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5 weekend en ski - Ch.1 - l'autonomie dans la neige c'est l'igloo

Par Régis Piégay, le 30.01.08

Dans le cadre du concours "La plus belle plume"
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Préambule


Cette petite histoire commence en septembre 2006 lorsque feuilletant la revue du CAF et détaillant les différents programmes de ski de randonnée proposés par les sections, je m’intéresse au cycle de cinq weekend proposés par un certain Jean marie dont il me semble avoir fait la connaissance en 2005 au cours d’une sortie d’alpinisme aux Rouies dans les Ecrins. Comme indiqué dans la revue j’envoi un mail à l’organisateur pour, peut-être, faire partie des heureux élus car la taille du groupe est limitée à une douzaine de participants.

Une réunion d’information et de prise effective des inscriptions à ce cycle Autonomie est fixée au cinq décembre. Dominique ma compagne, une ancienne du ski de randonnée qu’elle pratique depuis une vingtaine d’années fait la même démarche et nous attendons donc début décembre pour savoir si …

Début novembre nous recevons une confirmation de la date et l’heure de cette réunion sur nos adresses email respectives. Il n’y a plus qu’à attendre. Le jour dit, un peu avant dix neuf heures, Dominique et moi, poussons la porte cochère de l’immeuble grand siècle dans lequel se trouvent les locaux de la section du CAF. Nous ne sommes pas des « anciens » de cette vénérable maison. Notre expérience du milieu montagnard a été acquise dans un club local affilié à la FFME et nous n’avons fait connaissance avec le « temple » que l’année précédente, au cours de l’été, en participant à quelques très belles sorties d’alpinisme. Nous avions pris le risque, malgré tout un tas de commentaires acerbes entendus sur ces vieux brisquards de la montagne, de faire leur connaissance. Bien nous en avait pris tout s’était bien passé, sécurité et bonne humeur étaient au rendez-vous. Alors pourquoi ne pas faire leur connaissance en hiver également ?

Nous ouvrons la porte d’entrée de l’appartement qui sert de local à la section CAF, toujours un peu intimidés, car Dominique et moi ne sommes pas des extravertis passe partout. Quelques personnes sont déjà là, et nous reconnaissons Jean marie des Rouies. Nous nous présentons aux uns et aux autres. Tous inconnus, excepté Bertrand que nous avons rencontré il y’a quelques années dans un tour en Vanoise vers la pointe Méan Martin, et Florence et Michel que j’ai vu dévaler la pente des grands couloirs de la Grande Casse cet été même, au cours d’une sortie d’un club de la région. Florence a bien récupéré de la fracture de sa cheville et est prête à chausser les skis.

La réunion démarre à l’heure dite et Jean marie commence par nous présenter ses deux co-encadrants Florence et Antoine. S’ensuit une description très complète de la philosophie du cycle envisagé. Nous écoutons tous attentivement. Quelques questions sont posées à Jean marie qui répond clairement, ayant manifestement bien préparé son sujet. Viens en suite un sujet qui s’avère être délicat et qui nous surprend un peu au prime abord. La question du traineau. Toute collective doit emporter avec un elle un traineau, à priori démontable, qui permet au groupe de ramener un blessé par ses propres moyens si jamais un accident survenait au cours d’une sortie. Ces traineaux sont en général construits sur place à l’aide des skis du blessé, il n’en a plus besoin puisqu’il est blessé, et un ensemble de barres métalliques et de cordes et ficelles en tout genre. Il s’agit d’assembler tous ces composants pour obtenir une plateforme sur laquelle peut-être allongé le blessé et qui peut elle-même glisser sur la neige, tirée par les autres membres du groupe. Or deux types de traineaux sont envisageables. Ce qui les distingue et qui doit faire l’objet d’un débat au sein du groupe, c’est que le traineau classique est plus encombrant à emmener avec sa toile et ses barres, le traineau innovant de Jean marie est beaucoup moins encombrant, quelques boulons de diamètre huit, mais qui nécessitent de percer nos manches de pelles ainsi que l’extrémité de nos skis. Il s’ensuit un débat sur le perçage des skis dans le cas où ce second type de traineau serait choisi car bien sûr percer une paire de ski achetée trois cents euros ça fait réfléchir. Jean marie, prévoyant que le débat n’allait pas aboutir immédiatement, nous propose donc que au cours du premier weekend nous effectuions une étude comparative des deux traineaux afin de faire un choix démocratique. Au cours de ce sujet technique, quelques personnalités se mettent à jour assez vite, en particulier Michel qui en homme rationnel a des idées précises sur la technique entame un débat avec Jean marie qui encore plus pragmatique clos la discussion par un « si vous avez une autre idée vous la présenterez au cours de l’exercice prévu le premier weekend au cours duquel nous chronomètrerons la mise en œuvre du traineau et apprécierons les qualités de glisse de l’engin chargé d’un cobaye ».

Voilà la réunion de lancement est terminée, nous avons été averti que les instructions détaillées de chaque sortie nous serons communiquées la semaine précédente et que les questions éventuelles devront être posées par email avec « Répondre à tous » pour que tout le groupe ait bien le même niveau d’information. Cela ressemble à de l’organisation millimétrée qui ne permet pas à un grain de sable de venir bloquer les rouages.

Dominique et moi saluons rapidement les participants et rentrons chez nous plutôt rassurés sur la tournure des évènements. Nous attendrons fébrilement mais aussi un peu intimidés le premier weekend. Serons nous à la hauteur de la condition physique de ces jeunes montagnards ? Car Dominique et moi faisons partie des trois plus vieux en dehors des encadrants et nous sommes un peu inquiets quant à notre capacité physique à les suivre si jamais ils embrayent sur un rythme effréné à la montée.

Le premier weekend aura lieu comme prévu et ce n’est qu’après celui-ci que tout à coup le lundi matin je me décidai à rédiger quelques notes sur ce que nous avions fait la veille. Petit à petit les notes prennent la forme d’un récit, exercice que je découvre. Et puis je me décide à le faire partager à tout le groupe en souvenir. Rapidement les membres du groupe m’enjoignent de poursuivre, et me voilà investi de la tâche de rédiger pour chaque weekend la suite de nos aventures. Voilà comment tout a commencé, et place maintenant au premier épisode des aventures de Jean marie et de ses treize compagnons de ski du cycle Autonomie 2007.

Chapitre 1


Vendredi 5 janvier 2007, 5h45, parking de la mairie de Bron. Les premiers participants sortent de leurs voitures bien chaudes et commencent à échanger poignées de main et double bises. Jean marie puis Antoine et Florence, nos trois encadrants, pour ce cycle « Autonomie 2007 » du CAF, arrivent à leur tour. Les voitures s’organisent, les coffres se remplissent, les chauffeurs prennent les consignes et s’est parti.

Deux heures plus tard, nous voilà rendu à notre point de départ, Saint Alban dans la vallée des Villards. Nous entrons dans le massif de Belledonne par une de ses vallées de sa façade est, celle qui donne accès au groupe du Merlet (un col, deux pics, un lac, un refuge,…). Jean marie répartit le matériel collectif sur les épaules des « malabars » et c’est top départ pour la première journée de cette échappée de 3 jours qui vient de bénéficier in extremis de la première chute de neige conséquente depuis le mois de novembre.

Nous sommes 14 en tout, 5 filles et 9 garçons qui allons faire connaissance petit à petit.

Les peaux sont collées sous nos skis (et pas sur comme on le dit souvent), les fixations en position montée, et la progression en colonne par un commence tranquillement en sous bois, sur des sentiers et chemins qui nous mènent aux alpages des Granges.

Les sacs bien qu’objectivement assez lourd, vu que nous partons pour trois jours de vraie autonomie en montagne hivernale ne pèsent pas trop sur nos épaules. Pour l’instant ?

Le rythme est calme, les pauses régulières et enfin nous trouvons le soleil à l’entrée de la vallée supérieure où nous allons passer notre première nuit vers 1940m.

Par contre cette fois ci, et pour bien commencer l’année, pas de gentil refuge gardé bien chaud avec diods et crozets pour le dîner, p’tit’ bière au coin du feu. Que nenni. Point du tout, ce sera « bolino » et dodo dans l’igloo. Et pour bien se mettre dans le bain, c’est nous qui construisons notre gîte … Alors là, la rigolade c’est fini, soit c’est bien fait et ça tient debout, soit c’est la nuit dehors par –5° avec un petit vent frais qui viendra nous geler jusqu’aux os. Du coup chaque petit groupe de 2 ou 3 s’affère à construire sa tente de neige le mieux possible. Pour les curieux une petite explication s’impose : en gros on commence à faire un tas de neige, qui est plutôt poudreuse, de 3 mètres de diamètre et 2 mètres cinquante de haut. Ensuite on tape dessus avec les pelles pour tasser la neige. Puis on enchaîne par un travail de mineur de fond pour creuser par un côté, une porte (ou plutôt une chatière, n’est-ce pas chaton ?) que l’on prolonge à l’intérieur par une petite salle en forme de dôme. Celle-ci doit au minimum permettre d’accueillir 2 ou 3 randonneurs allongés sur leur matelas de mousse (ceux qui ont participés à la construction. Evident non ?). En définitive, rien à voir avec l’image d’Epinal où l’on voit un esquimau tailler des blocs de glace à la scie, tandis qu’un second ajuste ceux-ci en forme de dôme comme un bâtisseur de cathédrales perché sur un échafaudage branlant. Non c’est plutôt un boulot de terrassier et de mineur qui est le notre aujourd’hui.

Au bout de quelques heures, les édifices sont à peu près utilisables, et chacun va visiter les différents igloo ainsi construits. On peut admirer quelques créations particulièrement réussies comportant banquettes de couchage, niches de rangement, et même un système d’urinoir breveté chasseur à lapin que je n’ose dévoiler ici… Celui de Jean marie et Antoine (l’igloo pas l’urinoir) est particulièrement fignolé dans ces moindres détails (d’ailleurs jusqu’à assez tard dans la nuit selon un de ces protagonistes) et on voit là que l’expérience est vraiment payante.

Mais celui de nos deux jeunes pharmaciens est vraiment exceptionnel surtout pour des débutants. A tel point que la réussite particulièrement exemplaire de leur œuvre, les entraîna dans un niveau d’euphorie tel, qu’ils faillirent dormir à la belle étoile. En effet, au cours de la pendaison de leur crémaillère, un incident technique fit risquer à leur brillant édifice une liquéfaction prématurée, sous l’effet d’un fonctionnement quelque peu exotique de leur réchaud à gaz (du genre lancement d’une fusée Souillouz lorsque le premier réservoir est largué dans l’atmosphère). Mettre le feu à un igloo, faut le faire non ?

Enfin tout le monde est installé, et une nuit plus ou moins froide et humide commence pour tous nos protagonistes, presque dignes des aventures de Paul Emile Victor quoique beaucoup moins risquées à vrai dire.

Le lendemain matin, samedi 7 heure. le démarrage est frisquet. En définitive on est plutôt bien au chaud dans nos duvets, et en sortir pour enfiler des chaussons de chaussures froids et humides n’est motivé que par une très grande envie d’aller se soulager dans nos toilettes publiques, très écologiquement et surtout civiquement, proposées par Jean marie, afin de ne pas laisser après notre départ un lieu souillé de toute part et capable de faire honte à une caravane de nomades.

Quelques heures plus tard, le petit déj est avalé, les sacs sont prêts et les igloo abattus par nos soins pour éviter que des curieux mal informés ne viennent se les prendre sur la tête en effectuant une visite de ces édifices peu courants dans les vallées de Belledonne (en plus la visite aurait été gratuite, non mais alors …).

- Sac à dos…, dos.
Non, non, je plaisante, l’ambiance n’est pas du tout militaire, bien au contraire.

Nous rechaussons les skis, ajustons les sacs, et nous attaquons la montée dans une neige poudreuse mais qui très vite devient lourde et collante. Jean marie s’est attelé à la tâche pour nous faire une trace bien cool jusqu’au col du Merlet. Les pentes sont chargées et chacun dans la colonne s’oblige à respecter les distances avec son prédécesseur afin de limiter la casse au cas où … mais le soleil est là, et après cette nuit chacun apprécie cette bonne chaleur bien sèche dont nous avons rêvé cette nuit.

Enfin nous sommes tous au col et nous commençons la descente vers le refuge du Merlet sous la conduite de Florence notre charmante encadrante. Je passe les quelques anecdotes classiques pour une première descente de la saison qui donneront lieu à quelques belles taquineries tout au long de notre périple comme par exemple : c’est quand on déchausse sur une pente gelée que les sangles de retenues des skis, restées dans le coffre de la voiture, démontrent par leur absence toute leur utilité. Si non c’est vrai, à quoi ça sert ces trucs là ?

Ouf, il est 13 heure, on est au refuge et aucun autre groupe de randonneurs n’est déjà là, ni à l’horizon. C’est vrai que maintenant qu’on sait faire, on pourrait reconstruire des igloo mais bon un petit refuge bien propre, bien sec, avec un poêle et du bois pour se chauffer ça a aussi son charme. Nous installons nos duvets sur les couchettes pour bien montrer à d’éventuels adeptes de la montagne que la place est prise puis nous avalons notre casse-croute avant de passer aux exercices techniques que nous ont préparé les encadrants.

Au programme, recherche d’ARVA (ou plutôt de victimes munies d’un ARVA équipé de piles en état de marche, et lui-même en position d’émission), et construction de traîneau. A la grande satisfaction des encadrants, les deux sujets sont maîtrisés par les particpants. Un point particulier doit être mentionné pour le traîneau. En effet deux traîneaux de techniques différentes sont présentés mais nous devrons en choisir une en fonction de sa facilité de montage, de sa facilité d’emploi, et de son encombrement sur ou dans les sacs. (Note : si quelqu’un connaît d’autres techniques sur ce sujet et qu’il est en mesure de démontrer son efficacité, par la pratique, sans aide de la notice et en un temps inférieur à onze minute, il peut proposer son système à Jean marie qui l’examinera alors avec bienveillance – quoique - sous toutes les coutures. Et gare aux impertinents !).

Pour aujourd’hui aucun choix définitif ne sera fait car certains d’entre nous hésitent à percer leur skis par des trous de 8mm au talon et à la spatule. Bon c’est pas grave, Antoine va perfectionner son traineau pour que les ski de nos freerider puissent enter dans les étrillés avants du traineau (ils ont en effet des spatules presque aussi larges que celles des surfs) et nous nous déciderons probablement le prochain weekend.

Après ces différents exercices, et bien que le soleil soit couché depuis un bon moment, une de nos camarades de jeu propose à nos encadrants, qui tombent sous le charme de cet élève assidu (jeune et blonde, la coquine) , une dernière partie d’exercices d’avalanche tous ensemble avec auto organisation du groupe. C’est reparti pour un tour. Les encadrants cachent quatre ARVA et donnent le signal du départ. Après quelques hésitations, Bernard prend la direction du groupe, et tout se passe très bien, les quatre ARVA cachés sont rapidement déneigés, tandis qu’un cinquième non prévu, continue à émettre. Je poursuis la recherche, mais sans cesse je dois changer de direction comme si … Après quelques aller-retours , et alors que je m’apprête déjà à refourguer mon arva9000 rutilant au prochain Trocathlon, un de nos fiers secouristes se confond en excuses. Oups ! Le mystère est levé, la poche de notre ami abritait du froid son arva resté en marche. Celui-ci est alors rapidement sorti de la poche par son propriétaire, prestement éteint, et tout rentre dans l’ordre. Je regarde avec honte mon bel arva9000 tout confus de l’avoir si rapidement accusé d’incompétence et lui bredouille quelques excuses.

Chacun sait que lorsque le soleil se couche, tout à coup l’impression de froid s’accentue très rapidement. Il est temps de regagner notre home et de passer à table. La dernière nuit ne nous encourage pas à veiller bien tard, et une fois son repas englouti, tout le monde regagne sa couchette. Excepté Jean marie, qui désigné par Antoine pour recharger le poêle à intervalle régulier, passera la nuit allongé sur la table, afin de ne pas nous réveiller lorsque, à chaque heure, n’écoutant que son total dévouement, il se relèvera sans faillir pour entretenir la chaleur du refuge. Ah c’est beau cette abnégation !

Dimanche matin, le temps est maussade. Il neigeotte. Mais bon c’est décidé. Il faut rentrer à la maison, et pourquoi pas, en passant par le col de la Collombière histoire de faire une boucle, que diable ! Une longue ascension de 600m dans une neige lourde et collante commence dans une semi visibilité. Le GPS d’Antoine nous guide gentiment, Michel à repris la trace avec une santé que nous sommes plusieurs à lui envier et nous arrivons à un premier point près d’un lac. Nous poursuivons en direction du col, toujours en colonne, bien espacé les uns des autres sous des pentes plus raides que l’on devine dans un brouillard un peu plus épais. Quand, là, tout à coup, des cris, des appels.
- qu’est-ce qui se passe ? tu vois quelques choses ?
- …
- Avalanche, avalanche, …
- Est-ce que quelqu’un est dedans ?
- …
- Florence,
- …
- Dominique
Tout le monde reste sur la trace, tétanisé, ne voyant rien, puis plus haut Antoine commence à nous faire compter,
- Un,
- deux,
- trois,
- …
Et on arrive ainsi à quinze. Alors que nous sommes quatorze ! Que comprendre ? J’y comprends rien justement. Mais j’ai entendu « Dominique », alors bon, fissa. Je remonte la trace (doublement inquiet car Dominique c’est mon chaton ; et que va dire Simone ? ) et plus haut j’aperçois au milieu des blocs de la plaque (à vent pour les intimes) Dominique avec sa parka orange, debout. Ouf ! Plus loin Florence aussi s’affère à sortir ses skis. Un peu de vent éclaircit le terrain ce qui permet à Antoine de refaire le point de la situation. On est tous là. Pas de casse. Plus de peur que de mal. Florence et Dominique complètement maîtres de la situation sortent de la coulée et rejoignent la trace. Pas de cris, pas de panique, calmes. Des nanas quoi ! Mais impressionnantes les filles !

Antoine refait démarrer notre colonne et nous rejoignons le col dans une pente qui se redresse et que nous surveillons tous du coin de l’œil en serrant les fesses. Au col, nos héroïnes sont bien entourées et sont réconfortées par le thé chaud qu’Fabien, un de nos trois freerider, leur offre très gentiment. Ca fait du bien d’être tous là.

De leur côté nos trois encadrants examinent la situation. Descendre l’autre versant, raide, et surmonté de plusieurs grosses corniches ? Par la droite, par la gauche ? Remonter un éperon en crampons et descendre par un troisième couloir ? Faire demi-tour, et revenir par le refuge et le col du Merlet où nous sommes passés samedi à midi ?

Pas facile n’est-ce pas ? Jean marie prend la décision. Difficile. Car celle de la sécurité impose de revenir sur nos pas et de se retaper 400m de plus. Mais c’est bien celle là qu’il prend, celle de la sagesse. Nous dépeautons et entamons la descente en retraversant la coulée qui nous a bien fait peur. Plus bas les esprits s’apaisent et nous profitons d’une assez bonne neige où certains peuvent démontrer leurs talents de freerider très « style ». Ah cette jeunesse !

Plus loin après une pause casse-croute, nous repeautons et attaquons la montée au col du Merlet sans problème cette fois. Nous y voilà enfin, un peu fatigué pour certain et en très autonomie pour d’autres. Un coup d’œil sur la vallée d’où nous arrivons et puis hop, on bascule sur le versant Est en direction de St Alban. C’est d’abord un début de descente dans une neige pas trop mauvaise, mais dont la lourdeur fatigue beaucoup ceux qui, moins sûrs d’eux, doivent enchaîner des chasses-neiges ou des conversions. Nous repassons en face de notre lieu de bivouac de vendredi. Bien fier d’avoir dormi dans un igloo. Bon c’est pas grand chose mais quand même … Puis ce sont les longues traversées dans une neige de plus en plus lourde, ou croûtée, où seuls les freerider arrivent à enchaîner encore des godilles de folies, mais où Antoine commence à avoir des envies de scier ses ski pour en faire du bois pour sa cheminée (euh la j’invente un peu parce que je crois qu’il n’ a pas de cheminée chez lui).

Enfin St Alban, les voitures, le pantalon, la chemise, les chaussettes sèches. Et ce p… de sac que je peux enfin poser une fois pour toute. Quelle vacherie il pèse une tonne ce truc de m…

Mais tout n’est pas fini. Il fait tard, la nuit est déjà installée et certains, pas nombreux, surtout un encadrant d’ailleurs, voudraient bien filer au plus vite vers leur home sweet home. Mais d’autres, plus nombreux, voudraient bien enfin mettre à exécution ce à quoi ils rêvent depuis trois jours : s’en envoyer une petite derrière le col (une bière bien sûr !). Et alors là, c’est sans compter sur la persuasion d’un groupe de 11 cafistes maintenant bien soudés. Jean marie a pris toute les décisions pendant ces trois jours, mais la dernière c’est nous ! Alors tous au bistrot pour boire une bière (ou un café ou un thé pour ceux qui n’admettent pas la réalité des bienfaits réparateurs – vitamine B ? - de cette boisson qui doit être à peu près universelle).

Jean marie bon joueur s’incline devant cette équipe d’assoiffés. Mais boire un coup dans la vallée des Villards un dimanche soir de janvier vers 18 heure il faut trouver. Pas simple. Et c’est là que Michel, qui semble avoir un sens inné de l’organisation nous dégotte à St Alban (peut être dix habitants en haute saison) un bar ouvert un dimanche soir avec tout ce qu’il faut pour boire un coup et décompresser avec une pression avant de reprendre la route. Là, vrai, il a fait fort le Michel.

Sagement comme tout bon montagnard on ne fait qu’une tournée et on rejoint nos voitures. Certains mettant plus de temps que d’autres, mais c’est vrai que tout le monde de travaille pas demain …

Et bien voilà c’est fini pour le premier épisode du cycle « Autonomie 2007 ». Excusé moi si ce récit était un peu long et certainement pas à la hauteur des aventures alpines qui peuplent à juste titre les rayons des bibliothèques, mais je crois que pour nous tous, ça nous fait déjà quelques très bon souvenirs en plus.

D’ailleurs il paraît qu’il y’en a d’autres de prévu dans les semaines à venir. Et bien, vu la cohésion née au cours de ces trois jours, je doute qu’il y’en ait beaucoup qui manque à l’appel de notre grand organisateur Jean marie et de ses deux adjoints Florence et Antoine.

Quand je pense que maintenant mes lunettes de glacier sont montés sur le nez d’un summiter, je vais peut-être les mettre sous cloche celle là. N’est-ce pas Antoine ?


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