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Après le Craac...on se retourne, et l'avalanche déboule dans le vallon de montée!!

On ne s'en lasse pas. Un aérosol comme ça, je n'en avais vu que dans "Vertical Limit" au cinéma ;-))

Voila, tout est redevenu calme...On peut continuer la montée!!!

Finalement, elle se passe bien cette descente...même si c'est raide!!! La partie expo est finie, reste plus qu'à plonger dans la partie raide..

Ah...les 4x4 vertical... Le crapeau bondissant, je crois que c'était moi ;-)

Aurelien enquille dans le 50° du bas

Et Olive se paie le Luxe d'un petit saut de Rimaye!

Arrivés dans le vallon...c'est l'apocalypse

C'est d'ici que c'est parti!

ouai..on a eu chaud!

Reglement de comptes

Par marika, le lundi 15 Mai 2006 à 11:15 :: récits :: rss

Y'a des mythes qui ont la vie dure...
Samedi 13 Mai, c'était règlement de comptes collectif au Couloir Maximin. Squal et Jip avaient un but à effacer...
Et moi...pas un but, mais une grosse frayeur!!

Ce couloir, c'était ma (presque) première pente raide, il y a 3 ans, et on peut dire que je m’en souviens ! Tellement que j'en ai fait un mythe de ce couloir... j’arrête pas de bassiner tout le monde avec mon Maximin, Alors bon, je me suis dit, au lieu de mythoner autant y retourner, s’apercevoir que c’était pas SI raide que ça, à peine expo, et on en parle plus !
Tiens, d'ailleurs, c'est drôle, ce jour là, je m'étais jurée de ne plus jamais refaire de pente raide...

Le 22 Mars 2003:
Avec une bonne équipe, composée surtout de rigolos plus que d'expérimentés des couloirs en rando, on part vers la Lavey avec comme objectif le Maximin. Enfin, moi comme d'hab je suis la troupe, je n'ai même pas regardé les topos, et on ne m'a pas vraiment expliqué la difficulté de la course...
Mais bon, j'ai fait la NW des grands moulins cette année, alors quand même, y'a pas de raisons que je me fasse peur dans un petit couloir de rien du tout, même pas long!
Dans l'équipe, on a Aurélien (le futur freerider, dit "Sonic"), Olive qui est toujours là pour les plans foireux, et fredo qui savait pas quoi faire ce WE là justement...
On est super affutés cette année là, alors on fait la course sur 2 jours:
- samedi, montée à la Lavey (on arrive exténués au refuge, ben ouai 400m de D+ avec des gros sacs, quand même!!)
- dimanche, Maximin.
Tiens, en montant on me montre une espèce d'écharpe de neige qui va tout de traviolle..."Quoi???? c'est la que vous voulez m'emmener? mais vous êtes surs que c'est pas raide ce truc? non? ah bon, ok alors, on verra demain".

Et au refuge, c'est rigolo, on croise justement 2 gars qui en reviennent du Maximin, et qui ont fait demi-tour au début du couloir. (Ben ouai, à l'époque, la terminologie "but", moi je connaissais pas. Et le #NIS...n'en parlons pas!!). Après de multiples recoupements, j’ai appris cette année que les 2 gars en question, c’était Jip et thomas…Je ne m’en souvenais même pas, le seul truc que j’avais retenu, c’est que Thomas avait les mêmes skis que moi (les regrettés 4x4 vertical déco bois…)
Ils avaient fait demi-tour dans la partie la plus raide, avec une neige qui n'était pas des plus engageante!! Mais il nous en fallait plus que ça pour nous faire renoncer…

Le 23 Mars 2003:
Hé ben c'est parti, on s'est levés tôt, il nous faut bien ça pour arriver avant la nuit au couloir, on est pas des flèches!!
Le reste des groupes partent vers les Fétoules, on sera tranquilles...
Enfin presque! on voit se rapprocher derrière nous un convoi de 4 personnes qui nous rattrapent à vitesse grand V (enfin peut-être pas grand V, mais comparé à notre vitesse à nous...).
Ils se séparent, et 2 d'entre eux tracent vers le maximin. C'est déja ça, au moins on aura pas la trace de montée à faire!!
Les 2 fusées en question, c’était OLE et Oliv de Volopress, mais encore une fois, moi, les voloboys a cette époque là, je croyais encore que c’était le nom d’un Boy’s band…
On arrive péniblement à la rimaye, et moi pendant ce temps, je commence à la trouver de plus en plus raide cette pente du bas...au pied des hostilités, je suis plus très chaude. "Dites les gars, c'est pas un peu raide pour moi, ça?"
Mais Olive et Fredo ont déjà chaussé les crampons, et commencent à franchir la rimaye.
C’est à ce moment là qu’on entend l’énorme craquement, accompagné d’un gros Baouuuum…le tout suivi d’une sorte de silence total, pendant que notre sang se glace, qu’on se sent comme figé sur place avec comme seul reflexe de lever la tête pour voir si ça nous arrive dessus…Mais rien. Le grondement enfle, grandit, et se répercute dans tout le vallon tandis qu’on comprend enfin : c’est derrière nous. Une gigantesque aérosol, comme dans les films, déboule de l’aiguille de l’Olan. Une chute de Sérac a provoqué cette énorme avalanche, et en quelques secondes, c’est tout le vallon de montée qui est englouti dans le nuage, et ravagé par l’avalanche.
Ouf…les jambes tremblent encore, mais ce ne sera pas pour cette fois. Inutile de se mettre à réfléchir qu’à une heure près, on était broyés dans les blocs de sérac, sans aucune possibilité de réchappe. Comme quoi, c’est bien de partir tôt du refuge !!
Les autres repartent, ils semblent sereins, comme si de rien n’était.
Moi, je n’ai pas trop digéré le choc. Je suis blanche comme un cachet, un crampon encore à la main, et je commence à psychoter sur la montée…
Mais bon, apparemment personne n’a envie de s’apitoyer sur mon sort et ma grosse frayeur, alors il faut bien monter !
Aurel est derrière moi, et il doit bien psychoter un peu aussi, car il est terreur en haut du raide au niveau de la traversée au dessus des barres. Moi je suis terreur aussi, mais avec Aurel, on a un deal : à la montée, c’est moi qui assure et qui le « tire », et à la descente, c’est son tour de me rassurer. Donc je l'encourage comme je peux à me suivre dans la montée...
Mais dans ma tête, ça tourne en boucle : «en rentrant, je m’achète 2 piolets traction, c’est la dernière fois que je monte avec ce piolet playmobil qui sert à rien ». « D’ailleurs, si jamais je m’en sors, et que j’arrive vivante en bas de couloir, c’est juré, je ne referais plus jamais de pente raide ». Finalement, sur ces réflexions, je ne vois pas passer le reste de la montée, et le collu sommital arrive, alors que la pente est de plus en plus plate.
Et c’est la pause pique-nique dans le silence le plus total, pendant que les 2 sympathiques voloboys entament la descente, tranquilles. Pour ce qui est de notre petite équipe, personne ne dit plus rien, à peine un mot échangé sur l’avalanche. On est tous bien crispés par la perspective de la descente, on arrive même pas à avaler un demi mars. (et ça repart…ou pas !!).
Bon, ben du coup, va bien falloir y aller…Je suis hyper crispée sur les 1er virages, car la neige est dure, et sous les pieds, c’est toboggan au dessus des barres. Mais bon a cet endroit, peu de pente, alors on peut se « chauffer ». Aurel me rassure comme il peut, je fais un ou deux virages stem comme je sais si bien faire...et c'est parti!! Arrivés aux choses sérieuses, ça va mieux, les virages sont plus « détendus », jusqu’à la pente finale où on peut se lâcher à enchaîner dans du 50° car peu d’exposition….
Olive et Fredo se paieront même le luxe de nous faire un petit saut de rimaye !

Arrivés dans le vallon, c’est un paysage apocalyptique qui nous attend : tout est ravagé, jonché de blocs de séracs, et on réalise à ce moment là à quoi on a échappé. Impossible d’éviter une telle coulée. Sur le bas, un bruit d’hélico : les secours viennent en reconnaissance, c’est Thomas qui les avait appelés à leur descente des Fétoules quand ils ont vu le vallon ravagé, sachant qu’il y avait du monde par là-bas. On leur fait signe que tout va bien, et on apprendra par téléphone qu’eux aussi ont été très impressionnés par l’ampleur de la coulée.
Voilà, le week-end se termine, on est hyper fiers d’avoir réalisé notre objectif et fait cette course qu’Aurélien avait repérée dans les « 100 plus belles ». D’ailleurs ils ont fini par me lâcher que c’était un 5.1, après coup !!
Mais moi, ma saison est finie…je n’ai plus le moral pour partir en rando, ça reviendra l’année suivante !! Depuis, j’ai oublié mes bonnes résolutions, et j’ai refait quelques pentes raides, non sans avoir toujours la même appréhension en haut ! Par contre, dès que j’entend le moindre craquement ou grondement caractéristique, c’est la panique.

3 ans plus tard…
Pour cloturer la fin de saison de la loose team et le passage des 100 000 de Squal, on opte pour un WE à la Lavey, avec Maximin et Rouies. Cette année, j’ai eu envie de retourner le faire, ce couloir qui m’obsède tant. Justement, histoire de démystifier un peu tout ça, l'avalanche, la raideur de la pente, et l'expo que j'ai gonflé de façon exponentielle depuis 3 ans!!
Je motive les loosers, ça tombe bien, eux aussi ont leur compte à régler la-bas…surtout Jip qui y avait buté la veille de notre course !!
La montée se passe bien, quoiqu’on soit partis un peu tard probablement du bas : on sera vers 10h/10h30 au pied du couloir, et on s’est aperçus que malgré son expo Nord, il prend le soleil très tôt le matin. Mais on s’inquiète plus pour la qualité de la neige (croutée ??) que pour autre chose !!
Pendant toute la montée, je garde un œil sur ces foutus séracs, si jamais y’en a un qui bouge, je me taille !! Mais rien, évidemment. Alors je bassine tout le monde avec mon histoire d’avalanche, comment au niveau de la rimaye j’ai eu la peur de ma vie…Ils sont sympas les copains, ils osent même pas me dire que je radote.
On arrive à la rimaye, justement. Un gars devant nous est monté en raquettes jusqu’au couloir, il a fait l’A/R à pieds et finit sa descente. La neige a l’air pas mal dans la partie raide du bas, Jip suivi d’Amanda et de Squal courent déjà devant, les skis sur le sac…Moi, je prends un peu mon temps, d’ailleurs j’ai mal aux jambes. Exactement au niveau de la rimaye, on entend un gros Boum, suivi d’un grondement…
c’est pas vrai !!!!
Mon sang se glace, et comme m’a dit Squal, je suis devenue plus blanche que la neige. Immédiatement, je me retourne, je pense aux séracs. Mer…c’est pas là !! c’est au dessus alors ??? ça gronde, ça gronde, et encore rien qui nous tombe dessus. Soudain, ça jaillit à droite, par dessus les barres : un gros jeyser de boulettes de purges, canalisées dans la fin du couloir. Ca dure un petit moment…Et moi, la grosse terreur m’a repris. J’enlève le sac, je remballe tout, je ne pense qu’à une chose, me mettre à l’abri plus bas !! C’est quand même pas possible que ça arrive à nouveau au même endroit…Les autres, au milieu de la pente, n’ont pas vu directement la coulée débarouler. Quand ça s’arrête, ils continuent à monter dans l’idée de chausser au niveau de la traversée. Je leur crie de descendre, mais je pense surtout à me barrer, moi !
Une fois à l’abri (impossible de faire un seul virage avec les jambes tremblantes !). Je les regarde progresser du bas. Et franchement, je suis énervée de voir qu’ils ont continué à monter. Ca va forcément recommencer ! Je leur hurle dessus… descendez, mais qu’est-ce que vous foutez !! faut pas rester là, allez, descendez !!
Mais rien. A part un nouveau craquement, et cette fois de grosses boulettes de glace parties plus à gauche leur arrivent droit dessus. Un gros bloc frole Squal et les 2 autres, avant de rebondir dans la pente finale. Cette fois, ils ont compris…Squal est figé au milieu de la pente, je lui hurle de descendre tout de suite, à pieds, il chaussera en bas. Amanda ne bouge plus en haut de la pente, elle commence ses manips pour chausser. Jip monte encore un peu, histoire de trouver un emplacement plus confort…
Quand ils arrivent à mon niveau, je les engueule, il faut dire qu’ils m’ont fait une belle frayeur à s’entêter comme ça…

Pour le règlement de comptes au Maximin, c’est raté. Il y a des mythes, comme ça, qui semblent devoir durer toujours…Et faut croire que ça sert à rien d’aller les bousculer !! ;-))

Commentaires

» Par Ricil, le lundi 15 Mai 2006 à 14:20

Marika aimait Maximin
Mais Maximin est un coquin.
Il aime lui faire très peur
Et lui filer de froides sueurs !

Il sait se faire désirer
Depuis le refuge de la Lavey.
Il est en biais et pentu,
Et peut-être même un peu tordu.

Ca tombe bien car Marika
Les aime dans ce style là :
Bien dur et bien raide,
Au secours, au secours, à l'aide !!!


Ah, des fois, y'a des mythes, c'est plus impressionnant qu'il n'y parait ! Et des fois, c'est l'inverse...!

"Pour cloturer la fin de saison de la loose team", j'aurais préféré clore, y'a besoin de moins de piquets et de barbelés !!!

Sinon, du beau style, une belle prose et une bonne expérience, bien gérée. Continue Marika et tu vas concurrencer Squal !

» Par henyan, le lundi 15 Mai 2006 à 14:26

Sage déscision d'avoir fait demi tour, il y a des signes qui sont significatifs; Et le maximin il sera toujours là l'année prochaine pour que vous le terminiez avec des conditions plus accueillantes.
Finalement on retrouve tous le monde dans ces montagnes !

» Par joebar, le lundi 15 Mai 2006 à 14:33

Chouette récit, là aussi on sent que c'etait "nécessaire" ;-)
Je ne crois pas aux mythes, encore moins aux coïncidences. Vous étiez trop tard ce jour, c'est tout. En tout cas, même pas j'imagine ta réaction quand ça a craqué...
Euhh...le 50 du bas, faut le fumer en se levant de bonne heure hein! ;-))

@Ricil : EnoooOOOOOOOOOoorme!! il a osé dans un lieu public... ;-))

» Par squal, le lundi 15 Mai 2006 à 15:00

Tu nous l'as raconté plusieurs fois cette avalanche, mais le lire est bien plus poignant. Sinon pour cette année on s'est fait une belle frayeur même s'il n'y avait pas forcément de raisons... Enfin on va dire ça comme ça !
Personellemenent ça fait surtout 2 fois que je me fais frôler par une bête rebondissante cette année. Un gros bloc à la Brèche Philippe (tu t'en souviens mieux que moi Marika...) et samedi par ce bloc de glace... Et elles vont vite ces bêtes alors je ne veux même pas imaginer si elles m'avaient touché !

Bon et bien désolé de t'avoir tant fait peur :(. Je t'avoue que ce n'était pas le but :oops:.
Par contre ça t'a peut-être aidé à en parler... Il fallait que ça sorte !

Sinon pas mal la prose. Attention danger ! Si tu commences à relater les week-end de la Loose Team va falloir qu'on se méfie... Je ne serais plus le seul :ill: :D

@Ricil : Ah les poètes :lol: :wink:

» Par denis, le lundi 15 Mai 2006 à 15:26

Marika,

tu t'es entétée. Le choix n'est pas bon des le départ.

1/ Isotherme 0° en hausse ce jour la.
2/ Le maximin n'est pas NORD mais NE.
3/ Nombreuses chutes de neige la semaine précédente.
4/ Pente large style Col CLAIRE
5/ Rive droite sous des barres innomables ou ca degueule

Vendrdi je suis pas sorti car j'ai mesuré les risques et j'ai dit je joue pas. Vous avez joué. Vous avez eu chaud

Tant mieux vous vous en sortez.

PS : achete un VTT et on e discute

» Par Amanda, le lundi 15 Mai 2006 à 15:30

'joli' récit, Marika, tu fais bien de radoter des fois :-)
Par contre tes résolutions ne sont toujours pas tenues : tu continues la pente raide, et tu as toujours un piolet mickey :-) Ton anniversaire est encore loin en plus!

» Par Batman, le lundi 15 Mai 2006 à 15:37

Bravo Bernadette, c'est poignant!
On y retournera l'année prochaine....

» Par marika, le lundi 15 Mai 2006 à 16:41

@Ricil: merci pour cette prose rafraichissante, et toute en finesse! :lol: pour le "cloturer", c'était un petit clin d'oeil à Squal...
@Henyan: l'année prochaine??? alors ça, ça risque pas...j'ai eu ma dose!
@joebar: trop tard, c'est sur! pas de coïncidences, on est d'accord, mais je m'en serais passée sur ce coup!
@squal: pour les récits de la loose team...c'est toi le spécialiste! je ferais peut-etre quelques contre-blogs si c'est nécessaire! :wink:
@Denis: t'as pas tort pour ce qui est des conditions "previsibles", mais c'est tjrs plus évident après, et vu du canapé, non? je n'ai pas eu la sensation de "jouer", je peux te dire que j'y serais pas allée sinon!!
@Amanda: j'accepte les dons, pour le piolet! c'est dingue ça, j'ai pas encore assez fait pleurer dans les chaumières? :wink:

» Par Jeroen, le lundi 15 Mai 2006 à 18:52

Super ton blog Marika, tu va pouvoir nous régaler :happy:

» Par Sonic, le mardi 16 Mai 2006 à 08:17

Protagoniste de la première session, je garde de cette journée un souvenir tout particulier.
On peut dire ce que l'on veut un mythe reste un mythe.
Pour moi il en sera de même et l'idée de démystifier ne me traverse même pas l'esprit !
Comme le dis Marika première "Pente raide", des conditions de neige sympas mais pas démentes, froide et bon grip et pas grosse poudre...
Je lis les commentaires, c'est plat, c'est facile tout ca.
J'ai fait quelques sorties dans le même niveau et je ne me souviens pas avoir skier un truc aussi impressionnant. Quelle part pour le mythe ???
Une chose est sûre ce n'est vraiment pas donné.
Définitivement cette journée si bien décrite par Marika restera ancrée dans ma mémoire. Cette avalanche et surtout cette descente magique ! Et quelle ligne vu de la route...

» Par joebar, le mardi 16 Mai 2006 à 09:59

Je pense que la mystification d'une pente, ou de n'importe quoi, conduit à un manque d'objectivité criant. Concrètement, et sans avoir d'à priori, ce couloir m'a beaucoup plu, l'ambiance est haute montagne, mais la pente pure justifie à peine la cotation.

» Par marika, le mardi 16 Mai 2006 à 10:19

joebar, le débat n'est absolument pas de savoir si la cotation est juste où non, si la pente est à 50 ou pas, et raide ou plate!!
Je raconte juste mon ressenti personnel de cette course. Si je l'ai "mystifiée", cette pente, c'est parce que j'y ai ressenti une ambiance particulière. Ce jour là, j'ai skié à ma limite, j'ai eu peur, et cette expérience est super positive pour moi. Le mot de "mythe" est certainement très mal approprié, mais je souhaite à tout le monde de connaitre la même sensation un jour. Parce qu'après ça, tu ne te sens plus jamais invincible: tu es capable de relativiser la difficulté ou le danger de la montagne, tu sais où sont tes limites. C'est aussi ça qui peut t'empêcher, par la suite, d'aller trop loin en montagne, ou de passer les limites en les ignorant jusqu'à l'accident...(ou pas!)
Moi je préfère être une trouillarde avertie qu'une envoyeuse inconsciente :wink:

» Par joebar, le mardi 16 Mai 2006 à 10:33

... et tu as raison! Par contre, ne pas généraliser la sensation de skier à sa limite à une relativisation du danger en montagne, là je suis pas d'accord. Tu mélanges une limite objective (gestion du stress, limite technique) avec des facteurs naturels nettement plus aléatoires!

Pour la pente, heureusement que y'a pas de débat! c'est plat! ;-)

» Par Valentin PASQUIER, le mercredi 17 Mai 2006 à 12:55

ça fait froid dans le dos!
Tu as bien raison marika, il vaut mieux rennoncer que continuer lorsque l'on a un doute. Sinon attention au cassage sur le tchat il y a un nouveau modo!!

» Par Marco, le mercredi 17 Mai 2006 à 16:05

Jolie description, j'en ai froid dans le dos, mais tout le monde sais que je suis un craintif...
Je ne sais pas si j'y retournerai un jour. La fois où je l'ai fait, j'ai eu la peur de ma vie. C'était en....juin 1984 !
La neige était goulottée, gelée d'un côté, pourrie de l'autre et la rimaye béante, prête à te dévorer tout cru. Le tout en skiant comme une luge à foin...

» Par OLE, le mercredi 17 Mai 2006 à 22:27

@ Marika: Effectivement ce jour là on a eu l'impression d'avoir grilllé quelques Joker...En descendant on se disait "ouarf, des fois ca a juste fait du vent et en se collant à l'abri derrière un rocher on aurait pu s'en sortir": une fois dans les débris on a compris que même avec tous les ARVA du monde et un sondage battage, on aurait pas récupéré grand chose de nous si on avait été pris dedans, ou alors des fragments de la taille d'une pièce d'un euro...
@ Denis: vendredi c'était pas forcément mauvais en se levant tôt, c'est jeudi qu'il fallait pas aller taquiner sous les pentes ensoleillées même très tôt....(purges au premier rayon de soleil).
@ Joebar: j'ai ressenti la même chose que Marika et ses compères en descendant le couloir: un appel des barres du bas dans le 45° du milieu où on avait du mal à enchainer tant la pression se faisait sentir, par contre dès que l'on basculait dans le 50, et ce jour là c'était bien du 50° bien tassé, au dessus de la rimaye, l'expo n'étant plus présente on s'est bien lachés. Pour moi c'est un 5.1 indécotable qui est resté longtemps pour moi la référence du 5.1. C'est comme en escalade, quand on taquine son niveau maxi (par exemple 6a/b) on arrive mieux à coter des voies aux alentours de cette cotation qu'un Kdor qui passe du 8a.
J'ai également envie comme Marika de démystifier ce couloir ; ca tombe bien Hélène ne l'a pas fait...par contre depuis je me méfie des Séracs hauts perchés...

» Par marika, le jeudi 18 Mai 2006 à 13:58

@Marco: avec la rimaye béante en plus... je n'ose même pas imaginer l'ambiance!!
@OLE: merci pour ton retour, c'est sympa d'avoir tes impressions!
si vous y retournez un jour avec hélène, j'espere que tu auras plus de réussite que moi pour la "démystification"!! :wink:

» Par joebar, le jeudi 18 Mai 2006 à 14:15

La moralité de cette histoire, c'est encore et toujours d'aller au bon endroit au bon moment! ;-))

» Par Mic'hel, le dimanche 21 Mai 2006 à 13:23

Toujours intéressant à lire ce genre de récit. Cela dit, s'agissant d'une chute de séracs, je ne suis pas trop d'accord avec le "Comme quoi, c’est bien de partir tôt du refuge !!"
Bonne fin de saison. Moi j'en suis déjà à photographier les papillons!

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