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Ambiance petit matin prometteur juste après le refuge d'Avérole

Le portage dans la bonne humeur ...

Elle est pas belle la vie ?

Montée au col Autaret

On attaque la partie rocheuse...

Au col Autaret qq vestiges de sculpture d'art moderne

1er lac de la série sous le col Autaret

1ère descente... ça sent bien bon tout ça ;-)

Mais c'est même excellent ! (arrivé à Casermetta)

V'lan un dérailleur un... début de la total loose

Dernier lac en vue et au fond la remontée au col "Sule"

Vue du col "Sule" la descente parait pas temps pire... Et pourtant c'est la fin question VTT

Fin de la descente sur le refuge Cibrario. Chouette un névé je vais pouvoir faire semblant de rouler au moins 100 mètres

Remontée au col Altare, c'est bien fléché, c'est bien portage rustique : aucuns doutes

Arrivé au sublime lago della Rossa

Mon sauveur de moral

Ben ouai, juste de quoi entretenir l'espoir aux abords de Rocca Affinau

Ca y est dernière montée en vue. En plus c'est du bon sentier. En pseudo tongue ça va être tranquille et derrière la crête une longue descente m'attend.

By by refuge Gastaldi quoi qui ce passe je serais en bas avant la tombé de la nuit nananère

A ben oui une longue descente !!! Mais ce serait tellement mieux si elle était propice au VTT...

Moi j'ai vu un Thibaut à Turin...

Direction poubelle

Journée "Total Loose"

Par shama, le lundi 31 Aout 2009 à 02:46 :: Divers :: rss

Journée "Total Loose"

Ben voilà ce WE c'était "mon" WE avec une furieuse envie de boucler le tour de la Grande Ciamarella (option VTT) que ça roule ou pas qu'importe je veux faire ce tour... Et puis dans le tas de descentes on n'est pas à l'abri d'une bonne surprise (l'auto-motivation ça compte énormément) !
Initialement je voulais faire ce truc seul. Par envie de parcourir un bon bout de montagne perdu dans mes pensées (et aussi un peu parce que la probabilité que ce soit intéressant en vélo est très faible). Sauf que quand je parle de mon truc à François il se montre intéressé, malgré le D+ et le portage quasi assuré pour les montées. Plus on est de fous plus on rit, alors je poste une annonce sur VTTour histoire d'essayer de récupérer d'autre compagnons de jeu et du coup me voilà bon pour taper un CR ce soir... (Nous ne seront que deux pour finir... heureusement)

Nous partons donc samedi matin de ND des Grâces, à la fraîche, sur la route qui mène au refuge d'Avérole aidés quelques temps par la frontale. Fait pas beau, fait pas chaud, il bruine même un peu. Mais bon en pédalant la chaleur viens vite et la lueur du jour naissant nous permet rapidement de rouler sans éclairage. François, qui craint qu'un de ses pb de santé personnels ne se réveille, ne force pas trop et on avance sur un petit rythme.
1ère surprise au barrage EDF sous le refuge : la bonne piste que nous parcourons l'hivers est interdite à tous véhicules et piétons ! Du coup on prend le sentier et on attaque le portage plus tôt que prévu... Le jour naissant, brouillard et nuages sont bien présents mais on sent que ça ne va pas durer. Nous continuons donc gentiment: mini-roulage / poussette / portage sur le sentier un peu escarpé nous menant au "Pas de la Mule", début du long vallon de la Lombarde. Dans le fond du vallon qq passages qui roulent, des moutons et une ambiance superbe avec les nuages qui se déchirent tranquillement nous dégageant peu à peu le relief. Au niveau des "Pointes de la Grande Felouse" le sentier s'excite un peu et c'est parti pour un portage intégral coupé de qq névés jusqu'au "col Autaret". Arrivé là haut, j'attends un peu François en m'inquiétant car on est déjà carrément à la bourre sur les horaires de mon rétro-planning calculés la veille . Lorsqu'il arrive, je comprends rapidement que l'aventure s'arrête là. On en discute un peu, puis finalement on se sépare: lui fait demi-tour et moi je tente la suite (en mode un peu speed si je veux avoir une chance d'arriver avant la nuit). Bref je lui refile le matos lourd pour la vidéo, récupère l'APN et je pars pas trop inquiet pour lui, le sachant alpiniste aguerri. Dans le même temps je me dis que si la 1ère descente est injouable je fais vite demi-tour pour le rattraper avant le camion.
Seulement voilà la descente, est plutôt bonne pour arriver au bas du 1er lac Autaret (un peu hard certes, avec 1 ou 2 épingles retorses et une bonne marche sur dévers fuyant, mais globalement ça roule et je m'amuse). Chance le raccourci de "Casermetta" est bien fléché et même la suite vers le col "Sule" alors que sur la carte ASF ce n'est pas le cas. Cette partie sera vraiment une belle descente avec passage près des lacs sur un sentier parfait et large, bref ça s'annonce bien. Sauf les 30 derniers mètres menant au début de la remonté du col "Suse" où le sentier est quasi inexistant. La remontée au col me demandera pas mal d'énergie car le sentier est complètement enfoui sous un névé et je choisis de le contourner. La mauvaise pioche c'est que du coup : pas de sentier => de belles grosse marches à gravir dans le pierrier bien plus plus fatigant qu'un sentier quasi lisse.
L'arrivée au col est plutôt prometteuse, je vois bien que c'est gros pierrier derrière mais vu du col, le sentier qui y plonge semble bien marqué (je veux dire pas de gros blocs), je m'accorde donc qq minutes pour manger en me disant qu'une fois que je plonge de l'autre côté c'en est fini pour un éventuel débinage me ramenant rapidement en France. Et me voilà partit tout fier sur mon beau vélo argent qui brille sous le soleil étincelant, lalilalère... Enfin un très cours temps car rapidement les pierres grossissent, ça engage un max et hop premier saut-guidon du jour qui me ramène rapidement à la réalité => portage à la descente. La suite est à peu près toujours la même histoire: je me persuade qu'un peu plus loin ça ne pourra être que mieux, je continue, réussis qq mini-chalenges sur le vélo, reporte, remonte la prochaine portion de D+ et, ..., on recommence. Pas un bout pour rattraper l'autre. Bref je passe le refuge "Cibrario" me jette dans la remonté du col "Altare". La fatigue naissance ne me gène pas encore trop mais un évènement singulier (cf plus bas) attaque bien le moral qui descend encore plus bas sur le "non roulage" qui suit : m'amenant lentement, trop lentement au superbe "Lago della Rossa". Lorsque le moral descend la fatigue s'exprime plus facilement surtout dans la remontée au col d' "Arnas". Un copain à 4 pattes me filera un bon coup de boost en m'indiquant le chemin sur qq mètres. Plaisir éphémère mais tellement crucial à ce moment. Et ça continue, ça fait semblant d'être bon puis finalement non ce n'est qu'un tas de cailloux ingérable. Là je fais sans doute la plus grosse erreur en rayant l'option de repasser en France par le col d'Arnas, mais bon j'ai complètement zappé cette solution sur le moment. Donc longue descente (je parle ici en temps) dans le vallon du lac d' "Arnas" où je vois avec plaisir la dernière petite montée (qui m'apparaît plus comme une montagne) pour le refuge Gastaldi. Je sais qu'à partir de là ce n'est plus que de la descente pour finir mon étape et nom d'une pipe ça va rouler : statistiquement ça ne peux pas être autrement. Bon ben finalement si : c'est autrement ! Si 50% de la descente est jouable (attention ça engage fort quand même et c'est soutenu : jamais plus de 3 mètres de repos) tout le reste (superbe passage près de la cascade) est de nouveau ingérable. Mais bon le soleil tarde à se coucher et voilà donc la 1ère journée achevée au refuge "Città di Cirié".

Je suis un peu triste car je sais déjà que c'en est fini du programme du lendemain.

Oui parce que jusque là, ce n'est jamais qu'une journée loose normale où ça ne roule pas. Ce qui était prévisible et envisagé. J'ai joué, j'ai perdu pas de quoi en faire un plat !

Laisser moi vous expliquer comment transformer tout ceci en une journée total loose....

Revenons au camion sur le parking du départ... Zut le sac est bien lourd avec le matos vidéo, les qq vêtements chaud, etc. Bref je vire mes 2 pinces et mon set de réparation du sac (je garde quand même ma trousse à outils). Projetons nous à nouveau dans la magnifique descente (pas la peine de demander laquelle y'en a une qu'une : c'était la première juste après le col d'Autaret comme signalé ci-dessus). La fougue, l'enthousiasme, le bonheur, et paf le caillou qu'on sert d'un peu trop près => un dérailleur de dégagé. Bon dans ma trousse j'ai en un de rechange : pas de soucis (mais par contre plus le droit à l'erreur pour la suite). Je démonte donc l'ancien, prends le nouveau et là petit doute et confirmation quasi immédiate : ils ne sont pas exactement de la même taille ! Une fois le tout remonté, la transmission a des cahots et j'ai pas de pinces pour améliorer la tension du câble => que du bonheur. Bon tout ceci est gênant mais pas dramatique alors re-déplaçont nous à nouveau dans la remontée du refuge "Cibrario" pour le col d' "Altare". Y'a qq passages rocheux et qq mini dalles (ceux qui ont déjà joué sur les dalles avec les cales auto des pédales apprécieront). Sur l'une d'elle je ripe et je manque de me casser la figure. Dans le même temps j'entends un bruit de type "coup de fusil étouffé"... Qué Passa ??? En situation instable je force le pas pour me retrouver plus à l'aise un mètre plus haut et poser le vélo. Je jure, pose le tas de ferraille et m'intéresse à mon pied. Stupéfaction totale: ma chaussure gauche a explosé. Bon OK je savais que mes chaussures était nazes depuis un p'tit bout de temps. Je m'attendais à ce qu'une couture pète, mais pas beaucoup plus. Là ce n'est pas une couture qui a pété mais tout l'enrobage avant de la chaussure, laissant toute liberté à la partie en plastique dur permettant de fixer les cales auto de s'amuser librement à l'air vif... Je m'escrime 10mn pour la refaire passer à l'interieur et réussi tant bien que mal. Argh pas l'adhésif ou un truc similaire sur moi... Je fais un essai tranquille => 10mn d'efforts réduit à néant au 1er pas. Bon me voilà bon pour finir en mode semi-tongue dans les pierrier qui n'en finissent pas...

La fin de l'aventure est à peine avouable... Après avoir évalué la possibilité de repasser en France par le col d'Arnas ou le passage Colerin, je suis certain que ça ne sera pas de la rigolade et me persuade que c'est même pas trop sérieux question sécurité. Bref je réussi à joindre Barbara du refuge et lui demande de regarder le temps que ça prend pour venir... 2H30 ? Du coup on se donne rendez-vous pour le lendemain matin dans la vallée et on ira faire un tour avec Thibaut. Le lendemain matin, départ par la route pour descendre la vallée sous la pluie (ben oui quand ça veut pas, ça veut pas : j'avais déjà réussi à m'enfermer à l'extérieur du refuge 1/2 heure avec la porte automatique...) puis un peu de pied de grue au point de RDV avant de voir la plus magnifique voiture du monde arriver (un kangoo... elle aurait eu une R12 que ça ne changeait rien). Retrouvailles sympathiques avec juste un bémol (cf NplPDM n°1), repas à Turin puis parcours rapide du centre ville que nous n'avions toujours pas pris le temps de venir voir et retour presque impeccable (cf NplPDM n°2) à la maison.

En conclusion: pour le VTT c'est à oublier intégralement, c'est pas fait pour. Pour autant je ne me suis pas vraiment ennuyer : les p'tites fleurs, les animaux, les paysages fantastiques, compter les cailloux (dis papa après un milliard c'est quoi ?), etc. Mais bon bien content que seul François et ma famille ont partiellement pâti de mon mauvais choix et je leur présente à nouveau mes plus sincères excuses.


Vidéo de la montée au col Autaret [vimeoHD]6354751[/vimeoHD]



Notes pour la Paix Des Ménages :

n°1: Lorsque l'amour est naissant il s'accompagne d'une attention de tous les instants. Aujourd'hui, le temps a passé, les gamins sont arrivés et ont bien grandis et pourtant ma belle est venue me chercher sans même une paire de chaussures, sandales, enfin n'importe quoi qui m'aurait permis de battre le record du monde de lancer de chaussure...

n°2: Lorsque votre bonne amie vient vous tirer du pétrin à l'autre bout de la montagne en traversant des frontières avec, qui plus est, un sourire réconfortant présent sur les lèvres il serait judicieux d'oublier les réflex d'ados attardés et de ne pas mettre un bon coup de frein lorsqu'elle s'apprête à boire à la bouteille sur le trajet du retour.

Commentaires

» Par Ju, le lundi 31 Aout 2009 à 09:11

Ben mon gars, quelle aventure !!!!!,
là faut dire, niveau lose t'as mis la barre très, très haut. Tu gagnes une fois de plus mon infini respect, que vas tu bien pouvoir nous inventer pour cet hiver ? En même temps la saison n'est pas finie, je m'attends au pire ;-).
Chapeau l'artiste, belle motiv'

» Par Jeroen, le lundi 31 Aout 2009 à 11:23

Des journées comme ça, c'est mieux quand c'est derrière soi...

C'était pas encore totalement vrai, mais maintenant ça l'est : tu es complètement grillé pour tes prochaines expériences hardcore :P

» Par Louis, le lundi 31 Aout 2009 à 13:35

Salut Vincent,

Ca y est, je suis remonté sur un VTT pr la première fois depuis 2 ans et on a fait une jolie traversée en dormant en haut du Thabor. J'ai bien pensé à ce que tu m'avais dit, mais finalement même avec un semi-rigide ça paaaaaaaaaaaaaasse... j'ai aussi bien pensé à toi, j'avais vu ton annonce sur VTtour et je me demandais bien ce qui allait en sortir ! Impressionant un tel niveau de loose !

A un de ces 4 pour qqchose de plus grimpant peut être ?

La bise à tte la famille, à bientôt

Louis

» Par Jerome Gingreau, le lundi 31 Aout 2009 à 15:17

Bienvenu en Val di Lanzo!
Globalement oui, tout ce cote la des Alpes est peu parcouru a velo : deja qu'a la base les italiens sont moins portes sur le "velo de montagne" a proprement parle, mais pour ce secteur la je n'ai trouver quasiment personne pour me dire du bien d'un circuit!
J'ai quand meme du mal a croire moi aussi qu'il n'y ait rien de roulable sur une aussi grande portion des Alpes et prevoit qq defrichage a l'avenir. Mais suite a ton experience, je crois que je vais commencer par petit... ;) Merci pour toute ces info en tous les cas, et felicitation pour la gnack!

» Par Manu Abelé, le lundi 31 Aout 2009 à 17:49

hébé, ça me réconforte dans mon choix de non-vtt! De belles photos quand même...
a+
manu

» Par marika, le mardi 01 Septembre 2009 à 07:39

Trop fort! Shama tu es encore et toujours LA star! :D
Bon merci pour le défrichage, mais je ne baisserais pas les bras aussi vite...Je note que le début avec la descente derrière Lauteret est ok ;-) Y'a plus qu'à trouver une suite qui roule! :P
PS: trop bon le récit
PPS: si Jip me fait ce coup là un jour, il rentre à vélo par la route...moi je vais pas le chercher!!

» Par grizzlyski, le samedi 05 Septembre 2009 à 19:01

Salut Shama

Dans le grand combat qui oppose les forces du mal (les VTTistes) aux Jedi (les trailers), ces derniers allant finalement toujours plus vite que les premiers sur les terrains alpins, je voulais juste par où tu avais décidé de revenir en France.

J'aurais besoin de tes lumières !!!!

arvi et c'était tout de même une belle perf'

» Par magnin, le mardi 08 Septembre 2009 à 16:47

Courage, ta névrose est en bonne voie de guérison.....

» Par nat, le mardi 15 Septembre 2009 à 00:22

Tout ça me rapelle la belle époque de la Nimp'Crew ... mais je crois qu'on était quand même moins masos !

» Par damichou, le jeudi 17 Septembre 2009 à 09:20

Pour de tels défrichages, le monocycle est plus facile à porter... ou alors juste le guidon (tellement léger... ;-) )
Bravos pour le choix de ta famille, là tu n'as pas fait d'erreur dans ton choix à ce que je peux lire.


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