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En allant vers le Pas Guiguer
En allant vers le Pas Guiguer
Chamechaude depuis la crête de Saint Eynard
Chamechaude depuis la crête de Saint Eynard
La dent de Crolles depuis la crête du Saint Eynard
La dent de Crolles depuis la crête du Saint Eynard
Prairie de la dent de Crolles
Prairie de la dent de Crolles
Depuis le sommet de la dent de Crolles, vers le Nord
Depuis le sommet de la dent de Crolles, vers le Nord
Rocher du Midi, au niveau de la cheminée du Paradis
Rocher du Midi, au niveau de la cheminée du Paradis
Dent de Crolles depuis Rocheplane
Dent de Crolles depuis Rocheplane
Dôme de Bellefont et Lances de Malissard depuis Rocheplane
Dôme de Bellefont et Lances de Malissard depuis Rocheplane
Lever de lune sur Belledonne
Lever de lune sur Belledonne
Coucher de soleil sur la Chartreuse
Coucher de soleil sur la Chartreuse
Lever de soleil vers le dôme de Bellefont
Lever de soleil vers le dôme de Bellefont
Premiers rayons de soleil vers la dent de Crolles
Premiers rayons de soleil vers la dent de Crolles
Malissard et Bellefont depuis le pas des Echelles
Malissard et Bellefont depuis le pas des Echelles
Lapiaz sur la prairie de l'Alpe
Lapiaz sur la prairie de l'Alpe
Trés beau sentier en allant vers le Granier
Trés beau sentier en allant vers le Granier
Refuge de l'Alpette sous le Granier
Refuge de l'Alpette sous le Granier
Au dessus du col de l'Alpette
Au dessus du col de l'Alpette
En montant au Granier
En montant au Granier
Mont-Blanc et plaine Chambérienne
Mont-Blanc et plaine Chambérienne
Du sommet de Granier, vers le Sud
Du sommet de Granier, vers le Sud

Traversée de la Chartreuse

Par Jeroen, le 19.08.05

Mardi 16 Aout 2005

Ce matin ça a été la course mais c'est fait : les petits sont casés et j'ai 2 jours de liberté devant moi. Comme prévu, il est 11h00 et je décolle de la Porte de France. Objectif : traversée de la Chartreuse par les hauts plateaux. J'ai un peu lu quelques topos avant de partir mais j'ai pas encore définitivement fixé mon itinéraire. En gros il faut suivre le GR9 mais je verrai bien au fur et à mesure...

Ce matin le ciel est couvert. Le plafond nuageux enveloppe la crête du Saint Eynard ce qui rend l'atmosphère un peu lugubre. La météo annonce des éclaircies pour l'après-midi, une nuit claire et grand beau sur toutes les Alpes demain.

La montée à la bastille est efficace et je fais attention de ne pas partir trop vite : la journée sera longue. Ca monte encore bien pour atteindre le mont Jalla. à 12h30 je suis au premier "point haut" de la traversée (pt 898 sur IGN) et je n'ai qu'a me laisser descendre jusqu'au parking du col de Vence. Prochain objectif, Crête du Saint Eynard. La montée dans les sous-bois est agréable. A 1100m je prend l'option "Pas Guiguet" ce qui me permet de shunter le Fort du Saint Eynard et de cocher un pas de plus à mon tableau de chasse. On passe sur de jolies vires suspendues dans la paroi, les passages câblés sont excellents (scellements neufs) et assez aériens. Jolie entrée en matière. Voilà enfin la crête. Déjà 1200m de dénivelé au compteur et je suis bien chaud (pour ne pas dire cramé). Je prends une bonne pause, les pieds dans le vide, face à Grenoble. Dire qu'il y a à peine 3 heures j'étais tout en bas...

La suite de l'itinéraire est assez logique : c'est tout droit le long de la crête jusqu'au col de la Faîta. Tout droit, oui, mais assez éprouvant : dès que l'on quitte le GR9 le sentier est moins bien marqué (difficile quand même de le perdre vu qu'il ne s'écarte jamais de plus de 30 mètres de la crête). Ca monte, ça descend, il faut enjamber des arbres : un vrai parcours du combattant. Alors que je marche d'un bon pas sur cette crête (enfin, il me semble) j'entends un gars qui parle derrière moi, et qui se rapproche vraiment à toute allure. Qu'est ce que c'est que ce bordel ?!? Tout à coup, un grand Wizzz : un parapente !

La sente est entièrement en forêt et c'est bien appréciable : malgré la couverture nuageuse (qui va en se disloquant) il fait déjà bien chaud. J'arrive au point 1489 (IGN), un des seuls endroits ou la crête est dégarnie et ou l'on profite de la vue. Chamechaude apparaît presque de face, magistrale. Entre l'Emeindra (ou je récupère le GR9) et le col de la Faîta, je me fais une orgie de framboises et de fraises des bois. Le GR s'éloigne ensuite de la crête et devient assez boueux, la faute à la pluie de la veille. Peu aprés le sentier croise une exploitatin forestière : gaffe aux chutes de sapin ! Enfin j'arrive au col du Coq. Je poursuis jusqu'à la fontaine sous le col des Ayes pour faire le plein d'eau (ma pipette de 2 litres est à sec) et pour prendre une petite pause (encore ?) avant la dernière grosse suée de la journée. Les touristes descendent en masse de la dent de Crolles. l'air doux, l'herbe verte et mes jambes commencent à sentir les 6 heures de marche depuis la porte de France...

La montée vers la Dent de Crolles par le pas de l'Oeille est efficace et son sommet est rapidement atteint (45 minutes). Je profite de la vue panoramique du lieu. A droite le départ, à gauche les hauts plateaux qui se déroulent jusqu'au but final : Le Granier. Il reste encore du chemin !
Une petite pause plus tard je décide de garder l'option "crêtes" que j'ai suivi depuis le début : la vue est démente. Sur belledonne à droite et sur la chartreuse à gauche. Plus loin je traverse des champs de moutons qui n'ont pas trop l'air de vouloir le laisser passer. Le lapiaz géant vers la grotte Thérèse est assez sympa : on saute de lames de calcaire en lames de calcaire en suivant les cairns (et mieux vaut ne pas perdre ce fil d'Ariane si on ne veut pas y passer la nuit...). La cheminée du Paradis, véritable saignée au milieu de la falaise est plus impressionnante que difficile : malgré le rocher bien patiné elle passe trés bien à la montée (il faut mettre les mains quand même). La descente doit être une autre histoire...

Le soleil est déjà bas, il va falloir penser à s'arrêter pour la nuit. Encore quelques effort et j'arrive au sommet de Rocheplane (1938) où je trouve une petite (trés petite) partie plane qui sera trés bien pour la pause nocturne (et comme elle est vraiment à 1 mètre du précipice faudra faire gaffe de ne pas trop bouger...). Le réchaud prêté par Vivien marche à merveille et j'engloutis rapidement une bonne plâtrée de pâtes. La lumière se fait plus douce, le soleil glisse vers l'horizon, le silence est absolu, pas de vent, pas froid. Le moment est magique et la nuit risque d'être magistrale.

Le coucher de soleil, en tous cas, l'a été : ciel complètement embrasé sur la plaine Lyonnaise, lever de lune (presque pleine) sur Belledonne, milliers de petites lumières dans les vallées. Une fois le fois le feu d'artifice terminé je tente de m'endormir. Un chien au loin se bat avec ses moutons, un rapace me tourne autour (il devait crêcher dans le grand arbre à coté et avoir été quelque peu dérangé... so sorry !). J'ai un lampadaire (lune) juste devant la tête. Pas facile de s'endormir dans ces conditions...

... surtout que vers 1heure du mat' le vent se lève (40km/h). Vers 2h30, trop c'est trop, je lève le camp et descend dans un endroit un peu plus abrité pour (enfin) commencer ma nuit. La fatigue de la journée (7h30 de marche, 2400m de denivelé) finit par faire son oeuvre et je tombe dans un profond sommeil réparateur.

Mercredi 17 Aout 2005

6 heures, j'ouvre l'oeil. 3 heures de sommeil c'est pas beaucoup mais je sens que j'ai bien récupéré. Il fait bien frisquet ce matin. Un petit thé chaud, rien de tel pour commencer la journée et finir ce qu'il reste d'eau dans ma pipette. Départ vers 6h45 à sec mais je devrai trouver de l'eau derrière le col de Bellefont (descendre à la cabane de Bellefont me ferait perdre trop de denivelé durement gagné). Je rejoins donc la crête puis le dôme de Bellefont que j'atteins rapidement. Le lever de soleil sur Belledonne est phéérique.

A part quelques incursions hivernales pour skier les quelques pas au Nord de Bellefond, la suite du parcours est inconnue pour moi. Par où vais-je passer ? Sur IGN, il semble ne pas y avoir de sente sur les crêtes, je prendrais donc l'option GR9 qui serpente au fond du vallon de Marcieu et qui a l'air trés bucolique.

Du col de Bellefont le chemin dégringole vers le vallon de Marcieu. Il fait encore bien frais et je supporte facilement la polaire et le pantalon. La montagne endormie se réveille ainsi que quelques randonneurs qui ont planté leur tente vers le habert de l'Aup du Seuil, au milieu des vaches. Bien dormi la compagnie ?
Enfin de l'eau. Je rempli ma pipette à la source (en faisant bien attention de ne pas énerver les vaches qui me regardent bovinement) puis je repart pour la traversée la belle forêt de l'Aup du Seuil. Le GR serpente dans les bois, je croise des champs de fleurs encore pleines de rosée qui font comme des murs au milieu du chemin. Impossible de passer sans se faire saucer : je fini trempé de la tête aux pieds (et même mes chaussettes font splich dans mes chaussures...)

Très vite le habert de la Dame (quelques vaches) est atteint (50 mètres de montée) puis je fonce vers le trés joli Pas des échelles qui permet de poser le pied, moyennant 200 mètres de denivelé, sur la magnifique prairie de l'Alpe. J'arrive au chalet de l'Alpe vers 9h45. Il est encore trop tôt et le touriste n'est pas encore là alors j'en profite pour faire une petite pause (décidément) un peu plus loin, au milieu des verts pâturages..

La traversée de l'Alpe et la descente sur le refuge de l'Alpette est tout simplement magnifique (je croise des hordes de promeneurs). Au refuge de l'Alpette je fais le plein d'eau. La traversée vers le pas des barres, itinéraire classique vers le Mont Granier, justifie la foule. Le Mont-Blanc en face est omni présent.

Au pas des Barres c'est le bouchon. "On se croirait dans le 7ème" j'entends devant moi. Vu les touristes que j'ai au dessus de la tête je croise les doigts pour ne pas me prendre une pierre sur le crâne... Finalement je joue un peu des coudes (oui, je suis comme ça moi...) et ça passe tranquillement. Deux jeunes un peu énervés de s'être fait doubler accélèrent le rythme derrière moi. Vont pas me redouble quand même ?!? Non, l'honneur est sauf. Dans ces conditions le Granier est assez vite atteint.

Il est midi, je vide donc mon sac de toutes les victuailles qu'il me reste et profite un peu des derniers moments de cette traversée entre ciel et terre. La looooooongue descente par le pas de la Porte jusqu'à la cabane forestière du col du Granier est assez dure physiquement. La journée aura été longue, 6h30 de marche pour seulement 1100m de denivelé positif. J'ai les genoux et les hanches en compote, pas l'habitude de ce genre d'exercice moi.

Le retour en stop en passant par la chartreuse se fera sans problème (en 6 étapes quand même !).

La Chartreuse, je confirme, c'est vraiment magnifique. 2 jours de (presque) solitude passés sur les hauts plateaux me laissent des images et des odeurs pleins la tête, mais comment dire... vivement cet hiver que le grand manteau blanc vienne recouvrir ces verts pâturages pour nous offrir d'autres souvenirs pleins de folles descentes !

Logistique

Cette traversée fait à peu près 3500 mètres de denivelé positifs. J'ai mis 14 heures (pauses non comprises), sans chômer, mais sans jamais courir (on est pas des bêtes quand même). Luc le décrit dans l'autre sens sur le topo de Bivouak.

Une pipette de 2 litres d'eau m'a suffit, il y a de nombreuses sources. Pour dormir, par mal de cabanes mais beaucoup sont fermées. Mieux vaut faire comme moi : passer la soirée quelque part sur le crête quitte à redescendre dormir à la belle étoile plus bas...

Commentaires

» Philippe Mahieu, le 19.08.05
Bien joué et merci pour les belles photos!

» Michaël Tréhoust, le 19.08.05
Tres beau recit qui sert une belle idee de rando. Et merci pour les photos.

» Tchouf, le 21.08.05
De belles photos !!!! Comme quoi, l'aventure est à notre porte ;o)

» Jean Paul, le 23.08.05
Magnifique, magnifique.

» Cyril de l'Oisans, le 25.08.05
Ca donne envie d'y aller !!!!
Tenté à skis en février dernier, les plats pleins de peuf sont longs.....

» manu38, le 30.08.05
Bravo pour cette belle perf... tenté Granier - Dent de Crolles la veille et l'avant veille, par les crètes. Splendide jusqu'aux cheminées du Paradis. je confirme que la descente est dangereuse à mon avis. Du coup demi-tour et descente (sous pluie et brouillard) par le raide pas de Rocheplane.
Les sentiers des crètes sont très bien balisés par des ronds orange, je vous le conseille, c'est absolument splendide et ça évite qq mètres de dénivelée.
Manu

» denis, le 05.09.05
Ohla Jeroen, Comme d'habitude tu fais pas dans le demie-mesure. C'est tout ou rien. Toi qui a horreur des rando car ca fait mal aux jambes voila que tu traverses ton massif favoris.

Tu fais vraiment la paire avec le JIP

» Mouai, le 06.09.05
Ah tiens! Ca me rappelle l'année dernière, j'avais tenté Chambéry-Grenoble gare à gare en partant de Chambé pour revenir chez moi à coté de la gare à Grenoble. Départ de Chambé vers 3h00, sommet du Granier granier à 8h00 je crois, traversée des crètes, et je me suis arrêté au col du Coq vers 15h00 pour cause de tendinite à la hanche... mais j'espère pourvoir retenter l'affaire un jour! C'est vraiment une belle ballade!
Sinon la cheminée du Paradis n'est pas si pire à la descente, mais c'est vrai qu'avec la fatigue, il faut rester vigilant et prendre son temps...

» laviandea.z, le 27.09.05
Beau parcour, félicitation ( la prochaine à quand?) Nord via le sud Chambéry via Grenoble, comme j 'ai lu sur une réaction précédente.
C 'est possible, je vais me la préparer pour le mois de juin 06
A vos carnets!!!

» rudy, le 18.11.05
c'est vraiment une belle balade et tes photos sont superbes. Cela me rappelle des souvenirs, je suis parti ce printemps de la gare de Grenoble pour rentrer chez moi à chambéry en passant par les crêtes, j'ai suivi à peu près le même chemin que toi, la descente sur chambéry est interminable...
merci pour ton article

» guillaume chevrier, le 01.02.07
j'avais déjà le projet de faire cette traversée mais maintenant je vais devenir intenable, c'est vraiment super beau ( MERCI POUR LES PHOTOS)
PS : c'est bon a savoir que les crêtes sont faisables.

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