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Le final du Gény (Avec Marie en 2009).

Sur l'arête. (Avec Marie en 2009).

Retour sur un juillet Uissan. (1/4)

Par rob, le lundi 15 Novembre 2010 à 15:12 :: Alpi :: rss

Comme chaque été depuis que j'ai commencé l'alpi, pour faire original, j'ai "posé mon camp de base" à la Berarde... Loin de l'agitation de Chamonix et de ses approches le plus souvent mécaniques: rien ne vaut un bon vallon de la Pilatte pour se dégourdir les jambes à l'aller, et surtout au retour!
Et puis quel bonheur d'être le plus souvent seul sur des itinéraires préservés! Si l'on évite la traversée de la Meije ou la Dibona, il est facile de trouver des itinéraires sauvages sans avoir à crapahuter dans des terrains pourris.

Je profite d'une ann√©e scolaire plut√īt light en Allemagne pour mettre tout √ßa en ligne, j'esp√®re que √ßa donnera envie √† certains d'aller "repeupler" des classiques oubli√©es comme le di√®dre Candau :wink:

3 et 4 Juillet: √Čchauffement en solitaire.

Pour le premier WE de Juillet, j'avais prévu d'emmener Marine (la nouvelle partenaire de choc pour l'alpi :wink:) faire sa première course dans les écrins. Manque de bol, elle n'est pas dispo. pour cause de mémoire récalcitrant...
Ce fut donc l'occasion d'aller grimper en solo la superbe arête E du Pic Gény, que j'avais déjà parcourue l'année précédente avec Marie. J'avais ce solo en tête depuis mon premier parcours, en effet la voie se prête parfaitement à ça puisque le rocher est excellent et que les difficultés ne sont jamais excessives.

3/07: Pic Gény, arête E. AD-, IV, 700m

Le départ est fixé à 4H depuis le parking de la Bérarde, afin d'arriver dans l'idéal à 7H au pied de l'arête avec les premiers rayons de soleil. J'ai choisi de ne pas bivouaquer afin d'être plus léger dans la voie, ce qui est plus sur et surtout beaucoup plus confortable!
Un seul soucis: √©tant seul et pas trop charg√©, j'avance √©videment bien plus vite que l'ann√©e pr√©c√©dente et arrive au pied de l'ar√™te une heure trop t√īt. J'ai donc pass√© une heure √† faire du th√© pour essayer de me r√©chauffer... L'impressionnante couche de neige qui reste au pied de l'ar√™te n'aide pas √† r√©chauffer l'ambiance !

A 7H, les premiers rayons de soleil atteignent l'attaque de la voie et je commence à m'équiper. Baudrier, trois friends et quelques coinceurs, une corde de 60m en anneaux de buste (avec 10m de réserve que je "traine" derrière moi) et les chaussons au baudrier, j'ai de quoi surmonter un éventuel soucis d'itinéraire ou une retraite précipitée.

Les pas obligatoires les plus durs se trouvent dans les 50 premiers mètre de l'attaque directe, un peu de IV en dalle avec les grosses. Dans cette partie, tout se passe parfaitement: pas d'appréhension et le rythme est bon.
La suite est plus tranquille, le rocher devient très sculpté mais reste sain et possède un grip excellent. De plus il est souvent possible de jouer avec l'arête, en prenant des passages entre le II et le IV+.
Dans ces conditions l'escalade solo donne des sensations vraiment différentes: la fluidité de l'escalade est parfaite, le rythme varie à l'envie et la sensation de liberté est grisante.
N'ayant pas à me préoccuper de l'itinéraire que je connaissait déjà, j'ai profité à fond de cette ambiance durant trois heures.
Que ce soit en solo ou en cordée, je recommande vivement cette voie qui offre 700m de très beau rocher, dans un niveau très abordable, et toujours facile à protéger (avec une dizaine de sangles on peut déjà évoluer sans trop d'expo.) .

La descente aura été moins agréable: elle n'est pas particulièrement difficile mais les conditions n'étaient pas optimales.
Dans le premi√®re partie qui m√®ne √† la br√®che du rouget, les chemin√©es sont remplies de neige tant√īt dure, molle ou glac√©e. Ayant fait le choix de ne pas mettre les crampons (car je pensais que la neige ne durerait pas), je suis oblig√© de ruser sur les bords des chemin√©es.
Pour la deuxième partie, qui est commune avec la descente du rouget, je décide d'attendre l'arrivée d'une cordée de 3 personnes qui partent du sommet. Je crains en effet de me faire bombarder de pierres si je pars devant...
Mal m'en a pris car j'ai poireauté 40 mn pour rien à l'ombre. Ne pouvant plus supporter d'attendre au froid, je suis parti devant alors qu'ils n'avaient pas encore fait la moitié du chemin!
20 mn plus tard, j'étais sorti de la descente.

La suite fut plus proche de la "marche nautique" qu'autre chose, surtout en collant et sans guêtres... J'aurais d'ailleurs tendance à dire que le plus difficile dans ce WE aura été de sécher les grosses :ill:

4/07: Pointes du Soreiller W et centrale: A l'ombre du vent (PD, 3c, 300m) + arête S de la centrale (PD, 3c, 200m)

Voir CR

Pour la journée du lendemain, j'avais plusieurs idées dont la traversée E-> Centrale des pointes, la traversée des arêtes du Burlan et cette "traversée" W->Centrale.
Finalement c'est la dernière solution qui sera retenue à cause d'un temps prévu comme tournant à l'orage.

Le d√©part est plus tardif que je ne l'aurais souhait√© car le premier r√©veil est √† 7H non n√©gociable... Cependant j'arrive assez t√īt au pieds de l'ar√™te S de la pointe W en me mettant un peu la pression.
Plut√īt que d'aller directement dans "l'ombre du vent" avec une approche merdique, j'emprunte les deux premiers ressauts de l'ar√™te S. On tombe alors facilement sur la banquette de d√©part de "l'ombre du vent".

La voie en question est très sympa, homogène dans le III avec un rocher assez bon. Ça grimpe très bien en grosses! Pour les amateurs il est aussi possible de faire des variantes un peu partout et ainsi éviter les spits dans un rocher toujours aussi bon.
Merci à Alain Gendarme pour l'ouverture et le topo! (Et le bonjour si jamais tu passes ici :wink:)

Après la descente par l'arête E, et comme le soleil est toujours là, je pars faire un petit tour du coté de la centrale.
J'aurais aimé faire l'arête W pour obtenir un enchainement plus logique mais je craignais d'avoir de la glace dans le passage N.
J'opte donc pour l'arête S, très sympa même si elle n'est pas soutenue du tout. La fameuse dalle en III+ est relativement sévère et demande un peu d'attention en grosses à la descente.

Au sommet le panorama est superbe, et je suis encore seul pour quelques instant: les premiers "Dibonistes" n'arriveront qu'à la fin de la désescalade!!

La descente en ramasse (à noter que cette technique porte bien son nom quand on fait trop le mariole :happy:) et la bière au refuge ont parfaitement conclu ce WE, le retour vers le boulot se fait en douceur!

Je tiens aussi à remercier les quelques personnes dont j'ai pu faire la connaissance durant ce WE, si par hasard elles passent par là. La montagne tout seul c'est sympa, mais ça fait toujours plaisir de rencontrer des gens!

Rob

Deuxième partie

Nb: Pas de photos de ce WE malheureusement, je voulais grimper light :oops:

Commentaires

» Par un sp√©cialiste, le mardi 16 Novembre 2010 √† 22:01

admettons que l'on parle d'escalade "uissane", alors ton périple juillanesque est "uissan".

un ancien bourcat...

» Par rob, le mardi 16 Novembre 2010 √† 22:10

C'est noté, merci ;)
Je me posais la question car notre langue n'étant pas toujours bien rationelle, le nom Oisans pourrait aussi bien donné l'adjectif Uissan que Uissans :happy:
Parlez en aux étrangers, le français est souvent source de traumatisme à l'école :P

rob

» Par shama, le mercredi 17 Novembre 2010 √† 17:16

Joli et bravo pour les solo(s)...


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