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[vidéo] L’accident de chute en crevasse : principal danger objectif du ski sur glacier. - Ski de randonnée

 
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[vidéo] L’accident de chute en crevasse : principal danger objectif du ski sur glacier.

Proposé par François Gouy le 23.05.2017, publié le 24.05.2017 :: www.facebook.com :: 4301 vus :: 2597 clics :: 8 commentaires :: Ski de randonnée

Daniel skie par une belle journée de mars et de bonnes conditions en vallée blanche. Alors qu'il évolue très lentement dans une zone semblant débonnaire, soudain le sol se dérobe sous ses skis... »

Commentaires

» Par jc69, le 24.05.2017

ça glace !
Les conseils donnés me paraissent malheureusement en décalage par rapport à la vidéo : Imaginez la même descente encordé ! Quelle purge.
D'ailleurs le ski encordé, je ne l'ai pratiqué que lors d'exercices. Y a-t-il des pratiquants réguliers de ski encordé ?
le PGHM aurait aussi pu donner comme conseil de ne carrément pas partir sur glacier crevassé si les conditions sont mauvaises : brouillard, forte chaleur ...

» Par Nicom, le 24.05.2017

C'est vrai que skier encorder c'est merdique et on fait souvent ça par temps de brouillard avec aucune visibilité... Un beau glacier bien bouché parait peu dangereux, on voit le même en aout on prend peur....

» Par François Gouy, le 24.05.2017

JC69, dire que l'article recommande de s'encorder à la descente est une extrapolation osée et assez peu pertinente. A aucun moment il n'est évoqué le fait de skier encordé à la descente par conditions normales, ce qui n'a aucun intérêt bien entendu...
Si l'on analyse bien la vidéo et qu'on s'en tient au texte : la chute à lieu exactement lors d'une phase de marche par conditions normales et le texte rappelle d'abord l’intérêt de s'encorder à la montée "aussi" par condition normales.
Cette vidéo est l'occasion pour faire toucher du doigt qu'il n'est pas exceptionnel de se faire avoir par beau temps en se retrouvant au dessus d'un gruyère de façon non-intentionnelle, notamment dans les séquences où on se déplace lentement, en marchant, et donc d'en tirer la conclusion qu'un encordement quasi systématique à la montée permet de réduire déjà une bonne part de risque à moindre frais. Surtout lorsqu'on observe que c'est très loin d'être la pratique la plus répandue...
Évidement, la progression sur glacier par brouillard ou temps chaud n'est pas recommandable, cela ne fait que rajouter des facteurs de risque, merci de l'avoir souligné.

» Par jc69, le 25.05.2017

François, ce que je veux dire c'est qu'on nous montre une descente et qu'on donne comme conseil de s'encorder à la montée (conseil tout à fait pertinent).
Dans le texte du PGHM, les conseils ne correspondent pas à la pratique : la Vallée Blanche se descend mais se monte rarement.
Les accidents de crevasse dont j'ai eu connaissance (personnes que je connais un peu) ont eu lieu à la descente, dont un mortel.
L'article du PGHM renforce le sentiment que dans ce domaine, il faut de la chance et ce n'est pas rassurant.

» Par Cyril, le 25.05.2017

Moi ce que je vois c'est un gars qui joue un peu avec une zone de crevasses ouvertes (à 0'59), puis qui s'écarte de la trace principale (à 2'08 et rebelote à 2'28), puis entre 2'52 et 3'05, il passe tout près du bord d'une zone en creux, alors que 3 m avant il avait une grosse trace d'escaliers qui remontait en direction de la trace principale (sur la gauche). A 3'13 on voit une autre trace d'escaliers qui remonte aussi vers la gauche (elle fait presque un demi-tour) et à 3'17, on comprend pourquoi ce skieur précédent était remonté si brusquement à gauche: la surface de la neige forme un léger creux, on a envie de lui crier "Ouvre tes yeux !" mais il continue et PLOUF !
Dans les conseils sous la vidéo, il est dit :"Rappelez-vous, la paresse est souvent très mauvaise conseillère en montagne." Je ne parlerai pas d'encordement, mais simplement de quelques pas en escaliers pour aller se mettre en "sécurité" sur la trace (je mets des guillemets car même sur la trace parfois, ça passe 50 fois et à la 51ème ... Plouf). Donc oui, le facteur chance joue souvent en montagne (crevasses mais aussi avalanches). Mais quand on met 6 balles dans un barillet à 6 coups ... ce n'est plus de la malchance ! Perso, à l'époque où je skiais sur glacier, dès le départ j'étais en mode vigilance maxi, lecture du terrain à fond, et je cherchais toujours à passer le + loin possible de tout ce qui pouvait ressembler à un pont de neige (une zone en creux), et je lisais aussi les traces laissées dans la neige par les skieurs précédents. Et j'avais aussi pleinement conscience qu'en mode marche (ou en statique), j'étais beaucoup + exposé qu'en skiant à bonne vitesse.
Alors, je sais c'est pas très gentil - gentil comme remarque, mais franchement, quand j'ai vu la vidéo, j'ai fait des bonds sur ma chaise !!
Autre chose qui m'a fait bondir: le début de l'article: "dans une zone semblant débonnaire". Il n'y a pas de zone débonnaire sur un glacier. Mais je pense que la personne qui a rédigé ce texte a sans doute voulu mettre l'accent sur le terme "semblant".

» Par rominet, le 26.05.2017

Avez vous remarqués qu'on présente souvent ( toujours!!!) les crevasses comme devant être perpendiculaires au sens de marche....

» Par Vinchy, le 30.05.2017

Je me permets de rajouter un petit témoignage par rapport à cette vidéo, ayant vécu à peu près la même expérience il y a une dizaine d'années, c'est mon père qui était tombé dans une crevasse sur le glacier du Finsteraarhorn en Suisse - heureusement sans aucune conséquence.

C'était en skis à la descente, nous n'étions pas encordés, c'était dans le brouillard, la crevasse était totalement fermée à l'origine. C'était dans une zone plate et mon père cherchait justement le chemin et s'était arrêté, il a juste eu le temps de dire "ah c'est bizarre cette vague sur le glacier" et plouf il était dedans...

Bref, ce que j'en conclus c'est que, mise à part le brouillard, on peut faire une bonne correspondance avec le gars de la vallée blanche :

- A la descente, mais pas dans une zone raide - je pense qu'il faut spécialement se méfier des plats et des ruptures de pente, par conséquent
- Comme dit au dessus c'était une crevasse perpendiculaire à la ligne de plus grande pente
- Je pense qu'avec une analyse fine, selon mon cas, on aurait pu se douter avec du recul que cette zone n'était pas à traverser - la petite "vague" sur la neige était un bon indice
- Je pense qu'il est entièrement conseillé de s'encorder à la montée mais j'ai l'impression que les configurations à la descente où l'on cherche à "revenir sur la trace" ou "retrouver son chemin dans le brouillard" sont particulièrement dangereuses... cela peut être simplement dû au fait que l'esprit est plus concentré sur autre chose (trouver l'itinéraire, rejoindre son compagnon dans le cas de la vidéo) que sur la topographie du glacier qui aurait mieux dû être étudiée à ce moment?

Tout cela pour dire qu'on ait jamais à l'abri des accidents bien entendu mais je pense qu'une analyse fine de la topographie locale permet de diminuer les risques. J'ai quand même l'impression que la plupart des accidents en crevasse ont lieu dans une pente faible ou sur du plat, qu'en pensez-vous? qqn a t-il un témoignage d'accident sur pente raide homogène?

» Par François Gouy, le 04.06.2017

"J'ai quand même l'impression que la plupart des accidents en crevasse ont lieu dans une pente faible ou sur du plat, qu'en pensez-vous? qqn a t-il un témoignage d'accident sur pente raide homogène?"
Il y a pas mal d'accident de crevasses dans les pentes "normales", aussi. Le dénominateur commun le plus probable, c'est surtout l’arrêt ou la faible vitesse à ski. Ce que voulait mettre en relief cette vidéo. D'où la recommandation de l'encordement à la montée à ski, "par déduction"...


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