Je dédie ce billet de mon blog aux organisateurs de ce challenge Xpress GrésivaudanPrologue
Depuis quelques temps déjà, je me pose la question suivante :
Ce type d’exercice est-il « risqué » ?
Ce type d’exercice :
c’est de se mettre « au taquet » dans une montée dite «sèche» et pour une durée qui peut aller jusqu’à 1 heure.
Cette question, je l’ai posé aux cardiologues de mon entourage professionnel et là, les avis divergent ; certains me rassurent et pensent que le risque est à une possible dilatation de la crosse de l’Aorte et que si l’exercice est rare et qu’on fait une échocardiographie cardiaque de surveillance, c’est OK ; d’autres collègues critiquent ouvertement l’exercice ; le remplissage des artères coronaires se fait pendant la diastole (c'est-à-dire quand les valves aortiques sont fermées après l’éjection du ventricule gauche dans la crosse de l’Aorte) et si le rythme cardiaque est trop élevé, il y a mauvais remplissage et donc risque de souffrance cardiaque ; d’autres pensent que cette insuffisance de perfusion coronaire et/ou le gros travail demandé au cœur peut favoriser la fragmentation d’une plaque d’athérome dans une coronaire favorisant un infarctus etc.…
Comment s’y retrouver dans ces multiples avis ; de toute façon, quand la médecine n’a pas de réponses claires à un problème c’est que la « vérité » n’est pas encore élucidée ; à mon avis, il faut diminuer sa cadence si on sent des palpitations ou qu’on ressent des douleurs thoraciques à l’effort ; de même, il faut un avis médical impérativement, si des douleurs thoraciques apparue lors d’un effort persistent après cet effort.
Par ailleurs que penser du fameux Fréquence Cardiaque Maximale = 220 – l’âge en années donné comme un dogme dans tous les articles de physiologie du sport mais qui n’a pas vraiment de teneur sientifique…
De toute façon, pour cette montée sèche, je prendrai mon CardioFréquenceMètre pour 2 raisons : me rassurer et aussi pour évaluer mes performances en cette fin d’été. Je me suis entraîné régulièrement cette été en course à pied y compris en montagne et en vélo type cyclotourisme mais je n’ai participé à aucune compèt’ et je n’ai fait que très peu de fractionné.
Le jour J
Je me rends au RDV pour une attitude « éco citoyenne » afin de covoiturer de Grenoble à Montmélian ; ça tombe bien ; on est 12 et on fait 3 voitures depuis Carrefour ; ça roule super et en moins de ¾ d’heure, on est au bas de la côte de la Roche du Guet ; on se change et on s’échauffe en douceur ; les voitures affluent et nous serons 48 à participer (dont 3 féminines) ; nous nous saluons entres participants reconnaissant des « têtes » déjà vu l’an dernier (je n’ai pas pu aller à Chamechaude mercredi dernier car j’étais dans le
Mercantour).
18h15, c’est l’heure du départ en ligne ; les bons se mettent devant, les autres derrière ; le début est assez désagréable car de gros travaux de réaménagement ont créé une butte au bout de 200m de course ; une fois le groupe parti, ralentissement au bout de 200m puis la butte, puis un chemin mal empierré ; ça fait mal dés le départ ; tout le monde se met au taquet d’emblée comme d d’hab’ ; je me déporte à gauche et m’accroche pour me placer ; au stupeur mon CFM sonne ; Merde, je suis à 186, je cherche un autre rythme et aborde un replat ; puis ça remonte ; Cécile me double puis 2 autres concurrents ; certains coupent les virages ; ça monte plus que je ne pensais ; je n’ai pas pris mes bâtons de skis : Quelle erreur !!! car rapidement, alors que Cécile monte en courrant d’un pas léger ; je suis de nouveau au-dessus de l’alarme de mon CFM (entre 185 et 187) ; je marche vite, les mains poussant sur mes cuisses ; je m’accroche et trouve ainsi un rythme de croisière ; je marche dans les passages raides et cours dans plats ou les quelques rares faux plats.
Et ça monte toujours, le sentier n’est pas si roulant que ça (c’est ce que disait la pub…) ; parfois, ça glisse franchement et je regrette de ne pas avoir pris mes chaussures de trail ; 2ème erreur après l’oubli des bâtons. Mais Cécile est toujours à vue ; elle relance dans les replats ; elle est une très bonne « meneuse » je la suis en m’accrochant ; soudain, ça redescend ; je l’avais remarqué sur le profil ; puis ça remonte ; un coureur a pris un raccourci (Oh le coquin..) mais nous le distançons de nouveau ; Cécile, tout à coup, baisse de régime ; « allez, du courage, on n’est plus très loin » je dis tout haut ; je prends la tête ; nous formons un groupe de 3 ; mais j’ai du mal ; je ne peux pas accélérer ; le 3ème coureur prends la tête, puis Cécile, puis Moi. Nous arrivons sur la crête ; c’est un faux plat, nous courrons le plus possible ; puis nous entendons les rumeurs de l’arrivée ; c’est la fin j’accélère un peu pour un beau final (en j’en profite pour doubler Cécile…) ; les clameurs montent : « Allez Cécile, allez le Doc » (ça, c’est pour moi). Quelques coureurs redescendent déjà (ça, c’est moins sport…). Enfin, je suis au sommet : 57’01’’ mais vu le nombre de supporters, je suis dans les derniers… ; je m’assieds rapidement car comme d’habitude, je me sens « vagal » et j’ai la tête qui tourne ; je bois et me relève assez vite pour faire des photos. Le paysage est magnifique ; on voit le Mont Blanc au nord ; la vallée du Grésivaudan au sud (Hé oui, on est bien au Grésivaudan Xpress), les Bauges et en face Belledonne nord ; Pierre, un habitué des lieux nous fait un tour d’horizon ; les derniers arrivent ; il est temps de redescendre car la nuit tombe vite et il est déjà 19h30 ; quelques dernières photos et on reprend le sentier ; finalement, c’est raide même à la descente et sans bâtons, j’ai un peu du mal ; je manque de me faire une belle chute une fois ou 2 ; puis je trottine seul ou en groupe jusqu’en bas ; je termine à la nuit et ma lampe frontale me sert pour les derniers passages en forêt.
La remise des trophés
Là, moment très sympa, boissons et apéritif sont à disposition ; je me change à la voiture et rejoint les convives ; c’est le moment que je préfère ; les discussions vont bon train ; je fais plus ample connaissance avec le « fameux » Stef et Nicnic, 2 skitouriens ; puis c’est la remise des trophées ; trophée féminin : pour Cécile, 1ère et Fabienne 2ème (la 3ème a abandonné) ; trophée masculin pour Nicolas, Cyril et Sébastien. Séance photos pour immortaliser ces instants et un instant nostalgie pour ovationner les « créateurs » de cette montée de la Roche de Guet qui a déjà 10 ans.
J’entends par hasard un coureur qui dit avoir ralenti car il a perçu des palpitations dans un virage ; félicitons-le, il a bien fait ; par de blessés ; on déplore juste l’abandon de la 3ème féminine qui semble-t-il n’a pas pris le bon chemin à un bifurcation mais c’est l’esprit de la course, pas de balisage et on prend le chemin qu’on veut…
Epilogue
En ce qui me concerne, je suis un peu déçu de ma performance ; j’ai sauvé l’honneur car le suis à un peu plus de 1000m/heure (1010) mais je me suis trouvé un peu trop tachycarde… Je verrais les 2 autres mercredi si c’est passager ou si je me suis trop entraîné « diesel » ; En tout cas, une fois de plus bravo aux organisateurs et à tous les participants.
Les liens internet
Le site de Grésivaudan Xpress
Le blog de Cécile
Bien content d'avoir fait ta connaissance et t'avoir encouragé le "doc" au sommet ;-)
Depuis le temps qu'on communique via nos blogs ...
Bravo pour ta montée et ton super récit.
Bien joué de courir derrière les filles !!!
En ce qui concerne l'analyse médicale de ce type d'effort, mon avis (pas scientifique du tout) c'est qu'il ne faut pas trop se poser de questions, mais plutôt percevoir ses sensations et écouter son corps, non ?
C'est sûr qu'un non-sportif, avec du sur-poid et une alimentation inadapté peut risquer gros. Mais pour un sportif bien entrainé et à l'écoute de son corps, le risque d'accident est vraiment très minime.
Je ne serais certainement pas à Chamrousse, en effet je décole pour la réunion le 7 Octobre, donc en plein préparatif ...
Je penserais bien à vous, surtout à la soirée au Resto de l'Ecureuil !
Et n'hésite pas à me faire signe pour une sortie en ski, à pied, ... Avec grand plaisir !
pas sur d'avoir compris la première partie du post. Par contre, en substance, dans une première version, c'est pas mal si on fait un suivi (echo), ce qui chez la grande majorité (la totalité?) des participants ne sera pas fait. Dans une seconde version, c'est pas bon... En substance, le diagnostic semble plutôt défavorable pour ce genre d'effort.
mais que dire alors d'un entrainement fractionné ou on fait monter le coeur en théorie au dela du seuil (alors qu'ici on va guere au dessus du seuil)?
et ben... je suppose que j'aurai eut mal a la tete en lisant ton intro au sommet de la roche du guet... Pfff que c'est technique. Mais c'est incroyable qu'il n'y ai pas de concensus (en 1 mot!).
sympa ton Cr qui nous fait revivre la course...
Content d'avoir fait ta connaissance aussi!
A mercredi