Le ski de randonnée, c'est de la randonnée ... à ski ! C'est le moyen le plus adapté pour parcourir la montagne l'hiver. Contrairement à la raquette ou au ski nordique qui sont adaptés aux reliefs doux, le ski de randonnée est adapté aux reliefs alpins, plus escarpés.
Le skieur de randonnée parcourt les mêmes itinéraires que le randonneur pédestre ou que l'alpiniste parcourt l'été, mais il les parcourt en hiver. Il évolue en pleine montagne, à l'écart des stations de ski, et donc forcément "hors piste".
Pour la montée, il colle des "peaux de phoque" sous les skis pour empêcher le recul, et il utilise des fixations qui permettent de libérer le talon de la chaussure. A la descente il enlève les peaux et bloque le talon pour retrouver les caractéristiques d'un ski alpin classique.
Le skieur de randonnée peut être amené à progresser à la manière d'un alpiniste, avec des crampons et des piolets pour passer certaines parties plus raides de l'itinéraire (les skis sont alors accrochés sur le sac à dos).
Comme tout sport d'endurance, la pratique du ski de randonnée nécessite une bonne condition physique pour la montée. Pour la descente, un niveau minimum en ski alpin est requis. Si en ski alpin on évolue souvent sur des boulevards travaillés, le skieur de randonnée évolue lui dans un
milieu non préparé. La neige rencontrée n'est pas damée : elle peut être idéalement poudreuse, mais aussi gelée, croutée, cartonnée. Il faut savoir jouer avec le relief naturel et les conditions de neige changeantes. Si en station les pistes noires les plus raides font 35°, en pleine montagne il est courant de trouver des pentes à 40°, voir 45° et même 50° pour des itinéraires dits extrêmes.
De plus, le skieur de randonnée évolue dans un
milieu non sécurisé. Les risques encourus sont bien réels pour celui qui ne connait pas la montagne hivernale (et pour celui qui la connait aussi d'ailleurs...). Risque d'avalanche, de chute en crevasse, de dévissage (glissade non contrôlée en pente raide), conditions climatiques extrêmes (tempête de neige, brouillard), chutes de pierres ,...
Il ne s'agit pas de se fixer une limite en dessus de laquelle on restera chez soi et en dessous de laquelle on fera n'importe quoi, mais plutôt de
savoir évaluer les risques encourus en fonction des conditions,
pour pouvoir se protéger efficacement, modifier ou renoncer à l'objectif. La montagne sera encore là demain, l'imprudent pas forcément.
S'initier
Le ski alpin, ne vous amuse plus ? Vous avez envie de plus d'authenticité, de nature "vraie" ? Vous avez une attirance pour les sports d'endurance ? Le ski de randonnée est fait pour vous. Mais attention : ne vous lancez pas seul et ne grillez pas les étapes du long apprentissage de la montagne hivernale. Sachez vous entourer. Il existe bon nombre de structures qui pourront vous aider à faire vos armes (Amis montagnards, Club Alpin Français, Fédération de la montagne et de l'Escalade, associations locales, guides de haute montagne, structures comme l'UCPA ou Terre d'aventure, etc...). Sortez du troupeau et des pistes balisées, vous ne le regretterez pas.
Le matériel
Le skieur de randonnée possède un
matériel spécifique :
- Une paire de
skis de randonnée. Les progrès techniques de ces dernières années permettent d'avoir un matériel très léger (appréciable à la monté), plutôt court (techniquement plus facile à skier), assez large pour garder un très bon comportement en neige souple.
- Une paire de
fixations de ski de randonnée. Ces fixations possèdent deux positions : une position montée où le talon est libéré pour permettre de marcher (le pied pivote autour de l'avant de la chaussure), et une de descente où il est bloqué. Deux modèles de fixation s'opposent sur le marché : certains nécessitent une paire de chaussure adaptée, d'autres non.
- Une paire de
chaussures ski de randonnée : Elles possèdent deux position : une position "marche" pour faciliter la marcher (cheville non bloquée), et une position "Ski" pour retrouver le comportement d'une chaussure de ski alpin. De plus elles possèdent une semelle de type vibram pour pouvoir marcher dans la neige, et sont cramponnables (peuvent reçevoir des crampons).
- Des couteaux, fixes ou mobiles, qui augmentent l'accroche du ski sur la neige dure
- Des
peaux de phoque autocollantes.
A ce matériel s'ajoute le
matériel du randonneur en général,
ou de l'alpiniste :
- Un sac à dos (30-40 litres pour des courses à la journée), permettant le portage des skis
- Des vêtements adaptés (Système 2 ou 3 couches)
- Du matériel d'alpinisme pour les courses plus techniques et pour les progressions sur glacier (Crampons, piolet, corde, petite quincaillerie, ...)
Sans oublier le
matériel de sécurité indispensable :
-
Arva, pelle, sonde, petite pharmacie de base
Ni éventuellement le petit matériel :
Altimètre,
boussole,
GPS,
carte, Crème solaire,
lunettes solaires, ...