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 Grains à faces planes (Crédit : Anena)
Grains à faces planes (Crédit : Anena)
« Métamorphose de faible gradient : vers les grains fins

Métamorphose de moyen gradient : vers les faces planes

Par Jeroen, le 21.07.04

5°C/m < Gradient < 20°C/m

Dans ce cas, la différence de température, selon la verticale, entre les grains devient sensible, et chaque grain est plus chaud que celui qui est au-dessus de lui. L'effet de gradient entre en concurrence avec l'effet de rayon de courbure et l'emporte. Les flux de vapeur liés aux différences de température entre les grains sont plus importants que ceux liés aux différences de courbure. La cristallisation de la vapeur d'eau aux points froids, caractérisée par l'apparition d'angulosités, est plus rapide que la sublimation liée à l'effet de rayon de courbure. Néanmoins, l'effet de courbure permet au début de la métamorphose de provoquer la sublimation des petits grains et des branches les plus fines.

Le résultat global est l'apparition d'un type de grain anguleux comportant des facettes faisant des angles à 120° (cristallisation dans le système hexagonal), appelé grain à faces planes (symbole : )

MOYEN GRADIENT : [+] -> [/] -> []

Cette métamorphose peut affecter avec efficacité la neige fraîche, les particules reconnaissables et les grains fins. Dans les deux premiers cas, elle s'accompagne d'un tassement important de la couche de neige lié à la disparition rapide des structures dendritiques. Pour ce qui concerne les grains fins, la variation de densité est faible. Avec un gradient de 15°C/m, Il faut environ 10 jours pour qu'une neige fraîche se transforme en un mélange de particules reconnaissables et de grains à faces planes. Les grains à faces planes ont en moyenne des masses volumiques de l'ordre de 250 à 350 kg/m3.

En outre, et cela est sans doute le fait le plus important, leurs tailles sont sensiblement plus élevées que celles des grains fins, pouvant aller en moyenne de 0,4 à 0,6 mm de diamètre. Ceci a pour conséquence la diminution du nombre de points de contact, et donc de la cohésion de frittage. Nous avons donc avec cette métamorphose une perte de cohésion de la strate de neige, source d'instabilité lorsqu'elle est recouverte par d'autres chutes de neige. La présence d'une telle strate, dite couche fragile, est souvent observée comme plan de glissement dans les avalanches, notamment de type déclenchement accidentel.

Cependant, lorsqu'une couche de grains à faces planes est soumise à un faible gradient, l'effet de rayon de courbure peut alors provoquer un retour vers des formes arrondies, et s'ils sont encore assez petits, la cohésion de frittage peut à nouveau consolider la strate.



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