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Avalanches : les guides en première ligne - Neige et avalanches

 
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Avalanches : les guides en première ligne

Proposé par jc69 le 06.03.2018, publié le 06.03.2018 :: www.ledauphine.com :: 4292 vus :: 1447 clics :: 23 commentaires :: Neige et avalanches

Deux professionnels français, impliqués dans deux accidents, vendredi et dimanche, dont le plus meurtrier de l’hiver (quatre morts), ont été placés en garde à vue et visés par des enquêtes pour homicides involontaires. De quoi replonger la profession en plein doute, alors qu’elle pensait voir s’éloigner le spectre de l’accidentologie. »

Commentaires

» Par jc69, le 06.03.2018

Au-delà de l'article, la question se pose : pourquoi tant d'accidents dramatiques impliquent des guides de haute-montagne, des professionnels reconnus et qualifiés ?
Je me rappelle une conférence de Werner Munter où celui-ci critiquait l'absence d'utilisation de la méthode de réduction des risques (c'était en février 2008)
www.skitour.fr/forum/read_63238.html#63458

Ce serait bien qu'on ait l'avis des guides qui contribuent ou simplement consultent skitour

» Par Juhlen, le 06.03.2018

Je crois que les guides français ont perdu beaucoup de temps suite au décès de Claude Rey en 2007. Il avait entamé un travail de fond sur l'appréhension du risque d'avalanches chez les pros. Dommage le travail n'a pas été repris. C'est le problème très français du travail à long terme en général ...

» Par Juhlen, le 06.03.2018

Un exemple, les suédois ont réduit drastiquement le nombre de tués sur les routes. Les autorités françaises bricolent des pompes à fric en fustigeant systématiquement le conducteur ...

» Par Vivagel, le 06.03.2018

S'il semble que tant d'accidents dramatiques impliquent des guides, je pense que c'est d'abord parce qu'ils sortent beaucoup plus souvent que le commun des montagnards, ensuite parce qu'il faut qu'ils sortent pour gagner leur vie et que s'ils restent au chalet ou à faire des exercices de recherche d'arva avec leurs clients pendant les périodes de vacances où il y a le plus de clients, ça va pas fonctionner bien longtemps, donc ils sortent par quasiment tous les temps si leurs clients le demandent, et ils peuvent parfois mal estimer la situation s'ils ne sont pas dans leur fief habituel.
Ensuite et surtout je pense que ça fait beaucoup plus de bruit quand un professionnel est impliqué que quand ce sont des amateurs, ce qui fausse l'impression.

» Par bens, le 06.03.2018

tant d'accidents dramatiques impliquent des guides
Faut pas exagérer non plus, des morts avec un encadrement pro ça parait toujours inacceptable mais le nombre reste très faible, en tous cas trop faible pour en tirer des généralités.

ils peuvent parfois mal estimer la situation s'ils ne sont pas dans leur fief habituel
A bah tiens je pense juste l'inverse... quand on voit le nombre de pros pris "dans leur jardin" (le poids de l'habitude)
Dans le cas du Mercantour, le guide connaissait très bien les lieux d'après ce qui s'est écrit. Et dans le cas de Tignes l'an dernier le moniteur était de la station.

Je ne sais pas trop si il existe des stats comparatives entre guides suisses/français/italiens et si il y a moyen d'en tirer quelque enseignement (à ce sujet n'ayant jamais skié avec un guide suisse, je me demande toujours si ils utilisent strictement la formule de réduction de Munter ou si c'est une légende...)

» Par Juhlen, le 06.03.2018

@Vivagel : tu devrais relire l'article sur les pièges heuristiques, "l'habitude tue". La non-connaissance du secteur t'oblige à mettre tes sens en éveil, à baisser le curseur, ...
Quant aux guides qui sortent beaucoup plus, c'est une légende. Rien que sur ce site, j'en connais qui ont 150 à 200.000m/an depuis plusieurs années ...

» Par Vivagel, le 06.03.2018

Certes il y a des passionnés acharnés mais les guides eux c'est leur boulot de tous les jours, donc ils sortent comme nous on va à l'atelier ou au bureau.
Et quand ils sont dans un coin qu'ils ne connaissent pas bien, ils sont quand même obligés d'essayer de trouver une course possible même si les conditions sont mauvaises, et ils peuvent bien sûr se tromper. Et alors c'est tout de suite une grosse affaire médiatique.

» Par Pi3rrot, le 06.03.2018

@Juhlen :
"Quant aux guides qui sortent beaucoup plus, c'est une légende."
Pas sur la totalité des pratiquants. Les quelques dizaines par sous-massif de très énervés qui sont sur les skis 4 jours sur 7 (si tant est qu'on parle de vraies sorties et pas de déniv en bord de piste) ne sont absolument pas représentatifs du reste de la masse. Il y a bien un sur-représentation des pros (et des furieux dont tu parles) parmi les victimes d'avalanche, clairement due à l'exposition au danger beaucoup plus élevée chez eux que chez les autres - augmentant mécaniquement les risques pris, sur une vie de pratique (cf. les travaux de l'ANENA).

» Par Juhlen, le 06.03.2018

@Pi3rrot : si le nombre de guides reste, bon an mal an, stable celui des pratiquants a explosé depuis 15-20 ans et par là même le nombre de furieux (la fameuse partie droite de la courbe de Gauss). Mais là où le pro va faire une sortie "pour les autres", le furieux pourra toujours revenir le lendemain (ou dans 3 jours) ou encore aller trainer ses skis dans un massif pas très "bankable". Pour sortir avec l'un des plus gros contributeurs de ces dernières années (100 sorties/an), je suis toujours étonné de la marge qu'il prend, du temps qu'il passe sur son smartphone pour visualiser les zones 30°c ... Pas sûr qu'un pro prenne autant de précautions (qui pourraient être anxiogènes pour les clients).

» Par Luc, le 06.03.2018

Lors d'accidents liés à des activités présentant de nombreux facteurs de risque mais dont l'accident lui-même est somme toute plutôt rare (situation qui me semble correspondre aux avalanches) certains professionnels de la nivologie (cf p. ex François Dufour, ancien responsable du SLF pour le Valais) considèrent que l'expérience devient elle-même un facteur de risque. Cette hypothèse me paraît assez crédible, mais peu discutée.

» Par Zoé, le 07.03.2018

Le problème avec les guides, et autres professionnels de la gestion du risque, est surtout que le fond de commerce n'est rien d'autre que la sécurité. Le discours, la communication, l'emballage de vente est grosso-modo : prenez un guide pour être en sécurité, sous-entendu les accidents c'est pour ceux qui n'y connaissent rien sans diplôme ENSA proof (parisien, amateur, jeunes ...).
Dans le cadre, il est évident que tout accident d'un client, à fortiori mortel, est très mal perçu.
Bien évidement, ça se retourne contre les guides au premier carton. L'article du Daubé indique que les 2 guides impliqués dans les 2 cartons sont en garde à vue et visés par des enquêtes pour homicides involontaires. Autant dire que leur carrière, voir leur vie, est finie. Ils vont être laminé et broyé par la machine médiatique et judiciaire car "la collectivité" va devoir trouver un coupable ! Dans la même situation, il est beaucoup plus rare qu'un amateur se retrouve en garde à vue.
Au delà de la gestion du risque en tant que tel, je suis persuadé que le "modèle" et la communication guide augmente significativement le caractère inacceptable de ces accidents.

» Par ubaye07, le 07.03.2018

le problème nr1 c'est le pognon et l'obligation de résultats,système ds lequel on a basculé depuis..???
et cela combiné avec un raisonnement du type: "avec un guide c'est sécu à 100%! " bientôt le professionnel sur le terrain sortira avec son avocat...

» Par ubaye07, le 07.03.2018

respect mr les ghm,un métier ou la déontologie existe encore

» Par nenessed, le 07.03.2018

Les guides font un métier à risque comme beaucoup d'autres métiers , leur problème est bien de doser ces risques mais en même temps de pouvoir exercer leur métier et d'en vivre c'est un dilemme qui ne trouve pas vraiment de solutions... !
Je pense qu'il ne faut pas les accabler en cas d'accident mais en même temps il la justice doit quand même faire son travail c'est pas facile pour eux non plus ...!
Jusqu'où peut on accepter les risques et où mettre le curseur.... ?Sachant que que de toute façon le risque zéro n'existe pas !

» Par manu, le 07.03.2018

mouais, la méthode munter si tu la suis strictement tu sors jamais de l'hiver ou tu te tape du 1.x, franchement c'est tellement restrictif...
j'avais lu qq part que leur métier était délicat juridiquement car "mettre en danger la vie d'autrui" est une infraction, mais c'est involontairement ce qu'il font toute la journée en réalité...

» Par scarlathy05, le 07.03.2018

Il y a des guides de haute-montagne qui encadrent des sorties de ski rando, mais il y en a aussi (j'en connais) qui ne proposent jamais cette activité à leurs clients, quelles que soient les conditions, parce qu'ils estiment une fois pour toutes que c'est trop à risque. A méditer. Pour mémoire, le guide jean-louis georges, qui a participé à la première descente partielle de l'annapurna en 1979 avec yves morin, a trouvé la mort dans un raid a skis avec clients en corse l'année suivante. Cela avait beaucoup marqué les esprits, à l'époque.

» Par bens, le 07.03.2018

> mouais, la méthode munter si tu la suis strictement tu sors jamais de l'hiver ou tu te tape du 1.x
Je ne suis pas un fanatique de la méthode de réduction mais faut arrêter de raconter n'importe quoi... à moins de considérer qu'en dessous de 4.3 ça n'est pas du ski de rando on peut faire énormément de chose en restant grosso modo dans le cadre.


> parce qu'ils estiment une fois pour toutes que c'est trop à risque...
Et l'alpi et la rando glaciaire c'est pas risqué c'est bien connu...
Sur la période 2003-2013 : La mortalité par avalanche représentait 39% des décès. probablement la moitié en hors-piste et l'autre en ski de rando et expé.
(source https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-0116377/document)

Sinon ils proposent quoi à leurs clients, la chasse au champignons ?

» Par bens, le 08.03.2018

Quelques infos complémentaires concernant l'accident (source Montagnes Magazine)
« l’enquête dira ce qu’il s’est passé. Ce dont on est certain, c’est que notre confrère est une référence dans la profession. S’il s’est fait piéger c’est le fait d’une situation complexe. C’est le dernier à qui on pouvait penser que cela puisse arrive. Il est dans un état psychologique compliqué ». Originaire de Savoie et installé dans les Hautes-Alpes depuis les années 1980, le guide présidait le réseau alerte accidents du syndicat et organisait des stages de prévention et de gestion du risque d’avalanche.

» Par bens, le 08.03.2018

...l'accident d'Entraunes (Mercantour)

» Par RP38, le 08.03.2018

bon courage à lui et bien évidemment aux familles des victimes

» Par Bboy, le 08.03.2018

Sortir par niveau 4 c'est savoir ce que l'on risque ...

» Par Le chien, le 09.03.2018

Je pense qu’un guide doit travailler avec une contradiction. Formellement, sa mission est d’assurer la sécurité du client, mais d’une manière informelle, elle est de trouver la meilleure pente possible; poudreuse, sans traces, originale. Dans les stratégies relationnelles non dites, la pression commerciale du client ne vise pas la survie du groupe, mais survalorise l’objet de son investissement -le guide - avec l’attente d’un moment exceptionnel.
Sans prise de recul, ce dernier suivra tout naturellement la pente de la séduction amorcée par le client, c.-à-d. faire « l’expert », le sioux des montagnes qui déniche la pente qui va bien.

» Par Logiquement, le 11.03.2018

Faire une saison complète en hors piste et ski de rando pour un guide c'est possible mais pas facile. Et si les guides de Haute Montagne avait un pont allégé pour être aussi moniteur de ski alpin DE. Une formation essentiellement sur la péda, le memento pour résumer et avoir logiquement la possibilité d'enseigner en Ecole de ski ...


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