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Le Mont Blanc depuis Chamonix.

Cinq minutes avant le départ : Coeur à 100 puls/mn

SHERPA Dawa avant le départ. Respect.

Première montée et couché de soleil sur le Dome du Gouter.

Mon sac lors d'un ravitaillement.

Ravitaillement nocturne.

Base à Courmayeur.

Dans les rues de Courmayeur.

Chassé-croisé avec Olivier durant toute la course.

L'envers du Mont-Blanc : c'est super beau.

On ne s'en lassera jamais des montagnes.

La Fouly : Le massage me fait du bien.

Ravitaillements bien fourni.

Encore quelques montagnes avant la nuit.

Arrivée ! Cette année c'etait la bonne.

UTMB 2005 - 2006 - 2007

Par Daniel MARTIN, le mardi 04 Septembre 2007 à 18:40 :: Raids et Trails :: rss

UTMB 2007 :

Site de la course : http://www.ultratrailmb.com/accueil.php

Les cinq mois précédent l’utmb :

Préambule :
Depuis l'été 2006 je traîne une douleur au genou.
Médecins, ostéopathie, homéopathie, médecine du sport ... IRM ... Rien !
Et pourtant dès que je recommence une serie de footing, la douleur revient. Simple gêne ou vive douleur, cela arrive de façon assez aléatoire, tant au repos qu'à l’effort. J'ai passé tout l'hiver au repos (pas de ski de randonnée) mais juste une petite saison de skating. Seul sport qui ne me faisait pas mal. Avec comme objectif pour cette première année de ski de fond : le Marathon des Glières (42 km de skating).
Le finir a été déjà un beau challenge pour moi : 2h22" et 256/339.

07 Avril : Premier footing depuis 7 mois. Reprise d'un entraînement cool avec comme premier objectif : Le trail Cruet (73km +/- 4000 mètres) mi-Mai. Deux sorties par semaine et les 2/3 en montagne. Je termine Cruet en 11h28 avec un passage de 2 heures dans la course ou j'ai du marcher dans une longue descente. Genou douloureux. A 20 km de l'arrivée la douleur est partie. Je termine les derniers km à vive allure. Je ne comprends pas, je n'ai plus eu mal sur la fin du parcours ni toute la semaine suivante !
J'arrête les entraînements pendant 7 semaines jusqu'à début juillet.
10 Juin : Raid avec Franck à Amphion ou nous avons fait 3 ème l'an dernier. Je m'étais engagé à le faire cette année. Nous finssions 7 ème malgré deux grosses erreurs qui nous ont coûté le podium. On reviendra l'an prochain.
Juillet : Une dizaine de sorties dans le massif des Bornes (C'est chez moi : Jalouvre, Pointe d'Anday, Sous-Dine, Les Glières ... etc ... ).
Jamais plus de 4 heures. Pas de compétition. Peu de course à pied.
1er Août : Gros doutes : grosses douleurs même au repos. Impossible de faire un footing. Je consulte encore un autre Ostéopathe (sur Strasbourg) qui me détend la nuque. Une semaine plus tard j'ai pu faire une grosse sortie en Chartreuse.
11 Août : Genou à nouveau douloureux. Je consulte in extremis un ostéopathe (annemasse) qui me manipule les vertèbres à ma demande et un acuponcteur (4 séances en tout) 10 jours puis 5 jours avant l’utmb.
J-2 : Footing. Je test le genou dans une descente : une légère gène sans douleur. Ca à l'air d'aller mieux. Je n'ose pas trop y croire.
H-4 : Je vais à Chamonix vers 15h00. Ca grouille de monde. J'ai mal dormi les deux dernières nuits. Classique.
H-1 : Je suis sur la ligne de départ avec Olivier M., un copain rencontré l’an dernier ici. Nous essayons de rester à peu près devant. Ca bouscule. Musique à fond, mais heureusement moins fort que l’an dernier.
Toute cette semaine je me demandais si je devais faire cette course.
Maintenant c'est sur : je prends le départ !!!

Pendant ces cinq mois j'ai réussi à m'entraîner tant bien que mal.
Moyenne d'entraînements par semaine : 1800 mètres de dénivelé / 2,2 sorties / 6h30".
Soit en tout : 38.000 mètres en 46 sorties essentiellement en montagne .

J'ai loupé l'inscription du Trail de la Vanoise ou j'avais si bien couru l'an dernier (18/400 en 9h54"). Je n'ai pas assez d'entraînements longue distance et je suis inquiet de ne pas pouvoir tenir les 163 km de l'utmb.

La Course :

Départ : 18h35 : C’est parti. Je m’élance dans cette foule de coureurs entourés par des milliers de spectateurs dans les rues de Chamonix. Chaque année la foule grossit. Certains coureurs sont pressés et doublent en zigzagant. Je prends le soin de ne pas m’affoler et de rester sous les 160 puls/mn pendant maxi une heure. La montée à Voza calmera les plus virulents. Je retrouve Olivier que j’avais perdu du vu. Nous courons avec HERRY Karine, première féminine de l’an dernier en 25h22 ! Nous sommes beaucoup trop rapide.
Les Houches - 8km: Je garde les bâtons dans le sac. Je les prendrai après la Balme. Je cours avec Olivier M. mais il a un rythme plus élevé que moi. Je décroche rapidement. Puis c’est Pascal L. qui me dépasse. Pas grave. Je ne suis pas là pour faire la course entre copains. Cette première montée est raide et on voit déjà quelques coureurs en détresse. Jean-François fait parti de ceux-là, parti trop vite, il accuse le coup.
Beau spectacle là-haut sur le massif du Mont-blanc avec le soleil couchant. Les montagnes prennent de belles couleurs. Notamment le Dôme du Goûter.
Première descente sur St Gervais, raide. Normal, ce sont les Alpes !
Ca passe bien et mon genou tient bon. Quelques bons descendeurs avalent la pente comme s’ils faisaient un cross de 10 km : j’espère pour eux que leur mécanique est bonne.
St-Gervais : 21h02 - 21km - La foule est au rendez-vous. Cloches, applaudissements, encouragement fusent. Ca fait chaud au cœur. On sait qu’il vont rentrer chez eux se coucher ce soir et ils savent que nous, nous avons deux nuits à passer dehors. Ils nous sentent forts courageux, héroïques pour certains, fous, débiles, et inconscients pour d’autres. Nous, on se sent fragile vulnérable et anxieux … Mais nous cachons nos doutes et nos faiblesses. On sait au fond de nous que chacun à sa chance de boucler le tour. Chacun à son rythme. Ceux qui y arriverons ce sont ceux qui ne partirons pas plus vite que ce dont est capable leur organisme.
Je m’arrêter 30 sec. pour remplir le Camel back et je bois une soupe en marchant. Une longue montée au col de la Croix du Bonhomme nous attend. Tranquille au début, raide sur la fin. On va tous devoir affronter pendant cette course une succession de dix cols. Mais je ne réalise plus ce qui m'attend. Je suis comme dans une bulle, ne pense qu'au présent et vis intensément ces moments. Le chemin est facile, on peut bien courir.
Contamines : 22h25 - 30km - Je ne m’arrête pas. Je passe en mangeant une soupe et des gâteaux salés. J’ai adapté ma vitesse de progression pour être à 145 Puls/mn. Je suis 8 Puls/mn sous mon seuil lactite théorique (de l’an dernier). Une petite marge pour être sur d’être en dessous de mon seuil pour éviter les crampes et aussi les courbatures d’après courses. Je trottine sans doubler. Je dois être à ma place dans le peloton. Mais comme je passe très peu de temps au ravitaillement, je dois gagner des places à ce moment-là. Jamais plus de 2 minutes aux quatre premiers ravitaillements. Les spectateurs sont nombreux. Le bruit dans le village est prenant, envoûtant.
En attaquant la montée à la Balme, je sors les bâtons. Le raidillon en pierre est glissant et une nuit noire s’est abattue sur nous. Les frontales sont dehors depuis longtemps.
La Balme : 23h42 - 38km - Je reste 90 secondes au ravitaillement. Le temps de faire le plein d’eau, dernier ravitaillement avant les Chapieux. Je bois deux verres de coca et une soupe. Je suis soulagé que mon genou me laisse tranquille. Moi qui ai tellement souffert lors des deux derniers mois et cela dure depuis 1 an !
Dans la montée au col je croise Pascal L. avec un coup de moins bien. Parti trop vite ou mal géré l’alimentation ? On peut très vite avoir un coup de fatigue, de fringale si l’on n’est pas vigilent à plein de détails.
Doser ses efforts, s’alimenter, boire régulièrement, écouter son corps …
On s’élève dans les premières montagnes et derrière nous une file de frontales serpente dans la vallée. Les 2300 personnes s’étirent maintenant sur environ 10 Km.
Entre le col et le refuge du Bonhomme je double quelques concurrents hésitants sur cette partie délicate en rocher. J'adore ce type de terrain, j'en profite. La lune s’est levée, nous inonde de sa lueur comme pour nous montrer le chemin. Puis une longue descente en herbe (glissante) nous attend. Quelques minutes en arpentant doucement la pente pour chauffer les muscles, puis je prends un rythme normal. En tant que bon descendeur, je gagne quelques places malgré mes efforts pour descendre doucement et ménager mes articulations. Peu avant la fin de cette descente je glisse et n’arrive pas à me rattraper. Ploum. Je m’étale de tout mon long sur le coté, dans la boue. Je ne me suis pas fais mal. Je ne suis pas le seul à tomber et certains se font très mal dans cette première descente nocturne. L'herbe est mouillé et c'est super glissant. Beaucoup de coureurs vont chuter ici.
Les Chapieux : 01h44 - 49km - Là encore une petite foule nous accueille. Vont-ils rester toute la nuit ? Il est déjà tard ! C'est super sympa. Je m’arrête 8 minutes. Une photo souvenir puis deux verres de coca. Je prends avec moi des gâteaux salés, du fromage et une soupe que je vais manger en marchant. J’avale aussi un bout de gâteau sport que j’avais dans mon sac. J’ai l’impression d’être en grande forme. J'ai du mal à croire que je suis arrivé jusqu'ici sans douleur et dans un temps correct. Je suis sur une base de 30 heures environ. Moral au beau fixe.
Première nuit avec une météo super favorable. Les quelques kilomètres de route je les fais sans frontale. Comme c’est agréable de marcher en pleine nuit, par beau temps, avec la lune : une qui doit se demander se que font tant de personnes en montagne à cette heure-ci ! Je laisse la frontale éteinte tant que je suis sur la route. C'est beaucoup plus agréable et préserve les piles.
On aperçoit à gauche la descente qu’on vient de descendre et là, c’est un fouillis de frontales qui dansent un peu partout. Chacun cherche son chemin.
Pendant ces longs faux plats montant, on a le temps de penser, méditer … Je fais le point sur ma vie, le boulot, Laetitia, la maison, tout y passe. Je suis partagé par le regard qu’il faut avoir sur ce sport. C’est un tel plaisir que les souffrances on les oublie. Mais c’est un sport égoïste … Toutes ces heures passées en montagne à courir, sont des heures que je ne passe pas avec Laetitia, les amis, la famille. Difficile compromis entre l’entraînement et la vie privée. Surtout que l’hiver, y’a le ski de randonnée, autre passion ...
Je me retrouve un peu seul dans cette montée pendant plus d'une heure. Soudain une personne derrière moi me demande : C’est toi Daniel ? Puis de suite … ah, non, j’ai dû me tromper. Je lui demande, Daniel qui ? Et là, c’est bien moi qu’il cherchait. C’était Olivier. Il a dû s’arrêter aux Chapieux pour une entorse de la cheville. Tombé à plusieurs reprises dans la descente, l’une des chutes a été plus vilaine. Je me retrouve donc montant au col de la Seigne avec Olivier. Je pense qu’à ce moment-là je n’aurai pas dû rester avec lui. Inconsciemment, je prends un faux rythme, le sien et j’oublie en plus de m’alimenter. Grosse erreur.
Col de Seigne : 04h06 - 59km - Petit vent mais la fraîcheur des jours précédents s’est envolée. Il reste encore quelques traces de neige fraîche ! Quelques jours plus tôt, c’était la tempête ici ! Il a neigé bas cette semaine et il a gelé à Chamonix ! Nous avons une chance énorme.
Le passage du col m’est difficile. Je commence à ressentir un début d’hypoglycémie. Plutôt que de m’arrêter pour manger, je continue et descends jusqu’au prochain ravitaillement. Le pas un peu hésitant, les jambes fragiles, je n’ai plus faim et j’ai même du mal à boire.
Refuge Elisabetta : 04h37 - 63km - J’arrive au ravitaillement. J’essaie de boire. Je m’accroupis pour faire quelques étirements et en me relevant des vertiges me font vite m’assoire. Je dois rester quelques minutes ici si je veux repartir dans de bonnes conditions. Je me force à manger quelques barres de céréales sans envie. J’ai fais une grave erreur, 3 heures sans manger et avec un rythme un poil trop vite dans la fin de la montée au col. Trente minutes de repos et quelques verres de coca plus tard, je me remets en marche. Olivier est déjà loin.
Je trottine au lac Combal. Je vais mieux, le genou est toujours ok. Super.
Montée à l’arrête Mont Favre : grosse galère. J’ai les jambes en guimauve. Je me traîne en essayant de grignoter des barres de temps en temps et des petits groupes de personnes me doublent. C’est rageant.
Col Chécrouit : 06h36 - 72km - Les descentes et les plats sont sans problème. J’avance encore bien mais partis sur une base de 29/30 h jusqu’aux Chapieux, je me retrouve maintenant dans des horaires de 33 heures environ. Le jour se lève, le ciel est magnifique avec un dégradé de bleus parfait. Nous sommes maintenant en Italie. Je retrouve Olivier également en difficulté au refuge et nous descendons ensemble.
Courmayeur : 07h15 - 77km - Petit moitié. Je voulais m’y arrêter que 20 minutes. Discussions avec Olivier, je le persuade de continuer car il voulait abandonner. Je mange mes quelques pâtes mises dans le sac, un bout de gâteau sport, et réorganise mon sac a dos. Plein d’eau, de coca. Nous repartons ensemble au bout de 45 minutes ! Que ça défile vite lorsqu’on est arrêté ! La montée à Bertone est raide. Nous sommes au petit matin et le soleil ne cogne pas encore. Olivier monte vite. Je le suis pendant trente minutes puis décroche. Trop vite. J’ai laissé mon cardio à Courmayeur, j’aurai dû le garder encore un peu. Ce petit effort de trop, je le paie à nouveau. Essoufflements et vertiges, j'arrive à Bertone pas fier du tout de mon état.
Bertone : 09h14 - 82km - Je me pose à l’ombre et essaie de boire de l’eau gazeuse. La soupe a du mal à passer, je n'arrive pas à récupérer. Je me force à rester au refuge et repars au bout de 20 minutes. Décidemment, j’ai du mal à gérer et à prendre mon rythme sans tenir compte des autres. La suite est plus agréable. Le chemin est bon, un peu vallonné et encore à l’ombre. Je retrouve un peu de vitalité et trottine tranquillement. Un magnifique panorama s’offre à nous. L’envers du Mont-Blanc.
Toujours pas mal au genou. Parfois, une douleur au pied survient. La même douleur que les deux précédentes éditions qui m’ont fait abandonner. La première fois c’était aux Chapieux. Mais là j’ai trouvé un truc pour la faire passer : je me force à courir en posant le pied sur l’extérieur pendant deux ou trois minutes. La douleur s’en va pendant plusieurs heures ! Je commence à réaliser que j'ai des chances de finir le tour cette année. Mais rien n'est gagné avant Chamonix. Même à Argentière certains abandonnent de douleur ou d'épuisement. Ou pire : la barrière horraire.
Arnuva : 11h58 - 93km - J’arrive en forme au ravitaillement mais une envie pressante me faire arrêter. Je reste 15 minutes enfermé aux toilettes. J’ai eu un mal fou à évacuer … mais ça fait du bien.
Montée au Col Ferret en plein soleil. Je gère la montée en y allant doucement, l’an dernier j’avais eu un coup de chaud ici. J’ai toujours les jambes sans punch dans les montées, mais ça s’améliore petit à petit.
Col Ferret : 13h46 - 98km - J’arrive au col et je retrouve Olivier. Décidément on fera que de se croiser. Nous pointons en même temps. Il me raconte qu’il s’est évanoui 30 mètres plus bas et on l’a secoué pour le réveiller. Il s’arrête quelques minutes au point de secours. Il fait chaud mais c'est supportable. J’entreprends une longue descente sur La Fouly. Passage à La Peule après la partie raid de cette descente. Puis plusieurs kilomètres sur le bitume en trottinant pour rejoindre le prochain ravitaillement. Toujours pas mal au genou malgré cette grosse descente.
La Fouly : 15h24 - 107km - J’ai faim mais rien ne me tente. J’avale une soupe et picore un peu dans les plats. Je décide de me faire masser les jambes pour me redonner du tonus pour les trois dernières montées.
Le kiné s’applique mais en sortant j’ai une vive douleur sur le coté de l’autre genou. Décidément je n’ai pas de chance. Arrêt d’environ 20 minutes puis je repars en trottinant en direction de Praz de Fort avant d’attaquer la montée sur Champex. Nous courrons en petit groupe de quatre et rattrapons quelques personnes dans la montée. J’ai retrouvé mes jambes ! Super.
Champex : 18h12 - 122km - J’arrive à la base avec l’espoir de finir qui grandit. Pour l’instant je vais bien. Je me change complètement, Mange quelques pâtes, une soupe, bois encore du coca et de l’eau gazeuse. J’avale à nouveau un peu de Kombutcha qui va me faire du bien. Je ressens une gêne au pied. Et lorsque j’enlève mes chaussures, une énorme ampoule m’inquiète. Moi qui n’ai jamais d’ampoule … Je me fais soigner. Puis je rencontre à nouveau Olivier M. qui vient d’arriver : Il est dégoûté. Il arrête là, dépité. Je discute un peu mais le temps passe super vite. Encore 45’ d’arrêt ! C’est beaucoup trop.
Je repars en boitillant, le temps que j’oublie que j’ai mal au pied, quelque minutes après, je trottine en direction de Bovine. La montée se passe bien. Je reste avec un petit groupe de 10 personnes. Je suis dans mon rythme. La nuit tombe et je mets les deux frontales. Pas question de prendre des risques la deuxième nuit.
Bovines : 21h21 - 131km - La météo est encore excellente cette deuxième nuit. L’an dernier, ici, j’ai grelotté pendant plus d’une heure ! Comme c’est agréable un petit vent tiède dans la nuit avec la lune qui se lève. Je suis en tee-shirt. Je ne m’arrête qu’une minute le temps d’avaler une soupe. Puis encore quelques mètres de montée et voilà la descente sur Trient. L’an dernier j’avais super mal au pied ici. J’ai dû mettre deux heures pour descendre en boitant. Dès les premiers mètres de la descente y’a quelque chose qui coince au genou droit (pas celui ou j’avais mal depuis 1 an !) J’essaie de soulager mais rien à faire. Très vite je ne peux plus courir. Je marche avec peine et mon souci s’aggrave rapidement. Tout bascule dans ma tête. D’un état mental super positif et détendu, je me retrouve à broyer du noir. Jamais je vais pouvoir finir cet utmb ?
Cette descente est interminable. Des dizaines de personnes me doublent en courant, moi, je marche doucement. C’est super dur moralement. J’arrive à la Forclaz et je ne peux même pas courir sur le plat. Zut !
Les derniers kilomètres sur un chemin forestier descendant où l’on peut courir vite, je suis obligé de marcher, lentement. Encore et encore des coureurs qui passent. Je me demande comment je vais pouvoir terminer la course. Dois-je abandonner ? J'ai envie de pleurer. Je pense à tous ceux qui me suivent sur le net, surtout luc qui m'a super motivé et doit passer une partie de la nuit à me suivre. Quelle déception une fois de plus ... jamais 2 sans 3 m'a-t-on dit !
En marchant je n’ai pas mal. Je me dis qu’en finissant en marchant j’arriverai environ en 40h. Tant pis pour le chrono. Même 45 heures s'il le faut, je finirai ! De toute façon le manque d’entraînement et les erreurs de la première partie de course m’empêchent de passer sous les trente heures. C’est bien dommage. Un objectif je pense que je pourrai tenir lors d'une prochaine édition.
Trient : 22h53 - 137km - Triste état mental. Encore partagé par l’envie d’arrêter et celle de continuer en marchant. Difficile choix car on n’admet pas une défaite, mais on n’admet pas non plus un mauvais résultat. Je suis perdu, j’ai du mal à réfléchir. J'ai peur de cette deuxième nuit blanche. L'an dernier j'avais super mal récupéré. Actuellement, je ne ressens pas le besoin de sommeil.
Une femme de l’organisation, me voyant boitiller et arriver en marchant, me dit que les ostéopathes sont juste là, derrière la porte. J’hésite une fraction de seconde, l’an dernier j’étais dans la même situation ! Mais pour une inflammation du pied. Je n’avais pas franchi cette même porte et j’étais rentré à la maison. Cette fois-ci j’y vais. Je rentre dans la salle. Aucun coureur ! Faut dire que la masse des concurrents arrive dans quelques heures. On me fait m’allonger. Je donne quelques explications et un bonhomme commence à me frictionner les cuisses. Ouille ! Je n’avais pas mal aux muscles mais là, il me fait mal … puis il m’appuie fortement sur le muscle. Je retire la jambe et je me fais engueuler … Pas bouger ! Souffler ! Et hop c’est reparti. Il m’écrase le muscle à plusieurs reprises du genou à la hanche. Douleur atroce. Il fait rouler le muscle sous ses doigts et pour ne pas crier je mords la couverture. Un autre kiné m’explique que c’est un tout bon, qu’il faut faire confiance. Et bien … Je ressors de la salle avec encore des larmes aux yeux. Bordel il m'a fait super mal ! Sans oser courir je file au ravitaillement et retrouve jean-Christophe. On discute, je mange quelques barres, banane et bois du coca. Je me suis arrêté ici 45 minutes ! Je quitte le ravitaillement avec Jean-Christophe et l’accompagne dans les premiers mètres. Je tente de courir et ... Super ! Je n’ai plus mal. Plus mal du tout !!! Incroyable. On verra dans la dernière descente sur Vallorcine ! Merci l'ostéo !
On commence la montée ensemble mais l’allure ne me convient pas. Je suis bien physiquement avec mon souci de genou qui m’a beaucoup freiné. Je prends un rythme rapide et me retrouve seul dans les bois dans la montée à Catogne. Drôle d’impression. Le manque de sommeil me fait des sensations bizarres. J’ai l’impression que je ne commande plus la machine. Je monte à une allure qui me convient mais ce n’est pas moi qui la maîtrise. D’ailleurs à plusieurs reprise je me surprends à m’endormir en marchant, les yeux ouverts. J’ai l’impression de me voir de l’extérieur … Bizarre … Ca fait presque une heure que je marche toujours tout seul et j’arrive sur les hauteurs. Ces sensations ont disparu. Je peux courir et l’élévation du rythme cardiaque me réveille.
Catogne - 140km: J’entame la descente en marchant vite pour ne pas appuyer sur mon genou. Une ribambelle de frontales sont derrière moi et se rapprochent. Ils courent ! J’essaie de m’élancer dans la pente et aucune douleur au genou. Je tente ma chance. Je cours comme en plein jour dans cette descente bien raide. Je fais des sauts en m'appuyant sur les bâtons et rattrape un premier petit groupe qui marche. Je double dix personnes d'un coup. J’ai l’impression d’avoir des ailes. Je dépassent bien environ 30 à 50 personnes dans la descente sur Vallorcine. Je ne réalise pas ce qu'il m'arrive. J'ai l'impression que je commence un trail et en plus le moral est revenu. Evidemment ! Il est étroitement lié avec notre forme physique ... Après coup j'ai vu que je n'ai pas perdu de place entre Trient et Vallorcine. En faite, tous les coureurs qui m'ont doublés pendant 45 minutes à Trient, je les aient redoublé rien que dans la descente sur Vallorcine !!!
Vallorcine : 01h55 - 147km - Je retrouve une forme exceptionnelle. Dernière petite montée au col des Montets. J'en profite pour ne pas m'arrêter au ravitaillement. J’ai encore de l’eau pour tenir jusqu’à Argentière. Je ne bois plus de coca pour éviter la caféine. J’aimerai bien pouvoir dormir une fois l’arrivée franchie. Je prends encore un cachet de Sporténine, (homéopathie) contre les crampes au cas où. Je cours en montant au col en doublant encore des coureurs. Je n’ai plus la notion du temps, de vitesse, de l’effort. Mais j’ai l’impression que mon corps m’impose une allure que je ne contrôle pas. Drôle de sensation.
Argentiere : 02h58 - 153km - Je remplis mon bidon, prends une poignée de raisins et repars. Quinze secondes d’arrêt !
Derniers 10 km. Je cours même dans les petites montées. Le genou tient bon. Je n’arrête pas de doubler des personnes qui marchent ou qui trottinent doucement. J’ai vraiment de bonnes sensations en cette fin de course. C’est super agréable. Reste 5 kilomètres de plat. Je prend un rythme encore un peu plus élevé et termine en trombe. Euphorique, heureux d’avoir pu boucler le tour. Je réalise que je passerai sous les 34 heures. Aucune douleur, avec une pêche d'enfer. Je traverse Chamonix rempli de joie, soulagé d’atteindre l’arrivée après avoir failli abandonner ou finir en marchant. Je vole littéralement vers l’arrivée et je n’ai pas l’impression d’avoir fait 163 Km et 9000 mètres de montées et autant de descentes.
Arrivée : 04h23 (du matin ! ) - Il y a un petit peu de monde à Chamonix. C'est touchant. Quelques badauds mais aussi des spectateurs qui attendent leurs maris ou femmes. Environ 50 personnes. Je fini en 33h49 et me classe 273.
Je suis un peu frustré de n'avoir pas pu m’entraîner cette saison à cause du genou et de faire un temps supérieur à ce que je serai capable de faire, mais énorme satisfaction de l’avoir fini. Je me suis peut-être débarrassé de mon souci au genou grâce à l’acuponcture ou à la dernière séance d’ostéopathie. Il m’a remis les vertèbres cervicales en place ! Cela me réjouis pour les années à venir. Je vais pouvoir continuer à arpenter les montagnes. Cette année, j’avais encore un sac trop lourd. J’ai porté beaucoup de nourriture que je n’ai pas utilisée. J’avais de longues heures parfois 3 litres d’eau dans le sac. Un gain de poids important pour passer sous les 30h.
En 2008 je ne ferai pas l’utmb (promesse faite à Laetitia). Eventuellement quelques course d’environ 70 Km : Cruet – TGV – CCC par exemple. Avec un ou deux raids avec Franck. Et si mes soucis de genou sont vraiment guéris je m’inscrirai à l’Utmb 2009. Passer sous les 30 heures sera déjà un bel objectif. L'année de mes 40 ans ! Il faut que je garde en tête mes deux premiers abandons. Et bien noter les erreurs à ne pas commettre. Les trois premières choses importantes étant : partir doucement, ne pas suivre les copains, s’alimenter régulièrement. En écoutant son corps et en étant minutieux dans la préparation des sacs, on peut gagner beaucoup de temps aux ravitaillements. Objectif : entre 27 et 30 heures.
J’ai deux ans pour me préparer.

UTMB 2006 :

Après une nouvelle saison avec les même trails : Cruet (arrêt de la course pour mauvaise conditions météo) et La Vanoise ou je finis en 18 ème position. J’ai l’impression d’être bien affûté en ce début de vacances d’été. Nous partons avec Laetitia au Kirghizstan et la première semaine de randonnée, une douleur au genou apparaît. Elle ne va plus me quitter jusqu’à l’utmb. Sac trop lourd ? Choc ? Fatigue ? J’arrive à courir mais l’articulation me fait mal.
Je prends le départ soucieux de ce qu’il va m’arriver au genou. Je pars cette fois-ci plus doucement que l’an passé et je monte le col du Bonhomme en grande forme. Comme c’est agréable. Laetitia m’a suivi jusqu’aux Contamines. Elle me dit que je suis trop rapide. C’est vrai mais je suis bien. Descente sur les Chapieux : je gagne des places car je me suis bien entraîné dans les descentes. Montée à Seigne, toujours en forme. Je suis dans une base de 29/30 heures jusqu’à ce que je m’égards du sentier. Aie. Avec un autre concurrent nous décidons de prendre de la hauteur. Nous montons environ 300 mètres lorsque nous voyons des concurrents en bas. Zut zut zut. Nous retrouvons le bon chemin après 30 minutes d’efforts inutiles ! Une grande déception m’envahit. Sans trop réaliser, je descends sur Courmayeur trop vite. Inconsciemment, je voudrai rattraper mon retard. Erreur ! Vingt minutes de pause à Courmayeur et je repars au galop. Dans la montée à Bertone, j’ai à nouveau la même douleur que l’an dernier au pied. Mince ! Je monte au refuge en soulageant le pied. Puis en trottinant jusqu’à Arnuva ça va moyennement bien. J’accuse le coup dans la montée au Col Ferret, je n’ai pas assez mangé les heures précédentes et je n’ai plus d’eau pour la fin de la montée au col Ferret. Grosse chaleur ! Je suis déshydraté. La descente est dure pour atteindre La Peule. Grosse erreur. Ma douleur au pied s’amplifie. Mon genou est stable, il me gène mais ne me fais pas mal. J’arrive ensuite à La Fouly en trottinant. Laetitia m’y attend. C’est réconfortant. On croise Olivier M. et je repars avec lui à Champex. Dans les montées tout va bien. A Champex je me fais masser le pied douloureux. Je repars de Champex sous la pluie avec une douleur plus vive qu’avant au pied. ZUT. Moral en berne. Laetitia m’encourage. J’ai envie d’abandonner. Trop tard. Je monte à Bovine ou une pluie horrible, froide avec un vent en rafale s’abat sur moi. J’ai l’impression d’être tout seul. Je grelotte. J’ai envie de rentrer chez moi. J’ai peur de faire un malaise. Je n’ai pas le choix et je fonce au ravitaillement de Bovine m’abriter sous la tente. D’autres concurrents sont dans le même état que moi enroulés dans une couverture de survie. On repart en groupe dans la tempête. Incroyable. Puis vient la descente sur Trient. L’horreur. J’ai mal au pied et je ne peux plus marcher. Je descends quasiment à cloche pied. C’est interminable. La Forclaz : Laetitia m’attend avec Claudine depuis plusieurs heures. Les pauvres. Je suis abattu moralement. Physiquement tout va bien, sauf le pied en vrac. Je décide d’abandonner. C’est trop dur. J’ai encore froid. Je descends en voiture à Trient pour me déclarer hors course. Une erreur peut-être : ne pas être allé à l’ostéopathe de la course. Il m’aurait peut-être remis la cheville en place. J’aurais pu finir en 35 heures environ. Deux jours après, je pouvais marcher normalement. Il faut que je prenne ma revanche !

UTMB 2005 :

Je commence mes premiers trails cette année. Avec Cruet, 73 km, La Vanoise 70 km, le Mont-blanc 156 km.
Ces deux premières courses terminées avec des crampes et des courbatures les jours suivants. Je décide pour ce premier utmb de partir très doucement. Le départ est grandiose. Je ne m’attendais pas à cela. La musique à fond quelques minutes avant le départ nous enivre. Ca y est. C’est parti. Je croise Xavier P. puis Jean-Luc E. qui me dépassent, ils sont plus forts que moi. C’est dur de courir doucement lorsqu’une foule de 2000 personnes s’engouffrent dans les rues de Chamonix puis dans un sentier large de 3 mètres. On est pris par le mouvement et on suit. Je ne sais pas ce qu’il m’attend ces deux prochains jours. Je suis parti trop vite, la montée au Col du Bonhomme m’est difficile. J’accuse le coup. Une trentaine de coureurs me doublent, ça m’apprendra. Descente sur Les Chapieux raide et glissante. Je vais doucement. Nuit exceptionnellement claire grâce à la lune quasi pleine et un ciel complètement dégagé. C’est magnifique. Montée au col de Seigne puis en avant pour Courmayeur. J’y arrive en bon état, mais malheureusement je ne retrouve pas mon sac. Je suis trempé de sueur et il faut que je me change, que je récupère des aliments énergétique et ils ne sont pas là. Les Italiens ne comprennent pas trop mais comme par magie, 1h30 plus tard, mon sac était réapparu ! Ils l’ont fait revenir de Chamonix. J’ai plus du tout le moral, je décide de partir tout de même et j’arrêterai peut-être plus loin. Montée à Bertone, je sens une douleur au pied gauche. J’ai du mal à ma motiver pour continuer. J’arrive au refuge et je vois les montagnes complètement bouchées par des nuages gris sombre. La pluie n’est pas loin. Comment courir encore 15 heures sans être motivées et sous la pluie ? Je décide de rebrousser chemin, abattu. En descendant je remarque que j’ai beaucoup de mal à descendre à cause du pied. Je pense que j’ai finalement pris la bonne décision. Je n’aurai pas pu aller encore bien loin. De plus, deux heures plus tard, la pluie commence à s’abattre sur Courmayeur et ne cessera que pour reprendre de plus belle plus tard. Beaucoup de copains ont abandonné cette année. C’est un beau challenge que de boucler ce tour !

Commentaires

» Par luc, le samedi 08 Septembre 2007 à 12:56

c'est bo, bo bo ! et super agréable à lire en plus !
merci mon grand pour ce joli récit et chapeau bas pour cette aventure !
ici en Normandie on s'incline !!

luc
ps : c'était le pied de te suivre en direct live.

» Par Rémy Kummerlé, le samedi 08 Septembre 2007 à 19:20

Et oui, still in life, et en pleine prépa d'un marathon. Objectif 2h50.... mais dès que je me rapproche des montagnes, j'espère en 2008, objectif UTMB, on pourrais se voir en 2009!
Bravo et chapeau bas déja pour l'avoir fini, et pour le temps. @+
Rémy

» Par Olivier M, le dimanche 09 Septembre 2007 à 16:02

Salut Daniel,
j'étais super content d'apprendre, dimanche 26/08, que tu avais non seulement terminé mais en + en -de 34.
Avec tes pepins physiques qui t'ont contraints à alléger ta préparation pour l'UTMB, je trouve cela très "fortiche".
Je suis sûr que dans un proche avenir tu seras largement sous les 30h.
Merci aussi pour, non seulement, ton cr très agréable à lire, mais aussi de m'avoir remis en selle à Courmayeur .... même si au final j'abandonne à Champex.
Je garde un super souvenir de notre chassé croisé, cette année c moi qui n'ai pas terminé...
Même si j'ai encore un peu de mal à le digèrer .... c peut être la meilleur chose qui me soit arrivé ...
Quoiqu'il en est, j'espère que lors du prochain UTMB (2008,09,10) on fera un petit bout de chemin ensemble pour décrocher le graal de - de 30h. (je caresse comme toi l'espoir des 27h ...)
bonne continuation et recup
@+

» Par laurent, le lundi 10 Septembre 2007 à 09:00

Super récit, c'est très fort, émouvant, pleins d'humours, j'en avais les larmes aux yeux !!

Tu as du talent pour le sport et aussi pour écrire et faire partager tes émotions.

Merci.

» Par Pascaloup, le lundi 10 Septembre 2007 à 12:22

Excellent récit, Daniel. On y retrouve bien toutes sensations et les émotions vécues sur une telle aventure, ce mélange surprenant et inoubliable d'euphorie, de douleur, de fatigue, d'introspection, d'acharnement, de doutes et de volonté désespérée pour arriver au bout de cette conquête inutile...

Bravo et respect pour avoir tenté et réussi cette aventure après deux échecs et malgré l'inquiétude liée au manque d'entraînement et à ta douleur chronique.

Je suis aussi impressionné par la rigueur avec laquelle tu as préparé chaque détail de cette course.

De mon côté, je ne sais toujours pas pourquoi j'ai coincé au bout de seulement 3 heures de course, alors que j'étais à un rythme en dessous de celui que j'adopte sur les trails longs ou sur les raids multi. J'ai peut-être fait une erreur d'ailmentation qui provoque une légère hypo.... que je ne suis arrivé à compenser qu'à Champex ! Malgré le calvaire vécu entre Les Contamines et Courmayeur, malgré la décéption inévitable quand des centaines de coureurs te doublent, j'ai vécu des moments extraordinaires et eu la chance de pouvoir terminer les 40 derniers km dans une douce euphorie.

Mais je ne pense pas que je reviendrai malgré tout : je m'éclate trop en Raids ou en Course d'Orientation pour essayer de venir me battre contre le temps, maintenant que je suis arrivé au bout de cette course. Par contre, me voilà rassuré pour aller tenter un jouur La Diagonale des Fous, car je sais désormais que je peux la terminer sans trop de bobos... et même avec un petit coup de moins bien qui dure 20 heures ! ! !

Bravo à tous et j'espère que tout le monde a bien récupéré !

Pascal.

» Par franck, le mercredi 12 Septembre 2007 à 16:22

Salut daniel, quelle belle aventure, cette fois tu l'à ton maillot FINISCHER...... encore bravo à toi

» Par Stef, le mardi 09 Septembre 2008 à 21:49

En tout cas, belle revanche cette année pour toi avec moins de 34 heures !
Bravo pour ta détermination

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