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Le matériel de fartage nécessaire
Le matériel de fartage nécessaire
Deux pains de fart (un jaune type neige chaude et un bleu type neige froide) suffisent amplement
Deux pains de fart (un jaune type neige chaude et un bleu type neige froide) suffisent amplement
On fait couler le fart, une goutte tout les 3-4 centimètres par exemple
On fait couler le fart, une goutte tout les 3-4 centimètres par exemple
Ensuite on repasse sa semelle, comme on le ferait pour sa goretex
Ensuite on repasse sa semelle, comme on le ferait pour sa goretex
avant-après, le ski en avait bien besoin !
avant-après, le ski en avait bien besoin !
Bien sur on fait cette opération à deux mains ! Mais en l'occurence, je pouvais pas tenir l'appareil et le racloir en même temps...
Bien sur on fait cette opération à deux mains ! Mais en l'occurence, je pouvais pas tenir l'appareil et le racloir en même temps...
insistez bien pour retrouver une semelle sans trace de fart
insistez bien pour retrouver une semelle sans trace de fart
On fini en brossant. Faire tout ce travail en milieu aéré augmente ses chances de survie après 65 ans.
On fini en brossant. Faire tout ce travail en milieu aéré augmente ses chances de survie après 65 ans.
« L'affûtage des carres

Le fartage à chaud

Par cclos

Suite à l'article sur l'affûtage, en voici un second (plus court) concernant le fartage à chaud, opération que tout le monde devrait savoir faire ET faire régulièrement !

Le matériel nécessaire


De gauche à droite (voir photo)
- Une brosse (en bronze, c'est polyvalent, et bien indiqué pour notre travail d'entretien)
- Un racloir plexi
- Du fart (sur les photos du fart de différentes duretés)
- Un vieux fer à repasser à défaut d'un vrai fer à farter (mais gardons à l'esprit qu'on fait ici de l'entretien basique)

Principe de base du fartage


Le fartage est un sujet particulièrement vaste et compliqué. Cela va du simple fartage à froid le plus basique (peu recommandable), jusqu'au skiman pro qui va prendre la température de la neige et l'hygrométrie afin d'utiliser un ou plusieurs farts comme base adaptée aux conditions, puis déposer un fart de surface hautement fluoré à 100€ les quelques grammes !

Dans le cadre du ski de randonnée, le fartage va servir non pas à gagner des dixièmes de seconde en descente (comme dans la compétition de ski alpin ou de fond), mais à entretenir sa semelle et à éviter les désagréments d'un ski non farté que l'on connait tous : glace qui se forme sur la semelle, glisse nulle, dépôt de colle des peaux...
Ainsi c'est le fartage à chaud qui s'impose clairement dans notre cas, car c'est la seule méthode qui va permettre de dilater la semelle polyéthylène du ski, pour une imprégnation durable en profondeur.

Le fartage à froid, par l'intermédiaire de lingette imprégnée, ou de stick liquide, aura un intérêt très limité et n'apportera rien de bon. L'aspect marketing de ce genre de produit doit nous les faire oublier.

Quel fart utiliser ?


Alors, dans cette gamme de produits pléthorique, lequel choisir ?!

En fait, on va choisir un fart sous forme de pain solide, généralement vendu sous blister plastique. Quelque soit la marque (Toko, Swix, Briko, Vola...), on remarque que tout les farts solides se ressemblent.

Ceux qui nous intéressent pour notre entretien courant (on ne vise pas la performance pure), sont les farts type hydrocarboné, sans présence de fluor. En gros les moins cher et les moins attractifs au niveau de l'emballage...

Ainsi, vous verrez que dans chaque marque, il y a souvent un fart universel blanc ou incolore, et une gamme de 4 ou 5 références colorées (bleu, violet, jaune, orange...). Ces couleurs correspondant à la dureté du fart dont l'usage sera déterminé par le type de neige rencontré (dur pour la neige ancienne ou froide, mou pour les neiges humides de printemps). Les fabricants utilisent en fait la température de l'air extérieur comme indication pour l'usage de tel ou tel fart.

Si votre but est essentiellement de garder une glisse correcte et une semelle propre, vous pouvez investir dans un fart universel dont la plage d'utilisation idéale sera une température extérieure de -10°C à +5°C.

Dans ce cas, je vous recommanderai par exemple le Vola E-wax qui est « écologique » (vendu chez Décathlon), ou encore le Toko All-in-one facile à trouver. Ainsi votre entretien sera tout à fait correct, et ce fart pourra être utilisé en couche de protection quand vous rangerez vos skis pour l'été.

Le technicien qui voudra « pousser » un peu plus loin pourra choisir un ensemble de 2 ou 3 farts, qu'il utilisera en fonction de la neige et de la saison. Par exemple, un fart jaune type swix CH10 pour le printemps et les températures positives, et un fart plus dur, type bleu ou violet pour la saison hivernale.

Cela permettra d'avoir une meilleure glisse selon les conditions, surtout si vous utilisez parfois vos ski de rando pour des journées en station. Le confort d'usage en sera que meilleur.

La fart tendre (le « jaune ») permettra d'éviter tout effet de succion de la semelle dans la soupe ou la neige humide. A l'inverse le fart dure limite l'accroche avec les neiges froides ou fraiches plus abrasives.

Petite parenthèse : le fart pour neige froide, dur, a parfois du mal à bien imprégner la semelle. Il est donc pas idiot de mettre une couche de fart mou (qui, lui, imprègne bien) que l'on raclera et brossera au maximum, puis ensuite d'appliquer son fart dur. Vous pouvez faire cette opération double de temps en temps si vous avez l'habitude de farter régulièrement l'hiver avec un fart dur.

Comment appliquer ce fart?


Très simplement ! Vous passerez d'abord un petit coup de chiffon et de brosse laiton ou bronze sur le semelle, pour enlever poussières, grains de sable, terre...
Ensuite, il faut d'abord faire chauffer son fer au minimum (si c'est un fer à repasser, en position synthétique c'est l'idéal). Le fart universel fondant très facilement, il ne faut donc pas le chauffer de trop sous peine de produire des fumées qui dégradent l'environnement, vos poumons et le fart en lui même. Pour un fart dur, augmentez un peu la puissance, (position laine par exemple), car sinon il ne fond pas.

Sachez qu'une étude sur les skieurs de fond, avait mise en évidence que l'inhalation des fumées de farts affectait temporairement la capacité respiratoire ! Véridique...

Donc, vous allez faire fondre votre pain de fart sur un angle du fer, afin de créer un goutte à goutte régulier au dessus de la semelle. Les premières fois il est difficile de se donner un ordre d'idée précis de la quantité à déposer. Si votre ski n'a pas été farté depuis longtemps, vous verrez vite que la semelle absorbe rapidement une bonne partie du fart.

Ensuite il faut appliquer la semelle du fer, sur la semelle de votre ski, ne restez pas plus de quelques secondes au même endroit pour ne pas risquer de bruler la semelle. Faites des mouvements lents de va et vient, en faisant en sorte de recouvrir tout le ski. Si il manque du fart à certains endroits, vous le verrez. Faites en couler de nouveau quelques gouttes et continuez de "repasser" votre ski.

le fart dur est plus difficile à appliquer, disons qu'il faut plus de soin pour bien recouvrir la semelle.

Que faire une fois le fart appliqué ?


Bien sûr vous n'allez pas laisser la semelle comme cela, car, c'est la semelle imprégnée de fart qui glisse et non le fart lui même !

Après avoir bien laissé reposer le ski pour que la semelle refroidisse (comptez une demi-heure, pour l'universel, nettement plus pour un fart dur), il faut donc racler le plus possible le fart avec le racloir plexi prévu à cette effet. Vous devez retrouver le brillant de votre semelle (voir photo).

Enfin, comme votre semelle n'est pas lisse, mais pourvu d'une structure, le racloir qui est plat ne parvient donc pas à éliminer le fart dans les stries de celle-ci. Ainsi, une fois raclée la semelle doit être brossée.

On va donc brosser une quinzaine de fois avec la brosse en poil en bronze, logiquement de la spatule vers le talon en évitant d'interrompre le mouvement. Notons que le choix de la brosse devra se faire en fonction de la souplesse des poils. Il faut éviter une brosse trop dure (type laiton) qui risque de rayer la semelle.
Cette opération de finition est très importante.

Quelques précisions :



- Je lis parfois des commentaires parlant de problème de décollement des peaux sur un ski farté. Personnellement, ca ne m'est jamais arrivé. A mon avis ce désagrément est du au fait que le fart est mal raclé et mal brossé. Le fart étant un produit gras, s'il en reste trop de résidus en surface, il se peut que la colle n'y adhère pas.
A l'inverse un vieux ski non farté risquera de capter la colle, et la bonjour la galère.

- Aussi, sachez que plus vous farterez régulièrement, plus vous glisserez.

- Éviter le défarteur liquide qui assèche les semelle. Un nettoyage en profondeur de la semelle pourra être réalisé en fartant comme expliqué ci dessous avec « l'universel », et en raclant proprement quand le fart est encore tiède. Vous verrez votre fart, habituellement incolore, être noirci par les saloperies accumulées.

- En fin de saison, appliquez une bonne couche de fart tendre sur la semelle et les carres et laissez le, sans racler. Cela protégera la semelle des agressions extérieures durant la saison morte.

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