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Couloir est de brêche Cordier (photos collection BLMS avec leur aimable autorisation)
Couloir est de brêche Cordier (photos collection BLMS avec leur aimable autorisation)
Etienne au sommet du couloir qui s'assure pour les 30 premiers mètres afin d'éviter de partir avec une plaque
Etienne au sommet du couloir qui s'assure pour les 30 premiers mètres afin d'éviter de partir avec une plaque
Etienne dans le tiers médian; c'est plus large et on peut "se lâcher "un peu
Etienne dans le tiers médian; c'est plus large et on peut "se lâcher "un peu
Etienne toujours en action...
Etienne toujours en action...
Etienne se gave de poudre
Etienne se gave de poudre
Etienne au dessus de l'étranglement du premier tiers, réceptacle des coulées des berges
Etienne au dessus de l'étranglement du premier tiers, réceptacle des coulées des berges
Bruno en pleine action dans les contre-pentes; au soleil, bas de la face nord-ouest des Agneaux
Bruno en pleine action dans les contre-pentes; au soleil, bas de la face nord-ouest des Agneaux
Le pédalé sauté dans 40 cm de poudre et à 45°
Le pédalé sauté dans 40 cm de poudre et à 45°
Banzaï !!! virage en contre-plongé pris par Etienne au niveau du premier tiers du couloir
Banzaï !!! virage en contre-plongé pris par Etienne au niveau du premier tiers du couloir

Brêche Cordier, couloir est

Par DBO, le 18.12.04

Jeudi 14 Mars 2002, Etienne me téléphone : t’es toujours partant pour samedi ; OK pour moi, pas de problèmes et il rajoute : T’es en forme ? Oui, Samedi dernier, j’ai descendu la face ouest du bonnet de l’Evêque de l’Obiou (4.3.) et mardi le couloir est des grands moulins (4.3.) ; Ca te dirait une pente raide dans le bassin d’Arsine, rajoute-il, si c’est en conditions évidemment…
RDV samedi à 4 heures au lieu habituel avec le matos de pente raide

Au lieu et à l’heure dite, un claironnant » Bruno, ça va » m’accueille ; Etienne pour ceux qui ne le connaisse pas, à une force naturelle physique et de caractère y compris dans le ton de sa voix. Alors, c’est quoi, l’objectif : Brêche Cordier, ça te va ? Bien sûr et nous voilà partis direction Alpe Villard d’Arêne

Parking, 6 heures du matin, un vent glacial nous saisi venant de l’est ; durant le voyage, Etienne m’a expliqué que les conditions seraient probablement bonnes dans le couloir : coups de lombarde, grosses chutes, conversation téléphonique avec Lionel qui s’y connaît etc… on s’équipe et nous voilà partis ; je passe sur les 4 heures pour atteindre la base du couloir avec une météo moins bonne que celle annoncée : voiles d’altitude et vent glacial.

A la rimaye, court moment d’encordement (c’est dans ces moments que j’apprécie tout particulièrement l’expérience d’Etienne) et franchissement de la rimaye sans soucis; de la poudre dans le couloir dés le bas ; je me dis que c’est dans la poche si ce n’est que toute cette neige nous pose des problèmes de progression très vite avec une trace très dure pour le premier qui d’ailleurs sera Etienne tout le long .

Nous nous arrivons à la zone de rétrécissement du premier tiers, Etienne franchit un court ressaut rocheux ; je tente de le suivre mais j’ai du mal avec mes crampons alus qui s’avèrent être un mauvais choix (j’aurais du prendre mes crampons d’alpinisme) finalement je suis en équilibre ultraconcentré sur mon ressaut quand un choc violent me fait perdre l’équilibre et me renverse pour me projeter 5 à 6 mètres plus bas dans la poudre ; mais qu’est-ce que j’ai reçu sur la tête ? En reprenant mes esprits, je comprends qu’il s’agit de mon coéquipier qui vient de faire une chute d’un trentaine de mètres et qui vient de faire un roulé-boulé ; il dégage ses bronches de la neige qui la déjà noyé quelque peu et me rejoint ; rien de cassé de part et d’autres ; il a été renversé par une coulée issue des berges du couloir, faut dire que on était au milieu du déversoir…

Alors, rajoute Etienne, on continue ; si t’y vas, j’y vais que je lui réponds et nous voilà repartis, pour trouver une zone plus large mais toujours autant de poudreuse : 40 à 50 cm d’une poudreuse compacte qui sera excellente à la descente ; la suite est interminable dans le vent qui pénètre dans le couloir et nous glace les os…mais Etienne progresse, il nous faudra 4 heures pour arriver à la sortie, sortie que je visite d’ailleurs pas préférant m’arrêter à 30 m sous la sortie, me ménageant une petite terrasse sous un bloc de rocher ; la pente est vraiment raide : certainement plus de 50° sur les contrepentes pour preuve je suis assis et mes pieds sont dans le vide ; la goulotte centrale et à 55° et les traces d’Etienne montrent une neige légèrement croûtée, j’incite Etienne à la prudence et pour la descente de ces 30 premiers mètres, il s’assure et me rejoint en dérapant au milieu de la goulotte ; il m’adresse : un classique « ça va ? « à peu prés « je réponds tout de même impressionné par la raideur de la pente ; nous jugeons que la neige est correcte et nous voilà partis tout d’abord en dérapage sur 30 mètres mais le couloir s’élargit, les contre pentes nous offrent une neige sûre à plus de 50°… Comme me dit Etienne : C’est le premier virage qui coûte (depuis, je pense toujours à sa citation quand je démarre une pente raide..) et devant moi, il exécute un virage pédalé sauté qui le projette 5 mètres plus bas puis 4 autres, et il m’attends ; je démarre et suis impressionné par la rapidité avec laquelle on perd de l’altitude.

Nous voilà, au milieu ; là, la pente est large et on sort l’appareil photo ; on se détent un peu et on enchaîne quelques virages ; à présent, on arrive à l’étranglement et, en se méfiant des coulées, on se lâche dans une poudre à 45° ; enfin le dernier tiers nous procure beaucoup de plaisir ; le retour à la voiture sera sans encombres.

Au total, des conditions optimales pour ce type de couloir même si la coulée qui nous a renversé a été sans dommages.

Mon compte rendu sur skirando.ch rend compte d’une pente plus élevée que le topos de V. Shahshahani ; depuis les nombreux répétiteurs ont confirmé que la pente en haut est à 50° au moins…

En cet automne 2004, quelques skieurs-répétiteurs m’ont donné l’idée de relater cette descente réalisée avec Etienne, il y a déjà plus de deux ans...

Commentaires

» Jeroen, le 18.12.04
Dire que maintenant y'a des petits jeunes qui font ça entre la poire et le café...
Des couloirs comme ça, c'est l'objectif d'une saison pour bon nombre de randonneurs, voir même un rêve hors de portée...

Un jour j'irai.

» Tchouf, le 20.12.04
Merci pour ce beau récit :)).
Belle aventure, le coup "tu y vas, j'y vais", pas mal :o)

» edwigefun, le 21.12.04
Super comme histoire, BBBbbbbrrrrrr ça donne des frissons.

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