

3h30
Driiiiiing ! Le réveil sonne, c'est violent quand je regarde l'heure. Mais bon l'excitation est à son comble, c'est enfin le départ.

4h00
On se retrouve dans le chalet d'Erik et Pat pour un p'tit café et quelques tartines.
Puis c'est parti direction le chenil. Là c'est la folie. Les chiens sont excités comme jamais. Ils sentent bien que l'heure est anormale pour une visite. Je suis persuadé qu'ils savent que c'est le départ pour quelque chose de différent. Certains comme Max qui a déjà fait 7 fois le voyage savent bien ce que ça veut dire.

Pour éviter toute erreur de chien, c'est Pat qui nous donne les chiens aux cabanes et on les amène à Erik à la remorque où il faut les faire rentrer dans leur box individuel. Alors autant ils sont tout content quand on les prend, autant quand on arrive à la remorque, c'est plus du tout la même ferveur... Là limite ils freinent des 4 fers et tentent tout ce qui est possible pour ne pas rentrer dans la boîte. Ils savent que le voyage va être beau après, mais avant tout va falloir se taper un bon moment dans cette petite boîte. Désolé les chiens :oops: .

Le chargement est assez vite fait, mais c'est bien exténuant. On n'a même pas froid. Le plus dur est de voir la tête de ceux qui restent au chenil... Certains semblent indifférents car ils savent qu'ils ne peuvent plus aller en Baie (trop vieux, malades), mais d'autres semblent vraiment penauds de ne pas avoir été choisis. Dans leurs yeux, on arrive presque à lire : mais pourquoi pas moi !?!

5h00
Ca y est, on démarre. Dans la première voiture nous sommes 4. Erik, Vertige, Zigual et moi. Dans la seconde il y a Pat et Pascal qui lui tient compagnie. Et va falloir qu'ils soient forts ! En effet, petit souci non négligeable, nous montons 250kg de viande congelée pour les chiens. Comme il fait "chaud" et que dans la journée on risque même d'avoir des températures positives, il a fallut mettre la viande dans le Pick-up, mais dans l'habitacle ! Alors évidemment hors de question de mettre le chauffage et surtout il va falloir rouler les vitres ouvertes pour que la viande ne décongèle pas :ill: . 1000km avec les fenêtres ouvertes alors que la température est proche de 0°C, c'est vraiment inhumain. Bravo aux 2 d'avoir accepté de le faire. Mais pour les chiens on serait capables de beaucoup de choses, car eux en feront largement plus pour nous quand on sera sur la banquise.

La route va être longue. On dépasse difficilement les 80km/h. Les seules pauses sont pour refaire le plein... Car chargés comme on est, les consommations des véhicules s'envolent. Les pauses sont courtes car pour les chiens c'est loin d'être un plaisir, ça ressemble plus à un supplice qui rallonge le voyage.
L'arrivée à Matagami est assez rapide finalement. Ca doit être l'euphorie de la découverte :roll: . A partir de maintenant on rentre dans la zone indienne et on attaque la route de la Baie James. Soit 375km sur une route isolée comme ils disent ici. Et isolée prend son plein sens. Rien à l'horizon, ni une maison, ni une station service... Le grand vide. C'est assez fascinant pour nous, car en France on n'a pas du tout l'habitude de telles zones désertiques. Avec du recul c'est même limite flippant, car en cas de pépin, pas de téléphone qui passe ici, il faut juste attendre le passage de quelqu'un ! En plein hiver par -40°C il vaut mieux être bien équipé contre le froid.
Après 260km, oh surprise, une intersection. Tout droit c'est Radisson à 380km et à gauche c'est Waskagansih à 115km via une piste en gravelle. Voilà une dernière pause et c'est reparti pour la dernière ligne droite. On fini sous les bourrasques de neige, sur une route bien enneigée. Mais ça ne nous ralentit pas du tout. Le seul arrêt se fait à l'entrée de Waskaganish où on est obligés de s'arrêter au check point. Le gars nous demande notre nom et d'où on vient puis retourne dans sa cahute sans rien avoir noté... Bref ici on semble créer des emplois pour un peu tout et rien !

17h30
Allez c'est pas le tout, maintenant il faut sortir les chiens car eux sont aussi à bout. Le chalenge réside dans l'installation des stake-out. Ce sont les câbles auxquels on attache les chiens pour la nuit. Il faut trouver 2 points d'ancrages à bonne distance et bien tendre le câble. En théorie c'est facile, mais ici à Waskaganish, nous ne sommes pas dans les bois. Il va falloir faire avec ce que l'on trouve. Heureusement il y a quelques canots en hivernage et des amarres qui vont nous permettre de trouver tout juste notre bonheur.
Le second chalenge va résider d'une dans le fait de retrouver les bons chiens dans les bons box, les regrouper dans le bon attelage et surtout les placer à la bonne place à la stake-out pour éviter des coups de crocs.

Gros coup de stress car il ne faut pas lâcher les chiens, ne pas les croiser, il faut brasser dans quelques zones de neige bien meuble. Les chiens sont certes tout excités, mais surtout content de pouvoir enfin quitter cette maudite boîte. Une fois attachés ils sont "rassurés" et peuvent satisfaire quelques besoins naturels. Une fois tout le monde attaché, je fais une tournée de crotte pendant que Pat et Zigual préparent la viande et un peu d'eau pour les chiens.

18h45
Tout est bouclé, juste le temps de poser les affaires dans les chambres hors de prix (250€ l'une) et surtout à la tête du client semblerait-il (les indiens n'ont pas oublié le business), nous pouvons aller déguster un plat typiquement indien. Le Club sandwich !!! C'est très local :lol: . Une fois ce succulent repas avalé, on file dans les chambres une douche et dodo car demain c'est enfin LE GRAND JOUR. A noter que les 2 Pascals auront le droit à une bonne douche à l'eau froide dans leur superbe chambre à 250€. Pour le prix faut pas trop en demander :P .

Ouf la journée interminable est finie.

Jeudi 17 mars

RĂ©veil
Pas trop tard ce matin car il faut charger les traineaux et la moto-neige d'une part et puis Pat elle doit refaire la route en sens inverse aujourd'hui :ill: . Et dire qu'elle refera le mĂŞme trajet dans une semaine... Chapeau.

Le petit-déjeuner et préparatifs
Avant tout ça, le premier défi réside dans le fait de trouver un café car évidemment au motel, ils ne servent pas de petit-déjeuner avant 8h ! Nous voilà donc partis dans le village pour trouver LE café ouvert. Nous arrivons juste à l'ouverture et c'est la foule. Tous les gars qui travaillent viennent chercher leur café à emporter avant d'aller travailler. Nous on le prend sur place rapidement.
Allez maintenant on y va car il n'y pas que les chiens qui sont impatients. Je suis plus stressé qu'impatient. Bizarre hein ! Je suis encore un peu crispé car je n'ai fait qu'un seul départ et j'ai pas tout maîtrisé à fond. D'autant qu'aujourd'hui le départ est un poil en dévers et surtout on est rapidement sur de la glace vive... Et là, la conduite du traineau est plus capricieuse. Pour parfaire le tout, c'est moi qui ouvre le bal avec les chiens sur-vitaminés d'Erik. La seule chose qui me rassure, c'est que les traineaux sont bien chargés pour les 8 jours à venir, donc le départ devrait être moins explosif.

Habillage et attelage
Il est l'heure d'atteler et paradoxalement je trouve les chiens "plus calmes" qu'au chenil. Ils sont certes tout joyeux mais certains sont assis et attendent patiemment qu'on aille les chercher. Je suis un peu mal à l'aise avec Khan et Kely que je n'ai jamais attelé et qui sont 2 chiens très méfiants et/ou "peureux". Khan se laisse faire mais avec un grondement du genre : "T'es qui toi ? C'est pas toi qui doit m'habiller normalement !". Ensuite c'est Kely, alors là je suis plus déstabilisé, car elle est super trouillarde et reste toujours sur la défensive. Je connais la Miss et Erik m'a bien dit qu'il me tirerait son chapeau si j'arrivais à l'approcher sans qu'elle recule. Pour les 4 autres ça se passe bien. Wayne est juste bien électrique quand on le prend par le collier, Démone et Blues sont de vrais farceurs ils sautent/tournent dans tous les sens pendant qu'on essaye de les habiller. Et mon Sherman lui se couche genre je veux un câlin ! J'ai limite l'impression de me faire bizuter par les chiens. Ils me testent pour voir comment je réagis. Ils sont vraiment malins. Pour preuve, dès qu'Erik prononce le nom de Sherman, ce dernier se lève et se met dans la position idéal pour être habillé, sans bouger. Alors que 30 secondes avant quand je lui disais de se lever il me regardait en implorant la caresse.

Waskaganish -> Stag Island
Voilà maintenant les chiens sont attelés, j'ai la main sur le largueur et attends qu'Erik me fasse signe pour partir. Je suis pendant un moment tétanisé et ne percute pas au premier signe d'Erik. Puis enfin je connecte, j'ai le cœur qui bat la chamade car le départ me stresse plus que tout... (Je sais Erik, faut pas que je stresse :oops: , c'est là qu'on fait des conneries).
Allez c'est parti, le dévers passe bien, reste le passage sur la glace vive... Ouh purée ! Ca part de travers et je tente de corriger tant bien que mal la trajectoire en freinant légèrement. Ca y est c'est passé ! Je suis derrière Erik qui me demande de stopper. C'est dur car les chiens sont à fond, mais j'y arrive. En fait on stoppe car le dernier attelage (celui de Vertige) part pas du tout dans la bonne direction. Tess et Rupert les chiens de tête sont "perdus". Heureusement Pat est là, elle remet rapidement tout le monde dans le bon sens, maintenant enfin on part pour de bon.

On commence par traverser la rivière Rupert pour rejoindre un bras de terre qui nous sépare de la banquise. C'est une trail de motoneige, alors c'est assez droit et les chiens filent à toute vitesse. Pour l'instant j'ai du mal à encourager les chiens tout comme patiner pour les aider. En même temps ils doivent courir à 18km/h alors je vois pas ce que je peux faire :roll: . D'un coup la trace devient plus "joueuse", c'est une succession de petites courbes opposées qui si on ne reste pas vigilant ont vite fait de nous faire partir en vrille. Et bien évidemment, je frise la correctionnelle dans un pif paf. Je vais un peu trop vite, alors je freine. Mais freiner juste avant le virage me fait prendre la corde de celui-ci, donc je relâche le frein pour ne pas verser le traineau. Seconde erreur, car je reprends de la vitesse et me retrouve à tirer droit sur la corde du second virage et là j'escalade la bordure de neige intérieure. Je me retrouve méchamment en vrac sur un patin avec les chiens qui tirent comme des malades. Bref grand moment de solitude :ill: . Heureusement quelques réflexes d'équilibre (certainement venant du VTT) me permettent de récupérer le coup. Ouf je respire, mais une chose est sûre, je serre tellement le traineau avec les mains qu'on ne risque pas de me le voler :P . Ca y est, on retrouve Erik qui nous attend. Nous avons fini la traversée, la banquise s'offre à nous.

Wahou ! Quel moment superbe. Le paysage est fascinant, dans un premier temps j'ai l'impression de voir un glacier immense. Puis en voyant les îles on réalise que c'est la mer qui est devant nous. On a l'impression de regarder une photo de la mer figée. Les vagues semblent stoppées en plein mouvement. Je m'imaginais quelques chose d'assez plat, un peu comme un lac. En fait c'est un gros chaos de bloc de glaces avec des zones qui elles sont plates.

Passé ce moment de découverte et d'admiration, je me tourne vers Erik. Là je semble percevoir que quelque chose le tracasse... Je ne saisis pas trop pourquoi et me dit que c'est l'accès à la banquise qui lui pose problème. Les chiens sont à peine arrêtés qu'ils piaffent déjà. Alors on ne traîne pas et prenons pied sur la glace. Erik part droit sans trop se poser de questions. Je suis en me faisant bien secouer pour passer les premiers blocs puis c'est une zone de glace vive où c'est bien chaud pour contrôler le traineau et une zone "marécageuse" où on barbote dans 20cm d'eau. Sur la glace il faut freiner le traîneau pour qu'il ne fuse pas et rentre dans les chiens, mais pas trop non plus pour que les chiens se cassent la figure sur la glace. Pfiou, premier contact avec la banquise assez musclé.

Avec toutes ces émotions, je n'ai même pas eu le temps de regarder ma Zitoune derrière et surtout je n'ai quasiment pas parlé à mes chiens. Alors je les félicite tous et maintenant patine régulièrement pour les aider. Je vois que ça les relance. Il bondissent dans leur harnais. Je parle à Khan et lui donne les directions à suivre. Enfin je pense qu'il n'en a pas trop besoin car il est vraiment très attentionné et suit tout seul la trace de la moto-neige. Ce n'est donc pas très utile de lui donner les indications, mais le principal c'est de nouer le contact avec les chiens et les habituer à ma voix. Le coup de stress est enfin passé, je suis plus détendu, j'arrive à anticiper les difficultés et sans cesse je félicite mes chiens.
Une île est en vue et je vois qu'Erik la vise. Je suis surpris car je me dis : Déjà ! J'ai l'impression d'être parti il n'y a pas longtemps. Erik s'arrête et commence à tirer à droite. Je me dis qu'il cherche un passage simple, mais je vois bien que quelque chose le tracasse. Je vois qu'il cherche à éviter des zones de glace vive et noire. Je pense qu'il cherche des zones de glace avec neige dessus pour que les chiens soient plus à l'aise. Nous tirons vraiment à droite et même pendant un moment nous faisons quasiment marche arrière. Là je me dis qu'il y a vraiment quelque chose qui cloche... Je me rend compte que communiquer sur les traineaux n'est pas simple, mais nous faisons confiance à 100% à Erik. D'un coup Erik pique à gauche et met les gaz. Il file plein N. Les chiens bondissent dans les harnais, enfin ça semble meilleur. Plus de glace noire et moins de pack (chaos de glace). Tout va à merveille avec les chiens. Puis d'un coup Khan stoppe net en s'asseyant !!! Je ne comprends pas ce qui arrive et lui demande de repartir. Il se relève, mais stoppe direct. Je suis désemparé. Je ne comprends pas ce qui se passe... Je panique et Erik est loin devant. Putain quel moment de solitude. Et dans ce cas là je ne sais pas pourquoi, mais on devient vraiment con. Je suis là comme un idiot à ne pas bouger car j'ai peur de lâcher le traineau et de voir les chiens filer. Zigual stoppée derrière me dit de coucher le traineau, planter l'ancre et d'aller voir. Mais je n'ose pas car je suis sur de la glace donc l'ancre ne se plantera pas bien et je ne veux pas coucher le traineau car il est plein et j'ai retenu (bêtement) que si on couchait un traineau plein on risquait de le casser !!! Donc comme un naze je n'arrive pas à me décider. Dès que je lâche un peu le traineau, les chiens tirent tous sauf Khan. Je cours au carnage si je les tasse (surtout que Démone est derrière Wayne et il ne faut surtout pas les tasser ces 2 là). Aïe aïe aïe ! Là je vois que mon manque d'expérience et ma bêtise sont un gros soucis et je fous la merde. Je suis soulagé quand je vois Erik revenir (mais je sais que je vais me faire "engueuler"). Logiquement il m'engueule et j'avoue que je le mérite. En fait la ligne de queue de Khan lui est simplement passé entre les pattes arrière ! Erik fulmine devant ma bêtise, moi je me sens vraiment nul et suis super désolé d'avoir réagit aussi stupidement.
Nous repartons et je m'applique encore plus et parle beaucoup aux chiens. Nous évitons l'île (Stag Rock) que nous visions tout à l'heure et filons vers une île bien plus grosse. Erik est loin devant et nous fait une trace aux petits oignons. Nous arrivons sur l'île (Stag Island) et je suis vidé. J'ai mal de partout tellement j'étais cramponné au traineau et tellement je me suis fait remuer dans le pack. De plus je suis super gêné pour l'histoire de Khan. Je ne me sens vraiment pas à la hauteur par rapport aux autres...

Installation du camp
Maintenant que nous sommes arrivés il faut attaquer le rituel qui va être journalier pendant les 7 jours qui viennent. Je suis le premier du groupe et mes chiens se gardent tout seul. Je donne donc un coup de main à Erik pour installer les stake-out (câbles pour accrocher les chiens au camp) et m'excuse pour ma connerie. Il me dit que c'est passé et que pour l'instant on a d'autre choses à faire. Il faut trouver 2 point d'attache à bonne distance et nouer la stake pour qu'elle soit bien tendue. C'est le moment de voir si j'ai bien retenu les leçons d'Erik. Je dois me racheter. Je pose une stake pendant qu'Erik pose l'autre. Les noeuds bien vérifiés, j'installe mes chiens et aide Alizé à installer les siens. Pendant ce temps Erik installe les 2 dernières stake-out de Pascal et Vertige puis nous installons les chiens.

Ouf ça y est les chiens sont installés, nous pouvons souffler 2 minutes. Il fait encore bon mais nous devons installer le camp. Nous sommes un peu perdus et ne savons trop par quoi commencer. De vraies guenilles !!! Erik nous secoue et nous dit de monter la tente. Nous nous y mettons à 4, mais bon l'efficacité n'est pas là. Ça se fait, nous avons quelque chose de potable, mais pas optimum et nous avons pris beaucoup de temps. Heureusement pendant ce temps Erik nous a fait le bois, reste juste à fendre les bûches. Le montage du camp, nourrir les chiens, la préparation du repas du soir et de l'eau nous prennent beaucoup de temps et nous mangeons à plus de 20h !!! C'est bien trop tard. Erik nous secoue à nouveau et nous explique que ça ne va pas et qu'il va falloir être plus efficaces et très rapidement, sinon ça va coincer.

Nous avalons le repas bien au chaud sous la tente grâce au poêle. C'est le super luxe d'avoir ce poêle avec nous. Il va vraiment nous rendre la vie belle. Rien que de savoir que le soir on mangera au chaud, le raid prend une autre dimension. Seule dernière interrogation, c'est la nuit et la température qu'il va faire... Le repas, cuit en partie dehors autour du feu de camp, avalé, nous ne tardons pas trop pour aller nous coucher. Là c'est un peu la pagaille. Nous sommes 4 sous la tente et la place est limitée. Il faut s'installer un peu chacun à son tour. Il faut être "méticuleux" pour l'installation. D'abord la bâche sur la neige, puis un tapis de sol, un matelas gonflable fin, dérouler le duvet, enfiler dedans le sac à viande en polaire et par dessus le tout le sur-sac, enlever les habits chauds, s'enfiler dans tout ça et fermer le tout. Après ça faut pas avoir oublier d'avoir fait le pipi du soir :P !
En tous cas, je suis bluffé par le confort absolu du couchage. C'est le meilleur couchage que j'ai jamais eu en mode bivouac. Allez c'est parti pour le gros dodo.

Vendredi 18 mars

Ce matin c'est réveil des vacanciers ! Ça glande au lit jusqu'à 7h30. Ça guenille sec et c'est pas efficace du tout... On n'est vraiment pas dans le rythme expédition. Mais on ne "s'en rend" pas compte. En effet le matin en réalité, il faut relancer le poêle pour faire de l'eau, bien déjeuner et tout plier avant d'habiller les chiens et partir. bref ça ne se fait pas en 1/2h ! Il faut bien compter 2-3h minimum.
Alors pour un départ au maximum à 10h on est loin d'être au top.

Je vais parler un petit moment avec Erik dès le lever. C'est agréable de se lever avec le lever du soleil sur la banquise. On parle un peu organisation et je le tarabuste encore un peu avec mes question sur les bêtises à ne pas faire... Désolé Erik, mais comme tu le dis, j'étais le stressé du groupe :P . Nous parlons en admirant le paysage. Puis d'un coup je vois du mouvement sur la banquise ! P'tain c'est pas un chien qui s'est fait la malle :ill: . Puis merde ! Il y en a 2 :ill: :ill: . C'est quoi ce borbel ? Des LOUPS ! Alors là c'est vraiment pas une bonne nouvelle, surtout qu'ils se dirigent droit sur nous. Heureusement ils marchent sous le vent, donc les chiens ne les sentent pas. Erik ne tergiverse pas et file direct démarrer le motoneige. Soit ils filent car le bruit les effraie, soit il faudra "foncer" vers eux pour les faire déguerpir. Le seul fait de démarrer le motoneige les fait changer de cap et ils filent au large. Ouf ! On est un peu rassurés.
On en parle un peu avec Erik. Ce ne sont pas les loups en eux-même qui sont gênants, c'est surtout le fait que dès le premier jour on les voit et qu'ils soient aussi direct dans leur trajectoire. En fait c'est la viande qui a eu un peu chaud qui pourrait les avoir attirés. La seule chose qui pourrait être vraiment catastrophique, c'est qu'il y en ait plus genre 4-5. Là ce serait la merde et ça signerai le retour direct à Waskaganish. Nous lorgnons un bon moment la banquise, mais finalement plus de mouvement. Enfin presque plus. D'un coup, Vertige et Pascal crient : Un loup ! Nous bondissons, en fait c'est juste un petit renard qui fait sa sortie du jour. Les chiens l'ont vu et sont comme des dingues. Bref fausse alerte.

Avec toutes ces péripéties et notre guenillage organisé, Erik nous réuni et décide qu'il est plus que peu raisonnable de partir aujourd'hui. Nous accusons un peu le coup sur le moment, mais personnellement je ne remets pas en cause le choix d'Erik. Avant le départ, une des conditions fondamentale était claire : Sur la banquise si Erik dit qu'on doit faire quelque chose, faut lui faire confiance car il le fait pour une bonne raison.

Nous voilà donc à demeure pour une nouvelle journée sur Stag Island. On dira qu'il y a pire comme coin quand même. En plus il fait grand beau et chaud, les températures en journée sont positives (on montera jusqu'à 8°C). Nous profitons donc de cette journée de repos pour réorganiser un peu toutes les affaires, faire du bois et nous occuper des chiens. Ca ne nous fera pas de mal. Plusieurs fois dans la journée, je vais discuter avec Erik car j'aime bien papoter avec lui. Apprendre, poser des questions d'ordre pratique et surtout l'écouter parler de ses chiens et de leurs expéditions passées. C'est un livre vivant. Bien entendu dans la discussion nous abordons le sujet de notre pause du jour. Erik non seulement trouve que nous avons trop guenillé ce matin, que les loups c'était pas super, mais en plus il est inquiet pour autre chose bien plus important. En effet c'est surtout la banquise qui le tracasse. Non seulement cette année le pack est très (trop) proche de la côte, mais surtout il y a beaucoup de zones de glace noire. Et la glace noire, c'est de la glace peu épaisse que l'on trouve dans des zones où ça a gelé tard ou où ça a bougé il y a peu de temps. Tout ça signifie qu'il y a dû avoir de grosses tempêtes et/ou de grosses marées qui ont bien fragilisé la banquise.

Alors toutes ces petites choses ajoutées font que la tournure n'est pas bonne... Mais bon Erik ne désespère pas et il va faire un tour à motoneige pour repérer le parcours de demain. Les nouvelles ne sont pas au top car il y a encore pas mal de zones de glace noire et pas mal de pack, mais vers la côte ça semble mieux. On est un peu rassurés. Malheureusement il y a de nouveaux soucis dont Erik me parle un peu en aparté pour ce soir. En effet pour lui s'ajoute 2 problèmes dont un majeur. Le peu de neige qu'il y avait sur la banquise a été soufflé par le vent et s'est bien tassé/regelé avec la chaleur. Donc d'une il n'y a plus de neige poudreuse pour refroidir le moteur de la motoneige. Ça c'est moyen s'il faut s'arrêter 1/2h sur la banquise pour refroidir. De deux, sans neige poudreuse, les chiens ne peuvent pas boire en courant !!! Et ça c'est le GROS soucis. Déjà que les chiens ne boivent pas pendant 1 semaine, alors s'ils ne peuvent pas manger de neige, on courre à la cata. Sans les chiens nous ne sommes rien ici. Ça semble donc évident de bon sens. Pour l'instant Erik ne préfère pas trop en parler, on verra demain.

Pour finir cette belle journée, nous faisons nos grillades et admirons le lever de lune. Un pur moment de bonheur. Rien que pour ça le voyage est magique. Nous terminons la soirée comme tous les soirs, autour du feu extérieur à parler avec Erik de ses aventures passées avec ses chiens. Ça fait vraiment rêver et on voit à quel point il vit ça intensément. Pour lui ce sont les plus beau moments. C'est un plaisir de le voir dans un tel état de joie en parlant de tout ça. Nous on se couche avec de belles images en tête et juste l'espoir de voir une aurore boréale dans la nuit...

Samedi 19 mars

Ce matin, réveil matinal ne serait-ce que pour profiter du lever de soleil dont je ne lasse pas. C'est superbe car ce matin après avoir démarré le feu, je suis dehors seul dans le froid et le silence. Qu'est-ce que c'est bon ! Même les chiens sont encore calme la truffe au chaud sous leur queue. Je me rassasie de ces images.

Le rythme est bon ce matin et nous sommes enfin à peu près efficaces. Je profite d'un moment calme autour du feu de camp rallumé pour parler avec Erik du programme et comment il le sent. Pour lui il y a 2 solutions possibles et pas d'autres. Soit on plie bagage aujourd'hui et c'est pour rentrer à Waskaganish, soit on attend qu'il neige ne serait-ce que quelques cm. La météo annonçait de la neige pour la fin de semaine. Je comprend bien le soucis car nous en avions parlé hier et bien entendu on ne "tirera" pas sur les chiens. Courir sans boire c'est n'importe quoi. Le plus dur va être de l'annoncer aux autres. J'en ai parlé la veille au soir avec Zigual qui a bien compris le problème. Ce qui est difficile, ce n'est pas de rester bloqués, car ça on s'y attendait en partant en raid, mais c'est de se dire qu'on est bloqués car il fait trop beau et trop chaud !!! On nous l'aurait dit avant de partir, avec notre méconnaissance du milieu, on aurait "rigolé" pour le côté aberrant.
Comme on s'y attendait, la nouvelle est dure à avaler. Erik l'a annoncée et nous laisse choisir entre les 2 options. Les discussions ne sont pas simple à chaud. Je prends le temps de ré-expliquer les tenants et aboutissant de chaque solution. Si nous partons aujourd'hui, le raid est fini ! Si nous attendons lundi (car ils annoncent la neige pour dimanche soir), avec de la chance, nous aurons de la neige et il nous reste 4 jours de traineau à faire. Voilà au pire quelque soit la solution on rentre, au mieux on a tout à gagner à attendre. La discussion semble faire mouche et nous sommes d'accord pour attendre lundi. Surtout que sur Stag Island nous sommes pas mal du tout, on a du bois pour 2 jours.

Nous allons juste nous occuper de donner aux chiens de la neige poudreuse qui est enfouie sous une belle couche de neige gelée. Puis nous vaquons aux tâches habituelles du camp. La journée est assez longue et nous profitons du soleil en t-shirt. Les chiens ne semblent pas trop mal vivre ça. Ils se reposent après leur 13 semaines de travail au lac Chopin. Le problème de ce soleil c'est que la viande décongèle donc sent et va rapidement pourrir à ce rythme. Et dans ce dernier cas, on donne quoi à manger aux chiens !!! Donc nous enterrons la viande sous la neige pour éviter qu'elle pourrisse et surtout elle ne sentira pas et n'attirera pas les loups.

Le soir nous profitons du feu de camp et des multitudes de produits que nous faisons "toaster" sur le feu. Le lever de lune nous ravi surtout qu'elle est pleine ce soir. Nous nous couchons reposés avec de belles images en tête. Toute la nuit les chiens vont chanter. Erik nous avait prévenu que les soirs de pleine lune ils font ça. Comme quoi le mythe du loup avec la pleine lune...

Dimanche 20 mars

Aujourd'hui on traîne un peu au lever vu que l'on reste sur place. Le soleil est toujours au rendez-vous et toujours pas revu les loups. Nous reprenons nos occupations de la veille, mais nous sommes soit plus efficaces, soit nous bénéficions de certaines tâches réalisées la veille.

A midi nous n'avons plus rien à faire. Nous allons donc en profiter pour aller faire une petite excursion en raquettes autour de l'île. Nous laissons Erik en compagnie de Khan (ils en profitent car je les ai séparé pour le raid :oops:). Nous découvrons un camp indien pour l'été à 500m de notre bivouac. C'est sommaire, mais l'été ça doit être majestueux de s'asseoir face à un tel paysage. Nous poussons plus à l'E de l'île pour admirer la suite de notre parcours. Nous découvrons que le pack est vraiment présent de partout, c'est impressionnant. Juste le temps de revenir et déjà les chiens sont en train de réclamer la bouffe.

D'ailleurs c'est une anecdote du raid. Chaque jour les chiens mangent vers 16h. Mais sous l'impulsion de Max l'estomac sur pattes qui lancent les premiers aboiements d'appel à la bouffe, l'horaire ne fait qu'avancer. Hier Max nous a fait son cirque dès 14h !!! Quel flèche celui-là. Bien entendu il réussit à rameuter tout le monde et c'est vite la cacophonie ou le concert de chant de chien. C'est magnifique car chacun a son style. Le plus drôle est Jazz qui chante avec sa voie déraillée/cassée :lol: . Bref le Max je le surnommerai "le syndicaliste". En effet il est très bon pour lancer les mouvements de protestations et surtout se faire suivre par tous :P .

Au moment du repas des chiens, comme chaque jours, nous donnons la viande à nos chiens respectifs. Mais ce soir petit hic dans mon attelage. J'ai donné un morceau à chaque chien et me recule pour les laisser manger tranquillement. Comme toujours je surveille un peu que tout se passe bien et qu'il n'y ait pas une bagarre de chien pour un morceau de viande qui traîne. Ce soir ce n'est pas un morceau de viande qui est le soucis. Je vois que Wayne est tout électrique et qu'il tente de se gratter le museau avec sa patte. Rapidement il devient "hystérique". Il semble avoir quelque chose de coincé dans le palais et tente à tout prix de l'enlever. Je ne comprends pas trop et appelle Erik car Wayne commence à saigner et il est blessé une patte. C'est le branle-bas de combat, Erik voit tout de suite que quelque chose merde, mais il ne comprend pas non plus. Est-ce que le chien à un soucis au museau, ou alors s'est-il pris un coup de croc à une patte en tentant de s'approcher trop près de Kelly lors de la bouffe. C'est un moment délicat car le chien a mal et si on lui met les doigts dans la gueule, il peut nous mordre tout comme il peut nous mordre quand on essaye de le prendre. Nous le détachons de la stake pour l'isoler des autres chiens. Le plus dur est de le calmer pour qu'il ne bouge pas et tenter de le coucher. Pas simple tout ça, mais Erik y arrive et finalement trouve ce qui se passe. Le chien s'est transpercé la babine avec son croc et la dent est encore coincée. Un coup de doigt et c'est réglé. Wayne est tout calme maintenant et semble bien secoué. Nous inspectons ses blessures, elles semblent superficielles sur la patte et pour la joue ça semble pas trop mal. L'angoisse c'est que ça s'infecte d'ici demain ou les jours qui viennent. Dans ce cas ce serait la merde car un chien blessé c'est plus que fâcheux sur la banquise. Je récupère le morceau de viande de Wayne, le lui coupe en petit morceaux pour qu'il mange et ne reste pas "choqué" par le repas. Car le chien va vite assimiler douleur au repas et peut refuser de manger les jours qui viennent. Nous le laissons tranquille dans son coin tout en le gardant à vue. Quelle émotion !

La bonne nouvelle du jour, c'est que mon baromètre perd 1mm de Hg par heure et ce depuis 10h. En plus un beau front nuageux cotonneux arrive du Sud-Ouest. Ça semble tout bon pour la neige. On va se coucher tout contents et surtout pleins d'espoirs.

Lundi 21 mars

Youpi ! Ce matin j'ouvre la tente et c'est tout bon il est tombé 3-4 cm de neige. Le raid devrait repartir et on va enfin retrouver notre attelage pour de beaux moments. C'est un peu l'euphorie, on est tout remuants car avec 3 jours d'arrêt on est bien reposés.
On est tellement contents, que le levé de camp est rapide. A 9h nous sommes fins prêts pour partir. Le départ me stresse un peu moins aujourd'hui car il est 5*. C'est légèrement descendant, pas de dévers et la neige est parfaite. Il faut juste faire gaffe car il peut y avoir des zones de neige fragile dans cette descente, donc il faut bien freiner pour que les chiens ne se fassent pas mal à une patte.

Le départ se passe bien pour tout le monde. Erik nous a tous rassemblés et nous partons droit vers l'E chercher les zones plus clémentes, mais avant tout ça il va falloir traverser une sacrée succession de zones de pack relativement tourmentées. Erik file devant mais l'itinéraire n'est pas évident alors nous sommes souvent très proches derrière lui. Nous nous retrouvons dans une zone bien galère et arrive ce que l'on redoutait. Erik se plante avec la motoneige. Et il est bien planté. Nous stoppons les chiens, plantons les ancres tant bien que mal. Erik galère méchamment et nous sommes impuissants derrière. Impossible de l'aider, nous ne pouvons lâcher les chiens. C'est donc debout sur le frein en tentant de calmer au maximum les chiens que nous regardons Erik dételer la slay, tracter cette dernière avec une corde et enfin ré-atteler la slay pour repartir. Ouf il s'en est bien sorti seul, mais quel coup de stress pour tous.

Nous sortons enfin de cette zone. Ca fait du bien car le pack ça remue bien et on se fait vite secouer derrière. Combien de fois j'ai glissé d'un patin et me suis retrouvé à genou tiré par les chiens qui eux continuent, j'ai patiné dans une zone de neige molle et me suis enterré, j'ai flippé en voyant un bloc de glace que je n'allais pouvoir éviter et donc manquer de peu de verser, ... Bref c'est loin d'être une balade de santé mais qu'est-ce que c'est bon de vivre ça avec les chiens et de voir qu'ils nous pardonnent nos erreurs en continuant à donner leur maximum. Quand je vois ça, je ne peux pas les lâcher et me laisser promener. Maintenant nous entrons dans une zone "simple" où il suffit de patiner régulièrement tout en encourageant les chiens. La cerise sur le gâteau, c'est de profiter du paysage qui nous entoure. C'est magnifique. La petite bise nous oblige tout de même à ne pas trop laisser traîner certaines extrémités à l'air libre. Nous longeons plusieurs petites îles et stoppons près d'une. Nouveau soucis... La motoneige perd un liquide rose ! Ca fait depuis qu'Erik s'est planté que je vois ce liquide sur la trace. Au départ j'ai pensé que c'était un de mes chiens qui s'était blessé. Mais en les regardant bien aucun ne montrait de signes quelconque de gêne à la course et les traces roses étaient plus ou moins discontinues (surtout présentes lors de passage de zones tourmentées). Erik fait le tour du motoneige, mais ne voit rien, les niveaux sont bons. Véritable mystère pour l'instant. Nous filons vers notre lieu de villégiature pour la soirée : Tent Island. Nous avons un lieu de bivouac exceptionnel de beauté. Par contre quel final pour monter sur l'île. La neige est ultra-molle et nous nous enfonçons jusqu'au genoux quand on descend du traineau, nos chiens en bavent dur eux aussi dans cette neige. C'est dur de les aider et très dur de les voir galérer. On fait ce qu'on peut.

Sans traîner j'installe avec Erik les 2 premières stake-out. Pendant que nous accrochons nos chiens, ceux de Vertige embarquent le traineau couché et manquent d'aller se friter avec ceux de Pascal. Comme quoi il faut rester vigilant même après une bonne sortie. Les chiens ont toujours de l'énergie eux. L'accident évité, nous soufflons un peu.
Comme depuis quelques jours, je pars faire le bois avec Erik. J'adore ce moment où on doit aller chercher dans la nature ce qui va nous être utile. Il faut repérer, couper et débiter l'arbre qui va bien. D'ailleurs je retiens la leçon fondamentale qui est qu'il faut choisir un arbre mort encore sur pied et non un couché. En effet celui qui est couché à eu le temps de se gorger d'eau et peu très mal brûler. Celui sur pied est quasi toujours sec s'il est mort depuis assez longtemps. Nous apprécions vraiment le fait d'avoir la motoneige pour ramener le bois. Pendant ce temps Zitoune et les 2 autres Pascal montent la tente et le poêle.

Il est tôt quand les "fondamentaux" du camps sont achevés. La tente est montée, le bois est coupé, la neige fond sur le poêle, le repas décongèle, il n'y a plus qu'à fendre le reste des bûches pour la soirée. Nous profitons de ces moments de repos pour nous poser et surtout nous occuper des chiens. Non seulement on enlève les crottes mais surtout on passe du temps à les câliner un par un. Je commence toujours par mes chiens, mais je ne peux m'empêcher d'aller voir tous les autres. Ils sont tous géniaux et sont vraiment contents de me voir arriver pour les câliner. Alors je ne me prive pas de ces moments car une fois rentré je sais qu'ils vont vraiment me manquer :( .

Le repas et la soirée se passent bien, mais un vent de fou se lève en fin d'après-midi. Il dépasse les 40-50km/h. Ça c'est pas une très bonne nouvelle pour demain car c'est beaucoup trop pour partir sur la banquise. Avec 50km/h de vent les températures ressenties sont très basses pour nous et pour les chiens. Bref on verra demain matin.

Mardi 22 mars

Ce matin tout est quasi au beau fixe. La nuit a été bonne malgré le vent. Ce dernier est bien tombé d'ailleurs. Nous plions rapidement le camp car finalement plus vite on part, plus vite on est arrivé pour poser le bivouac suivant et ainsi avoir le temps de tout faire sans courir.
Nouveau départ 5*. C'est avec un peu de peine que je quitte cette île car elle est magnifique et le spot à bivouac exceptionnel. Mais ce n'est pas tout, il faut entamer le retour vers Waskagnish.

La journée se déroule bien, Erik trace devant assez facilement, la motoneige ne perd plus de liquide. Enfin c'est bon pour l'instant car les premiers ennuis commencent pour moi.
Tout d'abord, Blues et Démone les frangins qui courent toujours à côté, ont décidé de changer de côté. Bref un peu comme d'habitude. Le soucis c'est que Blues étant à gauche, Démone a décidé d'y retourner aussi... Donc j'ai 2 chiens à gauche de la ligne de trait ! Alors d'une Démone ne tire quasi rien car c'est Blues qui encaisse la tension de la ligne de queue. Et de deux j'ai peur que la proximité plus que marquée ne finisse par irriter l'un des 2 et finir en bagarre. Me voilà donc bien embarrassé. Dois-je stopper pour les remettre à leur place et ainsi stopper tout le monde ou alors laisser faire et ils reprendrons bien leur place à un moment ou un autre. Je choisis la seconde option sur conseil de Zigual. Le problème c'est que devant Khan, Kely et Wayne tirent, derrière Blues tire comme il malade, mais Démone se repose et mon Sherman force peu malgré mes encouragements. Ce qui fait que tout le monde arrive à me suivre aujourd'hui :roll: . Pour parachever le tout, depuis ce matin mon traineau tire méchamment à gauche. Je doit avoir un bout de glace sous un patin qui fait dérive. Quel idiot de ne pas avoir vérifié avant de partir car je galère pour garder le traineau droit et ça oblige les chiens à tirer un peu de travers. En réalité je verrais au bivouac que j'ai un morceau du fond du traineau qui a cassé, donc je "frotte" par-terre.
Erik s'arrête près d'une petite île où nous étions passés hier. Lors du stop, Démone reprend sa place. Ouf une galère en moins. Juste le temps de recoller tout le monde et on repart. Et là mon Khan part à droite toute !!! Il est tout perdu et regarde dans tous les sens. J'ai beau lui dire de filer à gauche, il continue à aller vers la droite. Je stoppe le traîneau et me dis qu'il va falloir que j'aille le remettre sur le bon chemin. Mais Erik qui a vu la scène, appelle Khan qui en un clin d'oeil file vers Maître. Merci Erik :wink: et sacré Khanaillou, tu m'as fait un bon coup de flip.

Par chance nous avions le petit vent dans le dos et ne nous sommes pas rendu compte des méfaits de celui-ci. Ce n'est juste que lorsqu'on tire vers l'E et que nous l'avons de travers que nous nous rendons compte de la chute de température qu'il occasionne. Nous passons à l'abri d'une pointe côtière près de Draulette Island. Nous trouvons une trail d'indien et tentons de longer un peu la côte pour trouver un bon spot. Nous traversons une petite passe et le vent nous agresse méchamment. Finalement on était pas mal du tout au premier arrêt. Alors demi-tour et on pose le camp.

Nous installons le camp et je m'occupe de la tente avec les Pascal pendant que Zigual va aider Erik au bois. La tente posée, je file aider au bois. Les 2 zouaves papotent tout en s'affairant. Bien sympa ces moments.

L'après-midi se déroule tranquillement au rythme des tâches du camp. Je fais un petit tour de crottes plus pour profiter de caresser les chiens que par vrai nécessité :oops: . Chaque chien a le droit à sa caresse. Quand j'arrive à la stake du syndicaliste :P , je commence par Taïga. Juste à côté il y a Gary que je trouve pour une fois calme et peu remuant !?! Ça m'interpèle mais pas plus que ça. Taïga papouillée, je vais vers Gary qui ne remue toujours pas... Et là je vois qu'en fait le pauvre s'est entortillé la patte dans son attache de cou. Le pauvre, je dois le détacher et le détortiller pour le libérer. Il est comme un dingue tellement il est content de pouvoir bouger. J'ai le droit à un festival de lichouilles et de câlins de sa part. C'est là qu'on voit comme ils sont reconnaissants envers nous et surtout la monstre gentillesse qu'ils ont. C'est vraiment super. Par contre je note qu'il faut bien prendre le temps de vérifier l'installation de chiens le soir car une nuit bien froide dans la posture de Gary, je ne suis pas sûr que le pauvre chien supporte bien.

Le soir je suis fatigué car rattrapé par mes petits soucis de circulation. Je me couche assez tôt et shunte le feu du soir. Zigual en profite pour passer une super soirée autour du feu en compagnie d'Erik pendant que les gars sont déjà couchés. Je les entends parler et rigoler. C'est vraiment bien sympa de nouer une telle complicité.

Mercredi 23 mars

Ce matin le réveil est difficile. La nuit semble avoir été froide. Je sors du duvet pour allumer le feu, mais qu'est-ce que ça pique ! J'ai beaucoup de mal à enfiler mes chaussures et encore plus à faire démarrer le poêle. J'ai vraiment froid. Le feu parti je mets bien 10 minutes à me réchauffer les mains. Vertige qui a un thermomètre nous annonce -22°C dans la tente ! Ce qui veut dire que dehors avec le brin d'air on doit pas être loin des -30°C. Enfin une vraie température locale.

Aujourd'hui c'est la dernière vraie journée de traineau. Nous rentrons vers Waskaganish mais nous dormirons dans le raccourci. Ainsi jeudi nous ne serons qu'à 8km de l'arrivée et nous aurons le temps de charger les véhicules tranquillement.

Le départ est encore une fois simple, mais pour je ne sais quelle raison, Taïga a la tête ailleurs aujourd'hui. Dès le départ elle file à droite toute alors que nos attelages à Zigual et moi sont partis tout droit. Erik qui surveille le départ nous fait faire un crochet et nous récupérons les 2 attelages en perdition. Ouf petit coup de stress passé. Mais bon quand ça commence mal, ce n'est jamais bon signe pour le reste de la journée.
Le vent ayant bien soufflé la veille, la neige marque peu. Les traces de la motoneige ne sont pas toujours faciles à voir et le vent nous masque celle-ci avec une neige virevoltante. Khan est consciencieux et derrière je surveille le moindre écart et le recentre de suite. La trace est vite perdue dans ces cas là. Erik est loin devant, moi avec mes formule 1 j'avance bien et je vois que Zigual suit difficilement et derrière ça perd du terrain. J'hésite à faire un stop pour recoller tout le monde, mais Erik m'a bien dit que c'était lui qui décidait quand on s'arrête, derrière on suit et c'est tout. Je surveille quand même du coin de l'oeil si tout se passe bien, car Erik lui est plus occupé à trouver le bon cheminement pour éviter les plaques de glace noire et de glace vive.

D'un coup au sortir d'une portion de pack, la trace part à gauche. Je le signale à Kahn, mais mon Super Khan a bien vu et ne se fait pas avoir. Derrière Wachija la leader de Zigual suit aussi. Par contre Taïga un peu distancée tire tout droit. Là c'est la cata. On a un attelage en perdition et bientôt 2 car Rupert et Tess suivent derrière. Erik quant à lui est loin devant et ne voit rien de ce qui se passe. Dans ce cas là, nous devant on ne peut rien faire et nous continuons en espérant que derrière ils gèrent. Nous rattrapons Erik qui finalement à fait une pause en voyant que ça merdait derrière. Il est furieux car c'est vraiment pas le moment de se paumer et c'est surtout une grosse erreur. Avec Zigual nous couchons nos traîneaux et allons garder nos chiens. Pendant ce temps Erik détèle la slay et part chercher les égarés. Grosse soufflante aux 2 égarés. Heureusement que nous avions la motoneige, sinon c'était vraiment un gros problème.

Le groupe à nouveau réuni, nous repartons vers le raccourcis. Nous passons notre temps à longer une belle zone de glace vive sans jamais vraiment pouvoir couper pour rejoindre la côté. Je suis limite paniqué car je ne vois pas de solutions et le bout de la côte arrive bientôt. Nous louvoyons dans un dédale de zone de glace vive, de flotte sans jamais voir d'issue. Puis d'un coup une petite langue enneigée et l'épinette qui marque l'entrée du raccourcis sont devant nous. Je suis euphorique et limite gaga avec mes chiens. Je les remercie on ne peut plus de m'avoir amené jusque là sans se tromper et je remercie Erik de nous avoir mené sans problèmes jusqu'ici. Je sais qu'une fois au raccourcis, on n'aura plus de soucis.

Après un dernier passage de glace vive négocié en beau travers, nous nous regroupons sur le rivage avant de s'enfoncer dans le raccourci pour installer le camp. L'arrivée est tendue suite à l'incident sur la banquise. Enfin pour l'instant on installe les chiens c'est le plus urgent. Je congratule mes champions et les remercie pour tout ce qu'ils viennent de me faire partager. Depuis le premier jour notre relation a bien changé. Khan m'accepte et me laisse le caresser sans grogner. Wayne est toujours content de me voir venir et sautille de joie. Blues et Démone ne se sont pas arrangés et sont toujours aussi joyeux et farceurs pour me faire tourner en bourrique. Mon gros Sherman passe son temps à demande des caresses. Seule Kely reste sur la défensive, mais ça je le savais que ce serait difficile voire impossible. C'est un attelage spécifique que j'avais. Les meilleurs chiens certainement (bien que les autres ne déméritent pas), mais surtout ceux qui ne sortent quasiment jamais avec un client. A Sainte Anne, c'est soit Erik, soit Pat cette année qui les mènent. Donc je suis quand même fier d'avoir eu le privilège de partager ce voyage avec ces chiens. C'est une cerise sur le gâteau.

Avec les tensions de la journée j'ai besoin de m'isoler un peu. Une fois le camp installé et le feu lancé, je pars seul pour un dernier regard à la banquise. Rien qu'elle et moi. C'est un moment intense que ne saurais mettre en mots, mais qui restera gravé au fond de moi. Comme par hasard, Zigual arrive aussi. Elle a eu la même idée que moi et ne pensait pas me trouver ici. Comme quoi on fonctionne un peu pareil et on ressent les mêmes choses...

Le soir, le bivouac est un peu agité car nous sommes en bordure de trail et nous avons le droit aux passages de motoneige. Comme nous sommes en bordure de trace, les chiens sont sans cesse dérangés et aboient souvent. Pour eux aussi c'est la fin de la tranquillité sur ce raid. Dernière soirée autour du feu, la pression de l'incident est redescendue. On n'a pas trop envie que ça se termine, mais bon faut aller se coucher car demain on a du travail.

Jeudi 24 mars

Ça y est la dernière nuit est finie. Elle a été moins fraîche que la veille. Nous sommes levés tôt, mais prenons notre temps. Nous attendons le soleil en prenant le petit déjeuner. Nous nous retrouvons une dernière fois autour du feu pour toaster nos buns (roulé au miel). Nous plions tout, nettoyons bien le camp et chargeons nos traineaux.

Aujourd'hui j'attelle seul mes chiens, Erik est derrière pour relever les stake-out. Il faut faire vite aujourd'hui car nous sommes sur la trail et faudrait pas que quelqu'un arrive en face pendant qu'on attelle. D'ailleurs ni même pendant qu'on rentre. Parce que dans un chemin large de 2m, j'imagine mal croiser une motoneige et encore moins un attelage :ill: . Mais bon c'est rare ici à cette période quand même. Peu de gens montent faire des raids jusqu'ici.

Je ne sais pas si c'est l'entraînement, le traineau léger ou tout simplement Erik devant, mais les chiens partent comme des balles. Je suis aisément Erik. Mon gros Sherman qui est plus un endurant qu'un explosif, a du mal à suivre le rythme des fusées de tête. Ils sont tous au galop. J'ai beau mettre un petit coup de frein qui leur fait prendre une allure habituelle, 30 secondes plus tard ils sont de nouveau à fond. Derrière Zigual est larguée. Je suis un peu partagé, car d'un côté je suis heureux de voir mes chiens à pleine puissance se régaler mais de l'autre je sais que l'on a que 8km à faire et que plus vite on arrive, plus vite c'est fini. J'ai pas envie de terminer le raid car je sais qu'ensuite je n'aurais plus cette relation avec les chiens...

Le temps d'apprécier ce court moment et déjà on arrive sur la rivière Rupert. Waskaganish est là à 1km. Cette fois-ci c'est bel et bien fini. Les derniers mètres sont durs et j'en ai gros sur le coeur. Je laisse mes chiens dérouler les derniers mètres et les regarde travailler une dernière fois. Merci les chiens, vous m'avez offert des moments inoubliables.

Nous installons une dernière fois les stake out. J'y installe mes chiens et les remercie un à un avec de grosses caresses. C'est un moment fort, Erik le sait et nous laisse tranquillement savourer ce moment.
Il n'est pas très tard et nous remontons les traineaux sur le parking. Avec Erik je file cherche le pick-up et la remorque que nous avions laissé au garage. Pendant ce temps, les autres déchargent les traineaux et démontent les sacs pour que l'on puisse charger le tout. Une petite bise se lève et nous chargeons tout assez rapidement. Le soucis, c'est que les gants nous gênant, on travaille à main nues. Ça pique un peu, mais en bougeant ça va (enfin 3 semaines après je me rend compte que je me suis gelé légèrement le bout de tous les doigts). A 13h nous avons terminé de tout charger. On file au motel en rêvant à notre club sandwich que l'on va se taper. Et là c'est le drame ! Aujourd'hui tout le village rend hommage à Mr Cowboy (promis c'est son nom). Donc tout est fermé ! Nous ne trouvons nulle part où avaler quelque chose de chaud. Tant pis on rentre au motel et on file dans la chambre se poser. Paradoxalement la douche nous tend les bras, mais on pinaille pour y aller. Surprenant quand on sait que ça fait 8 jours qu'on ne s'est pas lavé. On sent bien le feu de bois et surtout l'Homme des bois :P .
Pat arrive vachement tôt. Ça fait plaisir de la revoir. Elle est toute dynamique comme d'habitude, alors qu'elle vient de se taper 12h de route. Elle nous a ramené un stock de bonnes petites choses et surtout des sodas frais. On en a rêvé pendant le raid. Elle nous demande comment ça s'est passé le raid et nous lui racontons notre périple et nos mésaventures. Puis à son tour elle nous raconte sa semaine qui a été très dure. D'une part Kiss à eu ses chiots et il a fallut gérer et d'autre part Pat a perdu son Chinook dans des conditions difficiles. On est vraiment tristes pour Pat.

La soirée est vite terminée, nous avalons notre merveilleux club sandwich et filons au lit rapidement. Demain on se lève tôt. L'entame de nuit est perturbée par des indiens un peu lourdos qui viennent faire du porte à porte pour nous vendre des produits "locaux". Leur Free gift auront le don de nous faire bien rire. Erik s'en dépêtre tant bien que mal. Le reste la nuit sera encore mouvementé car les chiens sont dérangés par les chiens locaux qui tournicotent dans les environs et Erik s'est pris une bonne crève.

Vendredi 25 - Samedi 26 mars

Nous embarquons tôt ce vendredi matin. Il faut charger les chiens dans la remorque. C'est bizarre, mais ils n'y vont pas de toute gaité de cœur. Certains redoublent de roublardise pour ne pas rentrer.
Une fois tout le monde dans les box, c'est parti pour les 12h de route. Le départ est bien frais, -22°C. La route est longue, on tente tant bien que mal de faire la discussion à Erik, mais 12h c'est long. Cette fois-ci nous connaissons notre destination et avons des points de repère. C'est fou ce que la route paraît plus longue. Nous arrivons en fin d'après-midi à Sainte Anne. Nous sortons les chiens et les ramenons au chenil. Ils sont heureux de quitter leur boîte. Les autres chiens semblent tout heureux de retrouver leurs compagnons partis la semaine passée. Une tournée de moulée pour les voyageurs, nous débarquons les affaires et allons filer un coup de main à Pat pour préparer notre "dernier" repas ici. La soirée est bien agréable. Nous filons nous coucher car la journée a été bien longue.

Samedi matin, nous plions bagages et rangeons le chalet. Pendant ce temps Pat nous prépare un bon petit déjeuner. Nous faisons une dernière visite au chenil. Nous prenons bien le temps de ramasser les crottes et de câliner nos chiens une dernière fois. Que c'est dur de se dire que dans une heure nous ne les verrons plus... C'est la mort dans l'âme que nous disons au revoir à Pat et Erik. Bon Dieu qu'on était bien ici.

Michel nous conduit à l'aéroport. Les heures qui suivent vont être longues. Heureusement nous sommes tous les 2 et surtout nous avons les appareils photo avec nous. Ça nous remonte le moral de regarder celles-ci. Nous retrouvons notre ami de Montréal à l'aéroport. Ça fait plaisir de le voir lui aussi, mais nous sommes un peu dans notre bulle. Le retour au monde civilisé est violent, on préfère rester encore un peu dans notre rêve qui est devenu réalité grâce à Pat, Erik et les chiens.

Encore une fois merci à tous et on sait déjà qu'on va revenir vous voir. On a déjà les billets d'avions :wink: .

Commentaires

» Par olivier viret, le lundi 18 Avril 2011 Ă  21:20

Dis donc zigual a ramené un ours en France???
Bien bon ce récit, toujours un plaisir à lire.

» Par Zigual, le lundi 18 Avril 2011 Ă  21:32

Quelle aventure ! Ça fait du bien de revivre ça à travers tes mots. Trop de bonheur intense qui a rendu le retour bien difficile, on n'a pas tenu une semaine sans projet d'y retourner ! Même si la relation avec les chiens dans un tel raid est unique et qu'on ne la revivra peut-être jamais...

» Par Phil'Ă”, le lundi 18 Avril 2011 Ă  21:52

Magnifique récit (comme d'hab je dirai).

On ressent bien les moments de stress, d’euphorie, de sérénité, de contemplation...

Un voyage comme peu en font, comme peu en rĂŞvent... Merci de m'avoir fait partager cette magnifique et profonde aventure :cool:

» Par Blandine Thomas, le mardi 19 Avril 2011 Ă  07:21

Merci pour le récit de cette très belle aventure : c'est Beau !

» Par titeuf, le mardi 19 Avril 2011 Ă  21:47

z'ĂŞtes mur pour venir bosser Ă  la clinique ;-)))

» Par e-jungle, le dimanche 24 Avril 2011 Ă  23:32

Super Squal, content que tu aies eu cette seconde chance (après l'an passé).
Merci de ces descriptions détaillées et sincères (et des photos), cela permet d'imaginer un peu les merveilleux moments que vous avez vécu.

» Par squal, le lundi 25 Avril 2011 Ă  23:12

Merci pour les commentaires sympa. J'espère juste que ça donnera le goût à certains de vivre un tel moment, car promis c'est vraiment inoubliable.

titeuf, fais gaffe, j'en connais une qui pourrais débarquer te voir :P .

» Par brigitte, le mercredi 04 Mai 2011 Ă  21:38

Super récit, c comme si j'y étais. On vit vraiment cette aventure à fond avec vous - Que d'émotion, de moments de bonheur, de peur et d'angoisse aussi. Ca marque hein une expérience pareille ? Merci et bon voyage en septembre - Bisous

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