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Départ de notre périple autour d'une grande dame
Départ de notre périple autour d'une grande dame
Lever de soleil qui nous réchquffe le coeur dans cette longue montée jusqu'au Col du Pavé.
Lever de soleil qui nous réchquffe le coeur dans cette longue montée jusqu'au Col du Pavé.
En plein coeur des Ecrins
En plein coeur des Ecrins
La Barre éclairée par notre 2eme lever de soleil
La Barre éclairée par notre 2eme lever de soleil
L'Aigle se réveille...
L'Aigle se réveille...
parfois les mots me manquent
parfois les mots me manquent
La Reine m'accueille dans son Royaume
La Reine m'accueille dans son Royaume

Quand le rêve devient réalité

Par agnes, le 04.01.08

Dans le cadre du concours de la plus belle plume
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Je vais vous conter l’histoire d’une petite fille et de Sa Meije.


Oui il s’agit bien ici d’une « petite fille », d’une « gamine » diront certains, car devant tant de grandeur, on ne peut que se sentir tout petit !
Alors voila, le jour du départ était enfin arrivé, tout était bouclé, et mes compagnons étaient tous la.
Les acteurs : Pierre, Carole et son frère Jean. Je n’avais « rien » fait avec aucun d’eux, à part quelques bavardages, mais ceux-ci m’avaient suffit à me donner envie de partager ce voyage au bout des rêves - au bout de mes rêves devrais-je dire - avec eux. Pierre m’avait semblé calme et serein, Carole énergique et toujours partante, quant à Jean je ne l’avais point rencontré mais je m’en remettais à Carole.
Le programme : samedi, départ en milieu de journée pour le Refuge de L’Alpes de Villard d’Arênes. Dimanche, refuge du Promontoire par le Col du Pavé. Lundi, Brèche de la Meije, Serret du Savon et refuge de l’Aigle. Carole et Jean ne pouvant rester, ils devaient redescendrent par le glacier de l’Homme, tandis que Pierre et moi devions rester au refuge de l’Aigle, en vue de faire la Meije Orientale mardi et de redescendre également par le glacier de l’Homme. Au total, 3660m de dénivelé, autour de ce bout de cailloux qui hante mes nuits depuis si longtemps déjà…

L’histoire s’est déroulée telle qu’elle avait été « écrite ». Même la météo était de la partie et tout se mis en place pour m’offrir le plus beau des cadeaux : réaliser mon rêve, c’est-à-dire L’approcher, La sentir, L’Admirer de tous côtés.
Il y a un peu moins d’un an, j’avais failli La Traversée, mais les éléments cette fois là n’étaient pas de la partie ! Le mythe était resté un mythe, et comme toute chose inaccessible, est devenu une obsession !

Le voyage commence dès l’approche de la Grave. Quelques virages avant d’arriver, Elle se dresse là droit devant. Un rayon de soleil illumine ses flancs enneigés, et mon cœur s’emballe.
Je reste calme, sereine et je ne m’inquiète pas quant à la réussite de cette belle aventure dans laquelle nous nous lançons.
Déjà du parking, le paysage devient presque alpin, un long vallon, avec au bout tout au fond, les premiers sommets enneigés. Un peu plus loin, on repère la descente du glacier de l’Homme. C’est par là que l’on reviendra, au bout de notre périple.
Après 300 petits m de dénivelé, que l’on parcourt sans se presser, chacun à son rythme, on arrive au refuge l’Alpes. Un gros refuge de moyenne montagne avec un certain confort et surtout une excellente soupe. Il y a beaucoup de monde, aussi je vais vite me coucher, retrouver mes rêves et me laisser bercer par ce doux bien être d’être ici en montagne.

Dimanche, il n’est pas tout à fait 6h00, on part dans la nuit. Il y a peu de monde devant, et la montagne est nous. Puis le jour se lève derrière nous pendant que nous attaquons la montée, et quand je me retourne, c’est pour voir une boulle de feu grossir derrière la montagne. Au petit refuge du Pavé, alors que les difficultés sont justes devant nous, je sais que nous irons au bout de cette balade autour de Ma Meije. Nous sommes plongés au cœur des Ecrins, seuls, sous un grand ciel bleu….Et ce tout petit refuge, fermé, est comme un havre de paix, perdu la au milieu de nulle part, au milieu de ces montagnes.
La montée est longue jusqu’au col, et la fatigue commence à se faire sentir. Ca fait longtemps que nous sommes partis. Quelques nuages voilent le ciel, puis sur la dernière pente du col, quelques flocons virevoltent dans l’air. Il ne fait pas froid, et ça met un petit peu d’ambiance. Je suis un peu déçue au col car tout est bouché. J’espérais apercevoir le long vallon des Étançons, l’arrête du Promontoire, et surtout La voir, Elle, cette grande Dame de l’Oisans, celle pour qui je suis venue jusque la. La voir sur son versant Sud, que je connais qu’en photo…Alors il nous faut descendre, sans trop de visibilité, dans cette pente très raide, remplie de grosses boules de glace… in-skiable pour moi ! Dommage, en bonne condition, ce doit être une descente enivrante ! Arrivés en bas, le ciel se découvre, le soleil réapparait et l’on voit tout…..Les séracs au dessus desquels nous avons traversés, la raideur de la pente, plus impressionnante vue d’en bas, et enfin un bout du toit du Promontoire sur le bas de l’arrête. Je ne la reconnais pas. Je la cherche des yeux, Elle est la devant moi, et je ne la vois pas ! Elle est tellement différente de son versant Nord que j’ai mille fois regardé ! Ou alors est-ce la fatigue, la tête vide de tout.
Il nous faut encore remonter les 150m jusqu’à ce mythique refuge. Je crois que pour tous, ce furent les 150 m les plus difficiles.
Le refuge est trop bondé, ca manque d’intimité et de convivialité, mais qu’importe, puisque nous y sommes et que demain il fera beau. Puis le repas est parfait, les gardiens très sympathiques et moi fatiguée et déjà je retourne dans mes rêves....

Lundi, 6h30, on laisse partir la foule, et on part plus tranquillement après. Je n’ai pas envie de me mettre la pression. Nous n’avons pas de problème d’horaire et rien ne sert de courir. Autant profiter de la Lune qui éclair le cirque dans lequel nous sommes, puis du soleil qui au loin illumine la Barre des Ecrins….C’est un beau « lever de jour » auquel j’assiste dans la montée de la Brèche de la Meije, un régal pour les yeux. Enfin j’arrive en haut de cette fameuse Brèche, que j’ai tant regardé depuis le téléphérique. A chaque fois je rêvais qu’un jour je serais là… et je me demandais alors comment je ferais avec mon petit niveau pour arriver jusqu’ici… Alors je découvre le glacier de la Meije d’en haut et je me demande encore comment on peut descendre par là et du coup la remontée en ski sur le glacier m’impressionne beaucoup !
Le téléphérique est si loin et semble si petit, mais je retrouve ce versant Nord que j’aime tant.
Puis vient la remonté du Serret du Savon ! Au début, je ne suis pas rassurée du tout et Carole a la bonté de rester en dessous de moi, ce qui me permet de calmer ma peur. Puis je me concentre sur chaque pas, le stress passe, du moins je préfère me retourner à peine un dixième de seconde pour ne pas voir tout ce vide sous moi…La fin est difficile ! Presque pas bu depuis le départ, pas assez manger et j’ai trop puisé dans mes réserves bien maigres aujourd’hui ! Aller ! Encore un petit effort, et le soleil effleure le haut du couloir. J’avais espéré alors découvrir enfin ce petit refuge mythique perché la haut, mais non ! Il nous faut remettre les peaux, faire une petite traversée, et là au bout, l’apercevoir, sur son perchoir… l’Aigle, les ailes repliés sous lui, près a s’envoler et venir caresser du bout du Doigt de Dieu… La Meije.
Le soleil brille et je me livre alors au plus agréable des passe temps après 2 grosses journées : assise sur un petit banc, à 3500m, dans la tiédeur de l’après-midi, je l’admire, Elle, la Reine de l’Oisans et son Royaume.
Le refuge n’est même pas à moitié rempli, et je suis bien contente de le découvrir ainsi dans le calme. Le soir, quelques nuages viennent un peu gâcher le coucher de soleil, mais à tour de rôle nous sortons du refuge à l’affut de cet instant magique où il se couche et d’un coup de pinceau, colore le ciel.
Je vais me coucher, heureuse et comblée de joie, dans les bras de l’Aigle qui veille sur ma Meije…

Mardi, 5h00, il fait froid dans le refuge, mais l’eau n’a même pas gelée dans les bouteilles. Dehors la lune éclaire un peu les sommets, et c’est une belle journée qui s’annonce… la plus belle sans aucun doute. Déjà la joie me transporte et je m’empresse, dans la nuit finissant et l’aube naissante, dans le froid, de sortir pour voir et m’éblouir de cette clarté qui annonce déjà une féerie de couleur. Elle, la haut, se dévoile avec le jour, et s’ouvre à nous pour nous montrer le chemin et nous accueillir en son sein. Le soleil apparaît doucement au loin, comme pour ne pas La brusquer, comme pour ne pas l’effrayer.
Et la montée est un enchantement sans fin. Au sommet, une surprise de taille m’attend… au dernier moment, il apparaît, droit, majestueux, fière, le Doigt de Dieu se dresse à mes pieds…. Le rêve est devenu réalité…

Commentaires

» Jeroen, le 04.01.08
Publié !

Cool, je fais un peu partie du rêve :wink:

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