Première partie
Après ces belles courses rocheuses en solo, changement radical de style pour la première course neigeuse de Marine.
J'aurais voulu l'emmener faire le mur de glace du Gioberney, histoire de voir si elle est aussi à l'aise dans cet environnement qu'aux arêtes du Gerbier (il fallait que je venge l'humiliation de la descente à pieds et les courbatures du lendemain

)! Ceci dit une connerie au boulot m'a valu 3 points de suture au majeur gauche un peu avant donc il fallait une course où une main soit suffisante... C'est donc partie pour les Pointes de la Pilatte.
11 Juillet: Pointes de la Pilatte, initiation crampons.
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J'ai beau connaitre "par cœur" cette course pour l'avoir fait deux fois à pieds (une fois dans le cadre du
Pilier NE des Bans) et une fois à skis, je ne suis pas gêné d'y retourner. Le cadre à lui seul suffit à assurer une bonne journée, et le glacier est suffisamment torturé pour éviter l'ennui, sans toutefois être dangereux.
L'approche est comme toujours longue, mais ça permet au moins de justifier la pinte de bière qu'on s'offre au refuge! Et les ronfleurs sont toujours présent, mais ça permet de rendre le réveil plus "attractif"
C'est en effet à 3H30 que l'on se lève, avec les cordées qui partent pour les Bans. Pas vraiment un choix "par plaisir" (le réveil conseillé pour les pointes est 1H plus tard), mais comme 32 personnes ont prévu les Bans aujourd'hui je n'ai pas envie de marcher derrière une colonne de fourmis...
Le déjeuner se veut donc efficace (selon les critères de Marine, car dans les miens il est interminable

) ainsi que la préparation... On part bon derniers, mais un peu plus équipés que la horde qui nous précède.
Arrivé sur le glacier, j'enfile les crampons à Marine et c'est parti! On arrive ainsi à prendre la tête de la cohorte.
L'ambiance à serpenter de nuit sur ce glacier est toujours aussi prenante! On arrive ainsi au petit jour au niveau du dernier replat avant le col des Bans. De ce point, je décide de bifurquer à gauche pour aller rejoindre la très belle arête neigeuse qui mène directement au sommet.
Il faut faire la trace pour serpenter entre trois grosses crevasses, puis une trentaine de mètres en rocher mènent à la base de l'arête.
C'est alors Marine qui prend les devants, pour le plaisir et aussi pour les photos...
Cependant l'arête est très courte, et 5 minutes après on vient déjà buter sur le ressaut final, 2m verticaux puis autant de gradins. Grosse pause au sommet où l'on est rejoint par un couple très sympa.
Après la descente par l'itinéraire classique jusqu'au col entre les deux pointes, on décide d'aller voir en face si l'herbe est plus verte! L'arête rocheuse qui mène au sommet SW est très sympa en crampons, le rocher est bon et ça ne dépasse pas le III.
Du sommet SW on prend le temps de regarder la colonne de fourmis dans la VN des Bans, il y a tellement de monde que les cordées tracent le topo depuis le col W jusqu'au sommet!
On ne tarde ensuite pas trop, histoire que la neige déjà bien molle ne devienne pas exécrable, et aussi parce que la bière et la sieste nous appellent!
Sur le chemin du retour, je profite du beau temps pour repérer le mur de glace: c'est tout bon...
14 Juillet: Mur de glace en solitaire.
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N'ayant encore une fois trouvé personne qui ai les même contraintes que moi, je me tourne vers un solo qui me trottait dans la tête depuis la descente des Pointes...
J'avais en effet repéré que le glacier suspendu du mur de glace était parfaitement bouché, et certainement en neige de névé donc pas de problème avec les températures annoncées assez chaudes.
Je pars donc la vieille après le boulot pour la Berarde, et monte bivouaquer un peu avant le coup de cul final du refuge de la Pilatte. Quelques minutes après avoir croisé le second sentier qui mène à Temple-Ecrins, l'enchevêtrement de deux gros blocs offre un emplacement 5* (des vrais, pas de début de saison

) pour deux personnes. Sol en terre, protection face au vent et à la pluie, vue panoramique sur le mur de glace et les Bans... Il ne manque que la bière pression et les omelettes de la Pilatte!
L'autre avantage de ce bivouaque par rapport à un départ depuis la Berarde, c'est la possibilité de se lever seulement à 5H! Je commence donc la marche d'approche vers 5H40 et me retrouve "au pieds du mur" aux alentours de 6H30.
Contrairement au pic Gény, je n'ai pas pris cette fois la corde de 60m mais un brin de 25/30m, je pars donc plus léger avec un baudrier Cilao, une broche et les deux piolets.
Sur les premiers mètres, peu inclinés et faciles, j'essaye de jouer les Ueli Steck: tout le monde n'a pas son physique... Je continue sur un rythme plus calme et ça tombe bien car la pente se redresse!
Après une soixantaine de mètres, le mur se raidit pour de vrai et il faut traverser un moulin en formation: petit pas en écart bien récréatif!
La suite passe par une sorte de goulet en glace, avec de petits bombés bien ludiques.
Le vide se creuse et le mur se redresse une dernière fois, avec un mur pas loin de la verticale sur 10 bons mètres. Celui-ci est strié par une fissure bien pratique au début pour crocheter, puis qui devient trop large pour les piolets. Ceci dit c'est une aubaine pour les pieds, surtout que les mollets commencent doucement à protester...
Après ce coup de cul, le mur de glace se calme rapidement et débouche sur le glacier supérieur.
Les crevasses se franchissent sans soucis (elles sont parfaitement bouchées) et j'arrive rapidement au pied du ressaut terminal de l'arête NE. Après une rapide tentative en crampons, je décide de passer sans pour être plus tranquille.
Je débouche donc sereinement au sommet, après une ascension vraiment agréable: la sensation de liberté est encore plus forte qu'au pic Gény!
Et puis contrairement à mes craintes, personne ne monte ce jour là au sommet du gioberney, et je peux profiter tranquillement du paysage et flaner au soleil.
C'est aussi l'occasion de faire la descente à fond, avec de beaux saltos sur la partie enneigée. M'en fout, y'a pas de témoins
Je prends ensuite le temps de flâner au refuge, puisque le tour de France passait ce jour-là à Vizille et que je ne voulais pas me retrouver bloqué en fond de vallée au lieu de faire la sieste avec une bonne pinte et une omelette!
Pour une petite idée de l'ambiance dans le mur ce jour là, voir la vidéo qui suit. Elle est un peu longue et le montage basique, mais les images en caméra embarquée rendent bien!
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Nb: La suite bientôt.
Peut-être que la motivation est à puiser dans l'attente de tes lecteurs assidus (en particulier uissans estivaux passionnés).